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Marie-Octavie Sturel-Paigné, Roses et liseron, Musée de la Cour d’Or, Metz. ©Laurianne Kieffer.
Belle affluence en cette soirée du 25 novembre, salle Muller à Saulny, pour la conférence organisée par LesArts57 et présentée par M. Pierre Brasme, historien, ancien président de l’Académie nationale de Metz, auteurs de nombreux ouvrages sur l’histoire locale.
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Après le mot d’accueil et les remerciements de Mme Martine Ziegler, présidente de LesArts57, aux 68 personnes présentes, M. Brasme remercie aussi l’assemblée et, entre autres, Lauriane Kieffer qui a photographié un certain nombre d’œuvres du Musée de la Cour d’Or et permis leur présentation.
Avant d’évoquer les femmes peintres messines qui commencent à se faire connaître à partir de 1830, Pierre Brasme rappelle le contexte de l’époque. C’est « l’Ecole de Metz », foyer artistique émergeant, dont le nom fut initié par Baudelaire au Salon de Paris en 1845.
Dans la revue Chancels (2015) de la SAAM (Société des Amis des Arts et du Musée de La Cour D’Or), un article de Jean-Claude Fayet est consacré aux Dames de L’Ecole de Metz (1834-1870). Christine Peltre, historienne de l’art, distingue deux périodes dans ce mouvement artistique : Un éveil progressif de 1814 à 1834 et Les années fécondes de 1834 à 1870.
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Laurent Charles Maréchal, Halte des Bohémiens, Musée Barrois -- Le Pâtre, Cour d’Or.
Le choix de l’année 1834 ne doit rien au hasard, c’est l’année de la 4ème exposition départementale de l’industrie et des beaux-arts qui eut un grand succès. Organisée par l’Académie royale de Metz, elle eut lieu à la bibliothèque municipale située alors dans l’église des Petits Carmes (actuel musée de la Cour d’Or). Sur les 9 sections qu’elle comprenait, seule la dernière était consacrée aux œuvres artistiques dans les domaines de la gravure, de la lithographie, de la sculpture et de la peinture.
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Laurent Charles Maréchal, Portrait de Benoit Faivre, 1925, Musée de la Cour d’Or.
Un jury chargé d’attribuer les médailles et mentions avait été constitué. Le rapporteur, Benoit Faivre, professeur de dessin, peintre miniaturiste, et frère d’Emile Faivre un des grands noms de l’Ecole de Metz, relève que cette exposition « a constaté avec évidence l’état florissant de nos arts ». Parmi les lauréats : le graveur Adrien Dembour, les sculpteurs Pierre-Joseph Deny et Christophe Fratin, et des peintres déjà connus : Laurent Charles Maréchal, Dominique Menessier, Auguste Migette… Mais les femmes dans tout cela ? Sur 128 personnes recompensées, toutes sections confondues, il n’y en eut que 8 dont 3 dans la section des beaux-arts :
Si aucune d’elles ne percera vraiment, ces trois femmes sont des pionnières car au XIXe siècle encore, la formation des jeunes filles dans les académies et les cours de peinture leur étaient interdite. Certains artistes, cependant, comme Maréchal, rue des Clercs ou encore Hussenot, rue aux Ours, les acceptaient dans leur atelier.
Anne Caroline Haillecourt, est née en 1817, place de Chambre à Metz. Elle travaille d’abord dans l’atelier de Maréchal puis à Paris suit les cours de Mme Linzinska de Mirbel, portraitiste de la cour de Louis XVIII et Charles X. Elle acquiert une belle réputation et expose aux Salons.
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En 1846, elle ouvre un cours de dessin à Nancy, puis revient à Metz où elle vit en Bonne Ruelle. Elle obtient une médaille d’argent à l’exposition universelle de 1861. Peintre miniaturiste, elle réalise au pastel de nombreux portraits, des fleurs, mais aussi des scènes de genre mettant en scène des enfants. Eugène Gandar, rédacteur de la revue de l’Union des arts, vantera « la vérité de la physionomie, […] l’irréprochable harmonie de la couleur ».
Bouquet de fleurs, pastel, 1854. Musée de la Cour d’Or © Laurianne Kieffer.
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Portrait de Maréchal, 1861, dessin à l’encre sur une plaquette d’ivoire ovale (10 x7,5 cm). Maréchal, alors âgé de 60 ans, est assis de ¾, visage tourné vers le spectateur, moustache à la gauloise, cheveux longs, vêtu d’un costume et d’un gilet, l’air un peu bohème et romantique.
Musée de la Cour d’Or. © Laurianne Kieffer.
Mélanie et Marie-Octavie Paigné, nées à Metz en 1817 et 1819. Orphelines de mère en 1834, douées pour le dessin et la peinture, leur père, capitaine de grenadiers confie leur formation à Maréchal.
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Mélanie Paigné, Paysage, – Tête d’homme au béret. Pastels, Musée de la Cour d’Or. © Laurianne Kieffer.
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Mélanie Paigné peint des portraits au pastel, des scènes de genre d’inspiration populaire, des fleurs et fruits. Elle participe dès 1840 à l’exposition des Amis des arts de Metz puis aux Salons de Paris de 1842 à 1866, en province : à Lyon, à Troyes. Elle est souvent récompensée par des mentions ou des médailles. On loue « ses belles fleurs […] délicates et vigoureuses », « Ses bouquets annoncent une artiste de grand talent… ». Décédée en 1871, elle a été une des artistes les plus prolifiques de l’Ecole de Metz. Joli bouquet à la composition équilibrée où se mêlent harmonieusement roses, œillets d’Inde, zinnias…
Bouquet de fleurs, pastel. Musée de la Cour d’Or. © Laurianne Kieffer.
Talent précoce, Marie -Octavie Paigné intègre l’atelier de Maréchal à 16 ans. Elle peint des portraits dont la critique souligne « la grande finesse du dessin » puis se consacre aux natures mortes, fleurs et fruits. Elle est déjà remarquée au Salon de Paris en 1844 où elle expose pour la première fois. Elle épouse Alexandre Sturel.
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Entre scène de genre et portrait, cette femme de profil file la laine, adossée à un rocher, ses cheveux attachés en chignon. Au-dessus du rocher, de jeunes arbres. A l’arrière-plan, un paysage de bord de mer. Mise en valeur par le format ovale, cette belle composition aux couleurs chaudes est éclairée par le bleu de l’eau prolongé par les nuances de gris du ciel.
La Fileuse, 1845, pastel, Musée de la Cour d’Or. © Laurianne Kieffer
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En 1853, à Paris, l’impératrice Eugénie tombe sous le charme de ses pastels et lui achète deux bouquets, l’un de roses trémières et de clématites et l’autre de pivoines et iris, ce dernier est conservé au château de Compiègne. Pendant le Second Empire, la bourgeoisie, désireuse d’avoir sur ses murs une profusion florale colorée, porte à son apogée le goût pour la peinture de bouquets. Marie-Octavie Sturel-Paigné jouit d’une réputation enviée. Le critique d’art Delécluse écrit dans le Journal des Débats : « Les honneurs du Salon reviennent à deux femmes, Mlle Rosa Bonheur et Mme Sturel-Paigné ». Elle reçoit une médaille d’or, décernée à l’unanimité du jury, en 1853.
Pivoines et iris, 1852, pastel. Château de Compiègne, © Stéphane Maréchale.
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Marie-Octavie Sturel-Paigné. Roses et Liserons – Bouquet d’iris et de pivoines, pastels. Musée de la Cour d’Or. © Laurianne Kieffer.
Malheureusement en janvier 1854, Marie-Octavie meurt brutalement, 3 jours après la naissance de son fils, elle a 35 ans. Eugène Gandar écrit dans L’Austrasie « Pour les grandes fleurs […], Mme Sturel les peint comme personne […], il n’en est aucune qui l’ait inspirée plus souvent et d’une manière plus heureuse que la rose trémière. »
Amélie Valentino, née en 1942 à Metz, rue Serpenoise, suit les cours de Caroline Haillecourt et de Victorine Faivre et poursuit sa formation à Paris chez Albert Lebourg, peintre impressionniste de l’Ecole de Rouen. Sa vie, son œuvre nous sont connus grâce à un ouvrage de Colette Douroux, son arrière petite-nièce. Elle débute au Salon de Paris en 1870, puis est présente aux Salons dès 1877. Elle expose régulièrement des portraits de femmes de la haute société, elle obtient des mentions et une médaille de bronze à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Elle se retire à la maison de la Sainte-Famille de Montigny-lès-Metz où elle s’éteint en 1921. Sa tombe vient d’être restaurée au cimetière de Sainte-Ruffine.
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Octavie Fleury, née à Paris en 1829, elle arrive à Metz en 1843. Elle suit les cours d’Auguste Hussenot, puis de son fils Joseph. Jolie petite huile sur toile (36 x 31 cm) représentant deux jeunes filles dessinant dans l’atelier du maître, rue aux Ours.
Octavie Fleury, Félicie Pidancet et Elisa Moreau, huile sur toile. Musée de la Cour d’Or. © Laurianne Kieffer.
M. Brasme évoque ensuite quelques femmes peintres dont le musée de la cour d’Or ne possède aucune œuvre mais qu’il serait injuste de passer sous silence.
Victorine Faivre. 1815-1879. Connue aussi sous le nom de Madeleine Capiomont, fille d’un orfèvre de la Fournirue, elle épouse son ami d’enfance Emile Faivre, déjà connu au sein de l’Ecole de Metz. Tous deux sont représentatifs de la vitalité de l’art messin au milieu du XIXe siècle. Elle participe aux expositions messines. Veuve, elle quitte Metz pour Nancy en 1872 et lègue au musée de Nancy, Fruits et Faïence.
Léonie Barillot. 1853-1901. Née à Montigny, elle est la sœur du peintre Léon Barillot. En 1871, elle part à Paris et poursuit ses études de peinture. Elle présente un tableau en 1878 au salon de Paris, participe à l’exposition internationale de Toulouse en 1887. Elle meurt à 48 ans, son legs artistique perdu.
Léonie Ehrman. Née à Metz, rue Serpenoise en 1853, elle commence ses études artistiques sous la direction de Théodore Devilly et Ernest Hébert. Au Salon en 1877, elle expose le portrait de la princesse de Beauvau.
Marie Rouen. 1854-1893. Née à Longeville les Metz, de son vrai nom Marie-Alexandrine Primat, elle est recueillie par le peintre messin nommé Rouen. Elle suit les cours de Caroline Haillecourt et Victorine Faivre et peint des portraits miniatures sur porcelaine.
Marie-Hélène Maréchal. 1863-194. Petite fille de Laurent Charles Maréchal, elle suit les traces de son aïeul et de son père Charles Raphaël Maréchal, peintre orientaliste, et réalise surtout des paysages au pastel : arbres, forêts, paysages bretons et provençaux. Elle a exposé entre 1894 et 1912, notamment à Nancy.
Louise Mackiewicz. Née à Ars-sur-Moselle, et formée par le peintre nancéen Antoine Vierling et Jean-Paul Laurens, grand représentant de la peinture académique, elle figure aux Salons de Nancy à partir de 1895. Elle expose des paysages, des sujets variés mais surtout des compositions florales.
Dans la 3ème partie, Pierre Brasme va évoquer la vie et l’œuvre de cinq femmes peintres messines plus connues.
Lou Albert-Lasard, née en 1885, rue Poncelet à Metz dans une famille aisée de la bourgeoisie juive immigrée mais un père absent et une mère mélancolique. Sa vie est un véritable roman. Elle signe ses œuvres LAL ! Lou, diminutif de Louise, Albert, nom de son mari, et Lazard, son nom de famille. Elle transformera le Z, trop rude, en S, pour sa belle sinuosité en 1915 à la demande de son amant, le poète maudit Rainer Maria Rilke.
Elle part faire des études de peinture à Munich avec sa sœur ainée Ilse en 1904. En août 1914, elle séjourne en Bretagne avec sa fille Ingo, mais de nationalité allemande, guerre oblige, elle retourne à Munich puis Vienne, expose à Zurich, Munich, s’installe à Berlin. En 1928, elle part pour Paris, sympathise avec Fernand Léger, Matisse, Giacometti … peint et voyage beaucoup avec Ingo.
En juin 1940, elle est internée au camp de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques, qui compte 10 000 femmes. Elle arpente le camp, dessine et peint l’univers concentrationnaire. Elle décède en 1969. En 1992, Ingo lègue au musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg 453 aquarelles, 566 dessins et 180 peintures de sa mère. Une œuvre considérable qui « se rapproche parfois du cubisme tout en conservant l’explosion chère à l’expressionnisme ». En 2014, la ville de Montigny lui consacre une exposition « Lou Albert-Lasard. Une artiste entre ombres et lumières ».
Figure émouvante du paysage artistique messin du début du XXème siècle, Anna Kaiser, est née en 1885, rue de Chambière, dans un milieu modeste. Elle exerce plusieurs métiers : couturière, écuyère de cirque, joue de la mandoline, du violon… En 1916, elle se met à la peinture, étudie aux beaux-arts de Strasbourg, puis devient l’élève et collaboratrice du peintre messin Emile Grub. Elle pratique la gravure à l’eau forte et la linogravure.
L’eau forte est un procédé de gravure en taille douce (en creux) sur une plaque métallique à l’aide d’un mordant chimique. La linogravure est une technique permettant de créer des impressions sur papier à partir d’un bloc de linoléum. Anna Kaiser se consacre plus particulièrement aux paysages lorrains et aux fleurs. Le Musée de la Cour d’or ne conserve que deux linogravures léguées en 1984. Elle décède à Metz, en 1942, dans une grande précarité.
D’autres femmes ont marqué la création artistique messine dans la seconde moitié du XXème siècle, Solange Bertrand, et certaines plus discrètes mériteraient d’être plus connues : Marthe Hamue-Collot et Eliane Drot-Gorse.
Marthe Hamue (1925-2015). Née à Metz, son nom est indissociable de celui de son mari Gérald Collot, peintre, historien de l’art et conservateur du Musée de Metz de 1957 à 1987. Elève de Camille Hilaire à l’école des Beaux-Arts de Nancy, elle est membre du Groupement des artistes mosellans et expose à partir de 1948. Elle excelle dans la peinture florale : anémone, delphinium, iris… « Je les interprète, mais pour cela je les étudie au sens le plus scientifique qui soit : à la loupe, au microscope s’il le faut… », interview accordée au Républicain lorrain en 1976.
Elle choisit la voie de la figuration moderne, attentive à la lumière, délicatesse des couleurs, légèreté du pinceau. Le musée de la Cour d’Or possède cette toile Soleil et quelques eaux-fortes comme ce grand peuplier dénudé devant les arcs-boutants de la cathédrale, offerte par l’artiste en 1970.
Eliane Drot-Gorse, née à Paris en 1922, fréquente l’école des Arts décoratifs et s’installe à Metz en 1953. Elle rencontre Camille Hilaire, Erwin Trum, Claude Goutin, Solange Bertrand… En 1967, elle fonde une école, place St Louis. En 1979, elle enseigne le dessin à Paris, tout en continuant à peindre dans son atelier à Dornot.
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Longtemps tournée vers le figuratif, elle s’oriente, début des années 90 vers l’abstraction, passe de l’huile à l’acrylique, y associe encres, aquarelle, gouache, innove dans le choix des supports (briques de papier compressé…). Eliane Drot-Gorse a exposé un peu partout : à Paris, Strasbourg, en Allemagne, au Luxembourg, en Belgique. A Metz, une exposition lui a été consacrée à la Cour d’Or en 1995, et au Conseil général en 1997.
Eliane Drot-Gorse, Jardin à Dornot, Musée de la Cour d’Or ©Laurianne Kieffer. -- Exposition 1995 en présence de J.M. Rausch, Monique Sary et Christine Raffin. – Abstraction, dessin sur papier, Musée de la Cour d’Or ©Laurianne Kieffer.
Solange Bertrand. Quelle artiste mais aussi quel personnage, haut en couleurs ! Née en 1913 à Montigny où ses parents possèdent une aspergerie bien connue, elle est fille unique. Son éducation bourgeoise, rigoriste enferme son enfance dans une sorte de solitude. Elle quitte le lycée, apprend la couture, et monte à Paris à 18 ans, en 1931. Elle rencontre Matisse dans son atelier afin de lui demander conseil : « Travailler, travailler encore », seul conseil du maître. Elle entre aux Beaux-Arts de Nancy, devient élève de Victor Prouvé. Devant l’insistance de ses parents, elle entreprend des études d’infirmière, s’engage comme volontaire au début de la guerre, se consacre aux nécessiteux et aux orphelins puis à la libération, aux prisonniers de retour.
Au sortir de la guerre, le moment est arrivé de se consacrer pleinement à la peinture. Commence alors une période de création caractérisée par une boulimie de travail et de recherche permanente. Peindre devient, pour elle, un besoin vital. En 1945, elle peint sa première grande huile sur toile, L’orphelinat exprimant une tristesse renforcée par les couleurs sombres, les visages muets.
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Portrait de Ludmilla Pitoëff dans L’Echange de Paul Claudel, à la Comédie des Champs-Elysées, 1946. Tableau acheté par la ville de Metz. En 1947, a lieu sa première exposition à Paris. Elle rencontre Cocteau de passage à Metz, puis à nouveau Matisse qui reconnait, en elle, une peintre de talent. En 1949, elle participe au concours Hallmarck à Paris et se classe parmi les meilleurs peintres français d’alors.
En 1950, elle rencontre Picasso à Golfe Juan et le fréquente durant 3 étés. Une complicité s’établit entre les deux artistes, elle peint et dessine plusieurs portraits de celui qui, dit-elle, lui aurait appris à nager.
De plus en plus célèbre, elle multiplie les expositions en France, en Europe, New-York, Le Caire, Tokyo… « A mes débuts, j’étais un peu figurative bien qu’il y ait eu, dès 1947, des œuvres abstraites dans mes expositions […] Ce qui compte avant tout pour moi, c’est la qualité de la peinture. Je ne crois pas tellement aux influences mais plutôt aux parentés […] Il ne s’agit pas de comprendre une peinture. Il faut la sentir. » Interview donnée au Républicain Lorrain, 1987.
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Le Fou au coq, 1949, huile sur panneau – Le Funambule, 1950, huile sur toile – Maternité, 1953, huile sur toile, musée de la Cour d’Or ©Laurianne Kieffer. – Nus, 1953, huile sur toile, musée de la Cour d’Or ©Laurianne Kieffer.
Dans l’œuvre de Solange Bertrand, l’historien et critique d’art Francis Parent dégage plusieurs périodes : « Figuration lourde en pâte et coloris des années 40, […] figuration plus symboliste plus subtile dans les années 50. Dans les années 60, paysagisme […] plus allusif, voire […] abstrait. L’abstraction plus gestuelle […] est l’apanage des années 70, alors que les années 80 et début 90 verront […] une abstraction de plus en plus dépouillée, épurée, tirée vers un minimalisme d’effets sans équivalent. »
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A partir de 1980, elle reçoit de nombreuses distinctions et récompenses internationales prestigieuses.
Il existe un rapport affectueux entre Montigny et Solange Bertrand, ville qui l’a vu naître, où elle a eu son premier atelier. En 1960, elle sculpte le célèbre Homme du IIIe millénaire, une tête en bronze de 2,20 m, installée devant la maison de la Sainte-Famille en 1991. En 1997, une rue de la ville est baptisée de son nom. Une exposition est organisée en 2006 et une autre en 2012 au château de Courcelles.
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La fondation Solange Bertrand voit le jour en 2001. Son siège, aujourd‘hui à Longwy, dispose d’une antenne/ galerie, place de la Carrière à Nancy. L’artiste a légué 303 peintures, 700 dessins, 47 sculptures en bronze, 7 en terre chamottée, soit un ensemble retraçant ses 70 ans de création. La fondation a pour but d’être aussi un centre culturel. Elle organise des expositions, des échanges et prêts d’œuvres, des ateliers jeune public ou autres.
Ainsi Metz est devenue à partir des années 1830, une ville dans laquelle les femmes se sont affirmées dans le domaine de la peinture, ceci en trois temps : à l’époque de l’Ecole de Metz, en grande partie, grâce à l’enseignement de Maréchal et l’art du pastel, ensuite première moitié du XXe siècle avec deux artistes d’origine allemande nées à Metz : Anna Kaiser et Lou Albert-Lasard et après 1945 avec Marthe Hamue-Collot, Eliane Drot-Gorse et Solange Bertrand. Des bouquets de fleurs aux portraits, de la figuration à l’abstraction, la peinture féminine s’est affirmée avec brio aux cotés de leurs homologues masculins. Un grand merci à Pierre Brasme pour cette conférence très intéressante.
Prochaine rencontre avec LesArts57,
en janvier, visite guidée au Centre Pompidou.
Toute l'équipe de LesArts57 vous souhaite de passer de belles fêtes.