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Quelques temps après la sortie en Meuse « Goussaincourt et Commercy », le 13 juin 2026.

Quelques temps après la sortie en Meuse « Goussaincourt et Commercy », le 13 juin 2026.
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Saulny, devant la salle polyvalente, samedi 13 juin, c’est la sortie annuelle organisée par LesArts57. Il est 8h du matin, il fait frais mais le soleil est déjà levé. Brigitte s’assure que les 39 participants sont bien présents. Thomas, notre sympathique chauffeur du bus pour la journée, rappelle les consignes de sécurité. Puis après le mot d’accueil de Chantal, Catherine nous trace le programme de la journée : Goussaincourt le matin et Commercy l’après-midi.

Première étape : Goussaincourt, petit village de 120 habitants à proximité de Vannes le Chatel.

Dans la grand rue, une fontaine monumentale voisine un lavoir dont les abords sont actuellement en travaux. Mr le maire, qui nous a rejoint sur le trajet, précise qu’ils sont installés à l’emplacement de la source du ruisseau qui coule dans le village.

Quant à l’architecture de cette étonnante fontaine néoclassique, c’est Anne qui nous donne quelques explications. Le lavoir a été reconstruit en 1851. La fontaine antérieure au XIXe siècle fut restaurée plusieurs fois. Elle est dédiée à Saint Gervais et Saint Protais, jumeaux, fils de Saint Vital de Ravenne. Ils vivaient au 1er siècle sous le règne de Néron. Saint Ambroise, évêque de Milan au IVe s. aurait retrouvé leurs corps.

Cet ancien abreuvoir à chevaux est constitué de 2 bassins rectangulaires. Entre les deux, l’eau jaillit sous un arc en plein cintre. Les saints sont installés sur un fronton dans 2 niches encadrées par des pilastres d’ordre dorique, au-dessus une couronne de triomphe en feuilles de chêne, et un vase en fonte au sommet. Barbus, cheveux ondulés, les frères sont vêtus d’une toge romaine.

En longeant le ruisseau, nous nous rendons à l’église. M. Bissinger, maire depuis 12 ans, en a la clé. Il a pu initier des travaux de restauration grâce aux recettes générées par l’installation de panneaux solaires. 

L’église contient des objets classés, un grillage protecteur est installé à l’entrée de la nef. C’est une église-halle à 3 vaisseaux avec un couvrement de voûte en ogives. Autre particularité de cet édifice : à l’entrée dans l’axe du chœur, une tour en œuvre dans laquelle est installée une jolie balustrade.

 

Le chœur date du XVe. L’église fut reconstruite en 1782. Une clé de voûte indique « Jean Royer, curé » sans doute responsable d’une rénovation.

Dans le chœur, la forme des fenêtres style gothique flamboyant, date de la fin du Moyen-Age. Elles contiennent des vitraux remarquables.

 

 

Anne, spécialiste du Moyen-âge, attire notre attention sur une étonnante Vierge de Pitié (une Pieta) tout en haut du retable. Très belle œuvre polychrome typique de Lorraine, elle date du XVIe siècle. Marie accueille et soutient le corps du Christ mort. Étonnamment perchée, de dimension supérieure à 1m, elle a été installée sur un socle s’intégrant harmonieusement au retable. On y distingue les instruments de la Passion, la couronne d’épines, les clous, les roseaux.

Catherine nous invite à faire le tour de l’église pour contempler les différentes œuvres religieuses.

Bénitier --- Vierge à l’Enfant, XVIIIe --- Cuve de fonds baptismaux, XIXe.

 

La très jolie Vierge à l’Enfant, tenant un rameau végétal est très abimée. Posture et drapés bien réussis, elle fait partie d’une campagne de rénovation.

Saint Sébastien – Sainte Véronique – Saint Protais – Sainte Catherine.

Les beaux vitraux ont été réalisés par une entreprise de Champigneulles. Les personnages, tous placés dans des niches architecturées à ornementation différente et bordures végétales, sont mis en valeur à la manière de statues. Celui de Protais, sandales aux pieds, manteau drapé sur sa tenue de diacre et palme du martyre a été réalisé par deux élèves de Maréchal à Bar-le-Duc. Sainte Catherine porte aussi la palme du martyre et comme attribut la roue dentée de son supplice.

Quelques temps après la sortie en Meuse « Goussaincourt et Commercy », le 13 juin 2026.
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Quelques temps après la sortie en Meuse « Goussaincourt et Commercy », le 13 juin 2026.

Sur l’autel à Sainte Thérèse, deux statues de Saint François figurent ses deux représentations possibles : soit en portant un enfant soit tenant une croix. Saint Nicolas et les trois enfants dans un baquet, voisine avec une sculpture de Jésus Sacré-Cœur qui montre ses plaies. De l’autre côté, son pendant, Saint Joseph est situé près de l’autel de la Vierge. Modèle plus ancien, la Vierge est sur un rocher, sa posture hanchée est harmonieuse. L’Enfant est posé sur un globe terrestre représenté comme la voûte céleste.  Plus loin, une autre statue de la Vierge correspond à la vision de Sainte Bernadette de Lourdes. Un autel  en reconnaissance à Jeanne d’Arc est entouré d’ex-voto de victimes de guerre.

Toutes ces statues sont saint sulpiciennes : en plâtre, fabriquées en série pour rechristianiser les églises après la Révolution, début XIXe. Elles furent longtemps considérées « kitch », mais bénéficient d’un regain d’intérêt actuellement.

 

Catherine nous détaille le décor très impressionnant du chœur. Trois éléments se superposent : l’autel, le tabernacle, le retable auquel la Pieta a été rajoutée. Le tableau du retable a été recouvert, repeint, par le curé en 1980.

 

 

 

Le décor de la partie antérieure de l’autel (antependium) se lit de façon chronologique de gauche à droite et illustre superbement le martyre des frères. Protais assiste au supplice de Gervais flagellé. A droite, refusant de sacrifier aux idoles, Protais lui aussi va être décapité devant la foule.

C’est un modèle de tabernacle à ailes et coffre central terminé par deux panneaux latéraux à volutes aux extrémités. Les statues de Saint Gervais et Saint Protais sont couronnées comme dans la vision de Saint Ambroise. Au centre un Christ, sauveur du monde, en dessous, l’agneau mystique. De part et d’autre de chaque personnage, des petites statuettes d’anges thermes, pur motif XVIIe. Au-dessus, des anges adorateurs entourent un théâtre miniature où est déposé le Saint-Sacrement. Une guirlande lumineuse plus tardive l’entoure.

En Meuse, il existe encore souvent ce dispositif du mur en biais qui relie le retable aux murs du chœur. De belles statues de Saint Gervais et Saint Protais y sont installées.

 

Catherine a l’art de nous trouver souvent des détails amusants, originaux, des petites facéties de sculpteurs :  ici sur la chaire à prêcher où sont représentés les 4 évangélistes et leurs attributs. Saint Luc, reconnaissable par le taureau, a la bouche ouverte : il est en train d’évangéliser, et il porte un petit livre tenu par une ficelle qui pend à son bras.

Midi passé, il est temps de rejoindre le bus qui va nous conduire à Commercy au restaurant Les Tanneurs. Au menu : trilogie de tomates, mozza buffala, éclats de pistache. Paleron fondant de veau aux girolles, salade, fromage. Fondant pistache-framboise, le tout avec apéritif, vin et café. Excellent repas servi agréablement.

 

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Quelques temps après la sortie en Meuse « Goussaincourt et Commercy », le 13 juin 2026.
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Après cet agréable moment convivial, nous nous rendons au château de Commercy. A l’office de tourisme, nous nous répartissons en 3 groupes de 13 personnes pour visiter le château, le musée de la céramique et de l’ivoire et l’exposition temporaire dédiée aux frères Voirin.

 

Notre guide Matéo nous conduit au château. Situé à l’emplacement d’une forteresse médiévale sur une hauteur dominant la Meuse, il est reconstruit au XVe pour Robert « le Batailleur » de Sarrebruck qui a, entre autres, combattu aux côtés de Jeanne d’Arc. Le château est ensuite occupé et transformé en demeure de plaisance au XVIIe par le cardinal de Retz, exilé du royaume de France par Louis XIV pour avoir été impliqué dans la Fronde.

Début XVIIIe, c’est Charles-Henri de Lorraine-Vaudémont qui en fait un vaste château classique avec la cour d’honneur et la place du Fer-à-Cheval semi-circulaire séparant l’espace princier du reste de la ville. Elle est prolongée par une avenue bordée de tilleuls qui mène à la forêt où le prince pratique la chasse.  En façade, un avant-corps impressionne par ses 4 colonnes colossales supportant un fronton triangulaire et un toit tronqué.

En 1723, il cède le domaine à son cousin le duc Léopold 1er de Lorraine, installé à Lunéville. Les deux cousins se ressemblent beaucoup, ce portrait de Charles-Henry est peut-être en réalité celui de Léopold, la couleur des yeux peut permettre de les différencier : Léopold a les yeux bleus tandis que ceux de son cousin sont marron.

 

Léopold meurt en 1729. En 1737, la duchesse Elisabeth–Charlotte d’Orléans, son épouse, et petite fille de Louis XIII, doit quitter Lunéville et céder la place à Stanislas Leszczynski. Elle fait du château de Commercy sa résidence définitive. Elle double les ailes du château. 235 personnes sont à son service.

 

A sa mort en 1744, le château devient la propriété de Stanislas qui charge son architecte Emmanuel Héré des transformations du palais. Il apprécie l’environnement boisé favorable à la chasse. Avec sa cour, il y fait de fréquents séjours, amène luxe et dorure au château et aménage magnifiquement les jardins.

Portrait de Stanislas Leszczynski, Roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar.

Mateo nous conduit dans une aile du bâtiment. Après avoir traversé une superbe salle de bal, nous accédons à la terrasse et longeons le canal des Moulins alimenté par un bras de la Meuse.

 

Nous découvrons sur la maquette les incroyables aménagements des jardins.

Un pont d’eau enjambait le canal. L’eau était remontée mécaniquement et s’écoulaient le long d’une installation qui donnait l’illusion d’un voile d’eau vertical de chaque côté du pont. Il menait aux jardins de la pièce de Neptune. Une flottille et des quais permettaient des promenades en barque. La pièce de Neptune s’entrouvrait sur un Grand Canal long de 550 m et large de 30m  qui aboutissait au Pavillon royal ou Château d’Eau. On pouvait s’y rendre en bateau ou par les allées de tilleuls. Fontaines, cascades, grotte égayaient les espaces.

Héré avait aussi construit 3 orangeries et installé un système de chaufferie pour l’hiver. De nouvelles écuries reliaient le château à la place.  Couvertes de toits en terrasses, bordés de balustrades portant des pots-à-feu, les sculptures au-dessus des portes indiquaient leur fonction : tête de cerf pour les chevaux destinés à la chasse et tête de cheval pour ceux destinés à la balade.

Nous nous rendons dans une autre pièce du château, aujourd'hui la salle des mariages. Un grand tableau permet de visualiser le château coté jardin au temps de Stanislas, la place du Fer-à-Cheval, la grande avenue dans l’axe du Grand Canal.

Commercy était surnommé « le petit Lunéville » lui-même appelé « le petit Versailles », c’est pourquoi on désignait parfois Commercy comme " le petit petit Versailles !"

Quant à la madeleine de Commercy,  elle est devenue célèbre à l’époque de Stanislas suite à un  différent entre l’intendant et son pâtissier qui rend son tablier au cours d’un repas. Pour sauver l’honneur, c’est une jeune servante qui propose la recette d’un gâteau de sa grand-mère. Les petits gâteaux en forme de coquillage fondants font merveille. Stanislas, conquis, décide de les nommer du prénom de la servante : Madeleine.

A la mort de Stanislas en 1766, le duché de Lorraine est rattaché au royaume de France. Louis XV ordonne la destruction des jardins,  la vente des œuvres, du mobilier. Le château est transformé en casernement militaire pour des escadrons de cavalerie.

La ligne de chemin de fer, le canal de la Marne au Rhin passent à l’emplacement des jardins. 

 

Pendant la seconde guerre mondiale, le château fut ravagé par un incendie en août 1944.  Acheté par la ville en 1957, il a été reconstruit  à l’identique d’après une gravure de Héré, et abrite actuellement les services municipaux et culturels de la ville. Depuis 1993, une grille semblable à celle du XVIIIe clôt la cour d’honneur.

Plus tard, la suite de cette journée si intéressante avec la découverte du très beau musée de la Céramique et de l’Ivoire et l’exposition temporaire consacrée aux frères Voirin, peintres nancéens. Un grand merci à Catherine pour l’organisation de cette belle sortie.  Chantal Clément.

 

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