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Organisée par LesArts57 en partenariat, toujours sympathique, avec l’association Echange et Culture de Longeville-les-Metz, cette soirée présentée par Kelem Coll, chargé de médiation et de programmation jeune public au Centre Pompidou Metz, a réuni 27 personnes au centre social Robert Henry.
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« Où se trouve le sport dans l’histoire de l’art ? », ce thème choisi par Kelem Coll est complètement d’actualité avec les J.O. d’hiver. Fasciné par les deux sujets, de par son travail et ses études, son goût pour l’art contemporain et depuis toujours son grand intérêt pour le sport, qu’il pratique mais aussi en tant que spectateur … Kelem nous invite à nous questionner sur l’ambivalence qui existe entre les deux.
Dans les milieux culturels, certains sports sont catégorisés et à l’inverse les sportifs, des footballeurs par exemple, n’osent pas toujours avouer leur goût pour l’art or les deux sont complètement liés. Dans le sport comme dans l’art, il y a répétition du geste, apprentissage, progression, valeurs véhiculées, facteur d’émancipation, possibilité de mieux se connaitre. D’ailleurs au niveau de la région Grand Est, c’est la même personne gère le sport et la culture.
Qu’est-ce que l’art ? Kelem s’appuie sur la notion du Kunstwollen, concept philosophique d’Aloïs Riegl : l’art nait d’une volonté artistique. L’IA ne peut pas faire d’art car l’art doit naître de l’intention de faire une œuvre d’art. A cela, il faut ajouter le prisme du temps. Les premières photos prises de l’espace l’ont été dans un but scientifique, mais aujourd’hui, on les considère comme des œuvres d’art. De même, les statuettes réalisées par Jean Daligault dans la prison de Trèves en 1943, doivent être observées en tenant compte de l’époque et non pas avec le regard actuel.
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Ben crée en 1970 le Ring du Doute. Benjamin Vautier appartient à la mouvance Fluxus, qui utilise l’aspect performatif pour impliquer les gens. Le ring de boxe invite aux joutes verbales, au combat d’éloquence. Ben utilise le sport pour poser des questions, amener un débat, construire son propos artistique.
Miet Warlop est plasticienne, elle met en scène One Song, une chanson sur une tribune de foot, un spectacle à la fois musical et sportif. Sur des gradins, des acteurs en tenue de supporters, un coach, des athlètes, un pom-pom boy… tous performent en faisant en même temps autre chose que chanter ou jouer de la musique : les musiciens sont des athlètes jouant de leur instrument en faisant de la gymnastique, de la poutre, du tapis roulant… Elle utilise l’esthétique du sport pour créer une œuvre contemporaine.
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Discofoot. 2025. Cette installation devant le centre Pompidou transformé en terrain de foot est composée de deux équipes : les bleus et les roses. Elles s’affrontent sur de la musique disco, un ballon argenté au pied. Pour interagir, les échanges se font sur des pas de danse. Clin d’œil supplémentaire entre foot et danse : la remarque souvent faite à un joueur qui se plaint qu’« il n’est pas une danseuse » ! C’est en réalité le ballet de Lorraine qui détourne les règles du foot sur des chorégraphies free style. Joli projet qui croise les deux pratiques : artistique et sportive.
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Pilier de la performance artistique, Marina Abramovic inclue la notion de sport de haut niveau dans sa pratique. Dans l’œuvre Rest Energy, la flèche est tendue vers le cœur de Marina par les poids des corps. Elle ne lâche rien et pousse toujours très loin les limites du corps et de l’esprit.
Des liens étroits existent entre chanteurs et sportifs : Johnny a chanté pour l’équipe de France, les rappeurs sont souvent proches des footballeurs et vice-versa… Les musiques de stade lors de l’entrée des joueurs, à Marseille, Paris… Des hommages en musique rendus aux sportifs : Let it be ou Hey Jude des Beatles en Angleterre lors de certains matchs, Rocheteau et les verts, Saint Etienne en France.
De grands films sont consacrés au sport : la boxe est souvent traitée au cinéma : Rocky, Challenger, et plus récemment le tennis de table avec Timothée Chalamet dans Marty Supreme.
2. L’art dans le sport.
Quelques sportifs sont connectés à l’art :
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Paul Wade, jeune joueur de foot, il évolue à Châteauroux. Il pratique la peinture, inspiré par son origine sénégalaise et trouve ainsi le moyen de se construire et de s’affirmer via l’art.
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Les maillots sont devenus de véritables éléments de mode. Une grande attention est portée sur la manière de les mettre en valeur : portés par de jolis mannequins sur une gondole ou un bateau pour le maillot vénitien comme dans les magazines de mode voire de luxe.
Les tifos réalisés par les supporters sont de grandes fresques temporaires pour encourager leur équipe. Ils recouvrent souvent une section entière du stade. Certains portent de simples messages, ou le maillot du club tandis que d’autres, par contre, sont de plus en plus élaborés mettant en avant les éléments historiques d’une ville.
Le Parc des Princes avec ses voiles en béton appartient à la ville de Paris. Produit artistique non modifiable, dû à l’architecte Roger Taillibert en 1972, il a une valeur patrimoniale. La ville a refusé de l’agrandir ou de le vendre au Qatar. Avec son architecture en bois, le stade de la Pancho Arena en Hongrie peut être considéré comme l’un des plus beaux au monde, de plus, son nom rappelle le surnom d’un joueur hongrois, Ferere Puskas, consacré pour avoir marqué le plus beau but de l’année.
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3. Le sport, un art à part ?
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Les sports artistiques. Que ce soit la danse contemporaine ou la danse classique, leur pratique artistique requièrent toutes deux des performances sportives. Dans la break dance, les figures sont impressionnantes, la partie physique prévaut sur l’artistique. La gymnastique comporte, elle aussi, une note artistique. Le skate-board est directement connecté au street-art, à des éléments de mode. Il s’approprie la rue pour utiliser des éléments de la ville, créer artistiquement, c’est un art rebelle.
- Geste instinctif, nécessité d’improviser constamment, d’inventer de créer sur l’instant, exemple le basketteur qui doit marquer à la dernière seconde pour faire gagner son équipe.
- Choix entre le beau et l’utile : Ryan Cherki, ce jeune footballeur plus intéressé par donner du plaisir aux supporters par de beaux gestes que de comptabiliser des buts, connaitre ses statistiques … En ce sens, il a un engagement artistique dans ce collectif sportif.
- Précision du geste parfait qui l’élève au rang d’art : esthétique et maitrise totale : Zidane, Federer.
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- Certains entraineurs et leur vision à travers leurs styles de jeu peuvent être considérés comme artiste : Guardiola, adepte de l’école barcelonnaise du foot total : garder le ballon tout le temps.
- Socrates, footballeur brésilien, bac +8, choisit son surnom, s’engage dans son club pour créer une démocratie corinthienne où les joueurs sont tous payés de la même façon, s’opposant ainsi au régime dictatorial du Brésil.
- En 1958, un joueur algérien de st Etienne refuse la sélection en équipe de France mais joue pour l’équipe nationale du FLN, favorable à l’Algérie autonome. Il participe à l’émancipation du peuple algérien. Cette attitude peut être considérée comme un geste artistique performatif fort.
- En 1986, sur fond de guerre des Malouines entre Argentine et Angleterre, Diego Maradona marque un but de la main, tout le monde a vu la faute sauf l’arbitre. Ce dernier, sans nier, dit « c’est la main de Dieu », sens de l’improvisation et sens de la formule ! (Victoire de l’Argentine sur l’Angleterre : 2-1).
En conclusion, certains gestes pratiqués à la perfection et qui, des années plus tard, sont encore dans les mémoires, pour leur créativité, peuvent avoir une petite place dans l’histoire de l’art. A certains égards, le sport atteint parfois un rang artistique et un rang d’art. Un grand merci à Kelem Coll pour cette conférence originale si intéressante, structurée et fluide. Elle a ravivé des souvenirs parmi l’assistance et une remarque intéressante évoquant les arts martiaux où la question du lien art et sport ne se pose pas.
Prochaine rencontre avec Les Arts 57 :
Conférence le mardi 3 mars à 20 H à Saulny
Soirée présentée par Anne Adrian
"La sculpture et la danse."
Réservation par mail ou par tél :
lesarts57@gmail.com ou tél. 03 87 32 05 03