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Quelques temps après la conférence « Les Rois Mages dans la peinture et la sculpture » au Musée de La Cour d’Or, le 13 décembre 2025.

Le voyage des Rois Mages ; Atlas catalan du XIVe siècle.

Le voyage des Rois Mages ; Atlas catalan du XIVe siècle.

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Jolie rencontre organisée par LesArts57 au Musée de la cour d’Or, samedi 13 décembre, à 14h30. Dans le Grenier de Chèvremont devant 90 personnes, Catherine Bourdieu, maitresse de conférences à l’Université de Lorraine, a présenté « Les Rois Mages dans la peinture et la sculpture. »

Le récit de référence est celui de l’Evangile selon saint Matthieu.

1 Chronologie de l’épisode.

Des mages venus d’Orient arrivent à Jérusalem. Ils demandant où se trouve le roi des juifs, expliquant qu’ils ont suivi son étoile. Hérode, très alarmé par cette nouvelle, réunit ses grands prêtres. Ceux-ci précisent qu’il est probablement né à Bethléem, selon une ancienne prophétie. Hérode convoque les mages pour connaître la date d’apparition de l’étoile et les envoie à Bethléem pour trouver le nouveau-né, et revenir pour lui indiquer où il se trouve afin qu’il puisse, lui aussi, aller se prosterner devant lui.

Les mages partent vers Bethléem, l’étoile les précède. Elle s’arrête au-dessus du lieu où se trouve l’enfant. Dans la maison désignée par l’étoile, ils voient Marie et l’enfant, se prosternent devant lui et lui offrent des présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Un rêve les avertit de ne pas retourner auprès d’Hérode. Dans le même temps, un ange ordonne à saint Joseph, aussi dans un rêve, de se réfugier en Egypte avec Marie et Jésus, c’est l’épisode représenté par les artistes sous le titre de la Fuite en Egypte.

Ne voyant pas les Mages revenir, Hérode envoie ses soldats à Bethléem tuer tous les enfants âgés de 0 à 2 ans. Les artistes traitent cet épisode comme Le Massacre des Innocents. Après la mort d’Hérode, un ange avertit saint Joseph qu’il peut rentrer.

Ainsi, l’histoire des Rois Mages comporte 6 scènes possibles, parfois associées :

  • l’annonce de l’étoile aux Rois Mages,
  • la rencontre des Rois Mages et leur voyage vers Jérusalem,
  • la visite à Hérode, 
  • l’Adoration de l’Enfant, 
  • l’ange avertit en songe les Rois Mages, 
  • le voyage de retour.

2 Signification de l’évènement.

  • Les Rois Mages incarnent la puissance et la richesse qui se prosternent devant l’incarnation de l’humilité.
  • Le monde entier, c’est-à-dire à cette époque 3 continents, l’Asie, l’Afrique et l’Europe, reconnait la divinité de l’enfant Jésus.

3 La visite des Rois Mages à Hérode.

La visite des Rois Mages à Hérode, Venise, basilique Saint-Marc.

4 Le voyage des Rois Mages.

Tabernacle en forme d’église en croix grecque, utilisé peut-être comme reliquaire. Vers 1180. Bois, cuivre, émail, ivoire, dorure. ht 54,5 cm. Victoria and Albert Museum.

Les niches de la partie inférieure sont occupées par les prophètes, celles de la coupole par le Christ et les apôtres. Sur la porte, les rois mages.

 

5 Enrichissement de l’épisode.

L’Evangile de Matthieu ne donne aucune précision sur les mages, ni de leur nombre ni de leur nom. Ils viennent d’Orient et grâce à l’étoile qui les guide, ils sont reconnus comme astronomes.

Depuis Origène (185-224), Homélies de la Genèse (tome V), on compte 3 mages. Ils représentent les 3 âges de la vie ou les 3 parties du monde (l’Asie, l’Afrique et l’Europe) venant rendre visite à Jésus, et on les associe aux 3 présents.

Tertullien (v.160-230), écrivain carthaginois converti au christianisme, est sans doute le premier à évoquer ces mages comme des rois, en référence à deux sources :

1) le Psaume 72 : « Les rois de Tarsis et des îles rendront tribut. Les rois de Saba et de Seba feront offrande, tous les rois se prosterneront devant lui. » (Ps 72, 10-11) ; « Qu’il vive et que lui soit donné l’or de Saba !» (Ps 72, 15).

2) le Livre d’Isaïe : « Les nations marcheront à ta lumière et les rois à ta clarté naissante » (Is 60, 3).  « … tous viendront de Saba, apportant l’or et l’encens et proclamant les louanges de Yahvé » (Is 60, 6).

Césaire d’Arles (v.470-524), au VIe siècle, affirme « ces mages sont des rois », sans doute pour les différencier des magiciens que l’on appelait des mages au temps de Jésus.

Les noms de Rois Mages sont donnés pour la première fois dans une chronique latine de la BNF (Paris, lat. 4884) intitulée Extraits latins d’un barbare (Excerpta latina barbari), traduction du VIIIe siècle d’un texte grec daté Ve-VIe siècle dans lequel ils sont nommés comme Bithisarea, Melichior et Gathaspa.

Au IXe siècle, Andreas Agnellus publie les Annales de Ravenne (Liber Pontificalis Ecclesiae Ravennatis) c’est-à-dire la vie des évêques pendant le Bas-Empire romain et reprend les noms des Rois Mages, Balthasar, Melchior et Gaspar.

Les Rois Mages sont devenus les patrons des voyageurs et des pèlerins. Leurs reliques conservées près de Milan furent transférées à Cologne en 1164 sur ordre de l’empereur Frédéric Barberousse. Reconstruite au XIIIe siècle, la cathédrale de Cologne abrite les reliques et est dédiée aux Trois Saints Rois (Die Heiligen Drei Könige). Transféré dans le nouveau chœur gothique en 1322, la Châsse des Rois Mages datée 1180-1230 est attribuée à l’atelier de Nicolas de Verdun. Bois de chêne restauré, argent et cuivre doré, émail, filigranes et pierreries.  1,53 x 1,10 x 2,20 m.

Quant au Reliquaire des présents offerts à l’enfant Jésus, la tradition orthodoxe le situe au monastère Saint-Paul du mont Athos. L’or, offert par Melchior, pour le roi des rois, met l’accent sur la nature royale du Christ. La myrrhe, offerte par Balthazar, servant à embaumer les corps est liée à la nature humaine de Jésus. L’encens, offert par Gaspard, symbolise sa nature divine. Le reliquaire contient 28 plaquettes d’or et 70 boulettes d’encens et de myrrhe.

 

Châsse aux Rois Mages, créée à Limoges v.1200. Âme de bois, cuivre émaillé et doré, Cluny. Le décor présente la chevauchée des Rois mages sur le couvercle et L’Adoration avec un ange pour témoin. Décor floral remarquable, têtes des personnages en relief, vivacité du trait et le coloris vif des émaux. Selon les usages, une châsse conserve les reliques du saint représenté sur la face principale. Or on connait 26 exemplaires sortis des ateliers limousins à la fin du XIIe siècle, sans qu’un partage de reliques ne semble avoir eu lieu à cette époque, ce qui rend étonnante cette vogue de tels objets présentant l’histoire des Rois Mages.

A Ribeauvillé au mois de janvier 1978, le conseil de fabrique de l’église Saint-Grégoire entreprend l’inventaire des armoires de la sacristie où étaient conservées plusieurs enveloppes. L’une d’entre elles portait une inscription troublante : « Sancti tres Reges / + Caspar + Melchior + Balthazar / ... ». A l’intérieur, les membres du conseil de fabrique découvrent 4 petits morceaux de tissu. 

Deux expertises ont été réalisées. L’une, au Centre International d’Etudes de Textiles Anciens de Lyon, révèle une origine syrienne autour du IIe s. après Jésus-Christ. L’autre effectuée en Allemagne, révèle une provenance identique aux tissus du reliquaire de Cologne. Or, en 1164, lors de la campagne de Milan par Frédéric Barberousse, l’un des soldats, le chevalier de Ribeaupierre, est originaire de Ribeauvillé. Les troupes reviennent en Alsace dès 1162. Est-il possible de faire le lien entre cette date et la présence à Ribeauvillé de ces petits morceaux de tissu ?

https://bons-baisers-du-rhin-superieur.com/mysterieux-voyage-des-rois-mages-sur-le-rhin/

L’âge des Rois Mages est défini au VIIIe siècle dans L’Histoire ecclésiastique du peuple anglais attribuée au moine Bède le Vénérable. Melchior est « un vieillard à cheveux blancs et à la barbe longue », Balthazar « au visage noir et portant également toute sa barbe » c’est l’âge mûr, et Gaspard « jeune encore, imberbe et rouge de peau ».

6 L’adoration des Mages

Les précisions introduites au cours des siècles à propos de l’origine et de l’apparence des Rois Mages aboutissent à des conventions de représentation permettant de bien reconnaître l’épisode, grâce aux costumes, aux attributs et aux postures.

Adoration des Mages, Catacombe de Priscille, chapelle grecque, IIIe s. -- Vestige d’un sarcophage romain, IVe s du cimetière Sainte-Agnès de Rome, musée du Vatican.
  • Dès l’époque paléochrétienne, le thème connaît une grande popularité et supplante la principale annonce : celle de la naissance du Messie.

Dans les catacombes, la scène est représentée en frise : la Vierge est assise, l’Enfant sur ses genoux, les Mages tendent leurs présents posés sur des plats. Les costumes des mages sont souvent identiques, à la mode persane (bonnet phrygien, chlamyde, chiton (tunique courte), anaxyride (pantalon collant), la tradition voulant que ces personnages soient venus de régions d’Orient. Ce costume s’inspirerait également des représentations païennes des peuples d’Asie.

Adoration des Mages, Catacombe de Domitille, IVe s.  -- Adoration des Mages, plaque funéraire, catacombe de Priscilla, IIe-IVe s. Vatican. -- Adoration des Mages, sarcophage, Ve s. Ravenne, basilique Saint-Vital.

Ainsi, les Rois Mages deviennent des modèles de dévotion chrétienne car ils reconnaissent le Messie et leur message est universel car ils représentent les trois parties du monde alors connu.

Roi Mage désignant l’étoile, sarcophage, IVe s., Musée départemental Arles Antique.

Mosaïques byzantine, Saint-Apollinaire-le-Neuf, Ravenne, VIe siècle.

 

 

 

 

 

 

  • A l’époque médiévale en Occident, les mages portent les symboles royaux, le manteau et la couronne, les présents sont conservés dans des calices ou des ciboires d’orfèvrerie.
  • Au XIIIe siècle, une composition nouvelle se diffuse : le 1er Roi Mage est agenouillé, le 2e se retourne et montre l’étoile au 3e.

    Adoration des Mages : v.1190, origine Limoges, cuivre émaillé et doré. L’un des deux seuls vestiges du maître-autel de l’abbaye de Grandmont dans le Limousin. La tête de l’enfant Jésus étonnante, en relief.

    A cette époque, l’Adoration fait très souvent partie du culte marial.

  • A partir du XIVe siècle, l’épisode est souvent associé à l’Adoration des bergers et il contient des éléments pittoresques. 

  • Au XVIe siècle, l’anecdote se multiplie. 

Fraîcheur du coloris et composition harmonieuse, l’Enfant bénit. Bel encadrement Renaissance du soubassement des pilastres et de la frise.

Andrea della Robbia, L’adoration des Mages, 1500-1510, ht 2,21 cm, Victoria & Albert Museum.

F. J. B. Maíno, L’Adoration des Mages, 1612, Prado, Madrid. -- Rubens, L’Adoration des Mages, 1617, 3,28 x 2,51 m., Lyon.

 

Hendrick De Clerck, Adoration des Mages, XVIIe s., Anderlecht, église St-Pierre et St-Guido. -- Nicolas Poussin, L’Adoration des Rois Mages, 1633, 1,60 x 1,82 m ; Dresde.

Costumes luxueux et chatoyants, couronnes, sceptres, décor architectural, présence de chameaux, les conventions ne sont pas respectées pour les Rois Mages. Par contre dans le tableau de Nicolas Poussin, les Rois Mages perdent un peu de leur royauté. Le peintre essaye de reconstituer la scène pour l’adapter au monde antique.

7  Le Roi Mage noir. 

H. Memling, Triptyque de l’Adoration des Mages, p. central, v.1470, Prado.

Pendant longtemps, les Rois mages ont été représentés avec la même couleur de peau blanche. Puis en 1375, le frère carme Jean de Hildesheim (1310/20-1375) publie une Histoire des Rois Mages où il mentionne le 2e mage comme un roi « noir éthiopien » descendant de la Reine de Saba. Ce texte inspire alors une diffusion d’un Roi Mage noir. Et dans ce cas, les âges ne sont pas respectés.

 

 

Andrea Mantegna, Adoration des Mages, 1495-1505, tempera sur lin, Los Angeles. -- Albrecht Dürer, Adoration des Mages, 1504, Offices. Autoportrait de Dürer pour le personnage de Gaspard, reconnaissable à sa longue chevelure blonde et ondulée.

Jérôme Bosch, L’Epiphanie, v.1495, 1,38 x 1,40 m, Prado.

Cette version de L’Epiphanie de Jerôme Bosch est une œuvre commandée par Peeter Scheyve et sa femme Agnès de Gramme. Les donateurs sont présents sur les volets latéraux. Sur le volet gauche : le client agenouillé et st Pierre son patron, debout derrière lui, sur une pelouse. Au 2e plan, St Joseph fait sécher du linge sous un auvent délabré, où il a suspendu une hache qui lui a servi à couper le bois pour faire le feu. A l’arrière-plan, un vaste panorama, avec des paysans, des chevaux et un troupeau de moutons avec son berger.  Sur le volet droit : l’épouse agenouillée et Ste Agnès debout derrière elle, accompagnée de l’agneau, son emblème. Au 2e plan, une laie avec ses marcassins, un homme dévoré par un loup et une femme qui fuit un autre loup, au fond, une ville et son port au bord de l’eau.

8 Portraits des mages par Jacques Bellange (v.1575-1616), artiste lorrain.

Melchior, Balthazar, Gaspard, Cleveland.

 

    9.Le retour des Rois Mages après l’adoration. 

 

 

 

Le Sommeil des Rois Mages, XIIe s., chapiteau,  Louvre. -- Cimabue, Le Songe des Rois Mages, XIIIe s., Florence.

10 Les dévotions aux Rois Mages à Florence

Durant tout le Moyen Âge, l’histoire des Rois Mages est très populaire, et c’est à Florence que se tiennent les manifestations raffinées et grandioses. Jusqu’au XVe siècle, les Rois Mages sont très présents dans les œuvres florentines.

Adoration des Mages,1420, 1,15 x 1,77 m, Offices.

 

Lorenzo Monaco rompt avec cette coutume en 1420 avec une Adoration des Mages réalisée pour l’église Sant-Egidio, caractéristique du gothique international et de l’art courtois. Le dessin est précis, les personnages fins et élégants, le coloris lumineux, et l’or utilisé pour le fond, les couronnes, posées aux sols. Les auréoles des Rois Mages les désignent comme des saints. Dans l’arc central, le peintre a représenté l’Annonce aux bergers. 

Cette nouvelle formule est très appréciée par les Florentins mais le tableau est très rapidement surpassé par L’Adoration des Mages réalisée par Gentile da Fabriano, commandé par le banquier Palla Strozzi pour la chapelle familiale à la basilique de la Santa Trinita.

L’Adoration des Mages, 1423, bois, tempera, fond d’or et d’argent, 3 x 2,82 m, Florence, Offices.

Dans les arcades de l’encadrement, des scènes secondaires montrent le périple des Rois Mages : Apparition de l’étoile, Arrivée à Jérusalem, Arrivée à Bethléem.

Très belle scène principale où les Rois Mages portent le nimbe de la sainteté et des vêtements luxueux brodés d’or. Ils s’avancent selon une hiérarchie : le plus âgé, a posé sa couronne, il se prosterne et vient d’offrir son présent que regardent deux femmes derrière la Vierge. Il baise les pieds de l’Enfant Jésus, qui pose sa main sur la tête du mage. Le 2e est agenouillé, il porte la main sur la couronne pour l’ôter. Le 3e, le plus jeune, est debout. Il vient d’arriver, un page détache ses éperons.

Donateurs. Animaux exotiques.
Angelico-Lippi, L’Adoration des Rois Mages, 1430, 1,4 m, Washington.

La famille Médicis et leurs alliés ont commandé de nombreux tableaux sur le thème des Rois Mages. Parmi les plus marquants, le tondo réalisé par Fra Angelico et Filippo Lippi joue un peu avec les conventions : la caravane arrive à Bethléem par deux entrées. A droite, les chameaux descendent sur le chemin, les habitants sont sortis des maisons. A gauche, des cavaliers et toute la suite des rois. L’étable abrite les chevaux des Rois Mages. L’âne et le bœuf sont à l’extérieur. L’adoration a lieu aussi à l’extérieur. La représentation des Rois Mages est très soignée : manteaux brodés d’or, couronnes traitées comme de fins bandeaux ornés de pierres précieuses qui enserrent le front, nimbes très aériens constitués d’une multitude de petits points dorés.

Botticelli, L’Adoration des Rois Mages, v. 1475, Offices.

 

Le tableau de Botticelli pour Guaspare del Lama, un banquier proche des Médicis, servait de tableau d’autel dans la chapelle Lami à la basilique Santa Maria Novella. La Sainte Famille est placée sur un éperon rocheux derrière une architecture en ruine et abritée par un auvent rustique en bois. Elle surmonte la foule et les Rois Mages. Toute la société florentine y est représentée, en particulier plusieurs Médicis : 1- Cosme l’Ancien incarne Melchior ; 2- son fils Pierre, dit le Goutteux, incarne Balthazar ; 3- son autre fils, Jean, incarne Gaspard ; 4- Laurent le Magnifique, fils de Pierre ; 5- Julien, son frère, tué pendant la conjuration des Pazzi ; 6- Politien, humaniste célèbre ; 7- Philippe Strozzi l’Ancien, banquier aussi, autre grande famille florentine ; 8- Autoportrait présumé de Botticelli.

La commande la plus prestigieuse de la famille Médicis est celle des fresques dans la chapelle de son palais, réalisée par Benozzo Gozzoli pour Cosme l’Ancien de 1449 à 1459. La population de Florence n’y avait pas accès mais elle était bien connue des ambassadeurs et des légats du pape.

Le programme iconographique se développe autour d’une Nativité de Filippo Lippi. Il rappelle l’arrivée à Florence de plusieurs personnalités à l’occasion du concile de Bâle-Florence-Ferrare-Rome, tenu en 1438-1439 et aboutissant à la réconciliation de l’Eglise latine et de l’Eglise byzantine. De style gothique international, paysages luxuriants, nombre très élevé de personnages et d’animaux, autochtones et exotiques, costumes luxueux, portraits naturalistes, palette colorée très riche.

Cortège de Gaspard.

 

Face Est : cortège de Gaspard, sous les traits de Laurent Le Magnifique sur un cheval blanc, suivi par Cosme l’Ancien et Pierre le Goutteux. Juste à côté, Sigismond Malatesta, seigneur de Rimini, et Galéas Marie Sforza, seigneur de Milan, honorés comme relations politiques des Médicis . Au-dessus de ce premier plan, la suite du cortège de Gaspard.

 

Parmi la foule des Florentins, l’autoportrait du peintre Benozzo Gozzoli, qui a inscrit sur son bonnet « OPUS BENOTA » (œuvre de Benozzo).

 

Face sud : le cortège de Balthazar, sous les traits de l’empereur Jean VIII Paléologue, empereur byzantin, présent au Concile de Florence, derrière lui, les trois filles de Pierre le Goutteux, Nannina, Blanche et Marie.

Cortège de Balthazard.
Cortège de Melchior.

 

Face ouest : le cortège de Melchior, sous les traits de Sigismond de Luxembourg (1368-1437), fils cadet de l’empereur Charles IV de Luxembourg, roi de Bohème.

Melchior, cavalier de Melchior, cortège de Melchior.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fête de l’Epiphanie le 6 janvier est une des fêtes les plus importantes de la ville, organisant même une chevauchée des mages dans la procession. Le premier témoignage d’une procession remonte à 1390, avec la mention des 3 mages et d’une série de scénettes depuis la rencontre avec Hérode jusqu’au massacre des Innocents. Le culte des Rois Mages est décrété « d’intérêt général ». La fête de 1428 déploie un luxe et une splendeur inédits en présence d’ambassadeurs. La procession comporte 700 cavaliers, 3 géants, … Le long du trajet, les maisons sont ornées de tapis et d’étoffes précieuses. Tous les décors et costumes des acteurs du cortège reflètent une inspiration orientaliste et exotique. Mais à la suite de problèmes financiers, elle est interrompue pendant quelques années. Alors les Médicis apportent une aide financière et finissent par utiliser la fête pour leur propre prestige.

11 Les représentations sculptées de l’Adoration des Rois Mages.

Sans doute moins fréquentes que dans la peinture, elles sont souvent insérées dans des ensembles plus vastes et peu traitées pour elles-mêmes.

 

  • Cathédrales.

Cathédrale d’Amiens : Portail de la Vierge, à gauche : série des Rois : la reine de Saba, le roi Salomon, le roi Hérode, Melchior, Gaspard, Balthasar.

 

  • Retables.

Jacques de Baerze, Retable de la Crucifixion, L’Adoration des Mages, XIVe, bois sculpté, peint et doré, 1,67 x 2,52 m, Dijon MBA.

Au Musée de la Cour d’Or justement, un joli Triptyque de l’Adoration des Mages, probablement issus d’un atelier de Nuremberg, fin XVe.

  • Ensembles de statues. Quelques-unes à la Cour d’or, un autre ensemble étonnant à l’église de Montbenoît (Doubs), XVIe : Vierge à l’Enfant, Melchior, Gaspar, Balthazar (noir).

12 Objets rares :

Vitraux : Basilique Saint-Denis, Le voyage des Mages, XIIe siècle -- Cathédrale de Strasbourg, Adoration.
Altkich (Alsace, Ht-Rhin), 5 place des Trois Rois, une enseigne, datée XIXe siècle, fer peint.

Comme dernier exemple de ces représentations de l’Adoration des Rois Mages, peu fréquentes aux XIXe et XXe siècle, une jolie tapisserie, œuvre illustrant parfaitement le style de son auteur, le peintre Edward Burne-Jones, L’Adoration des Mages, 1904, 2,58 x 3,77 m, Musée d’Orsay.

Passionnante, Catherine a levé le voile sur les origines et les représentations de ces énigmatiques personnages si ancrés dans notre culture et notre histoire.

 

Prochaine rencontre avec LesArts57

Visite guidée de l’exposition « Les copistes » au Centre Pompidou,

Vendredi 16 janvier 2026, 14h30.

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