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Sortie en Pays-Haut : 2ème partie, l’église de Kanfen et le château de Manom, le 14 juin 2025.

Troisième étape : l’église de Kanfen.

L’église saint Maurice est édifiée à l’extérieur du village dans le lieu-dit le Keybourg sur un promontoire. C’est l’église-mère de la communauté religieuse de Kanfen et Volmerange. Devenue trop petite, elle est reconstruite ainsi que le presbytère au XVIIIe s. sous l’impulsion du curé Jean Pauly.

Une nouvelle nef plus large est réceptionnée en 1750. L’édifice est massif, soutenu par des contreforts. Le chevet est dissimulé par la sacristie construite dans son prolongement. Elle a conservé son enclos paroissial.

Pour faire place à de nouvelles cloches, la tour-clocher est surélevée de 3,50 m en 1923 ce qui rétablit un meilleur équilibre des volumes. Le clocher cubique est constitué de blocage enduit et d’un chainage d’angle.

 

Le portail bordé d’une simple moulure est surmonté d’un fronton interrompu dans lequel est insérée une niche abritant la statue de St Maurice. Commandant d’une légion romaine, Maurice et ses soldats refusèrent de persécuter des chrétiens. Ils furent tous exécutés.

 

Dès l’entrée, on est surpris par l’incroyable polychromie et la grande richesse décorative. La nef à un seul vaisseau offre un grand volume. Un arc triomphal coloré sépare la nef du chœur.

De part et d’autre de l’arc sont installés des retables latéraux très ornementés : colonnes et piliers en faux-marbre, surmontés de chapiteaux, d’une gloire d’angelots coiffée d’un couronnement inhabituel en forme de baldaquin. A gauche, l’autel abrite dans une niche, une Vierge couronnée portant l’Enfant Jésus. Sous l’autel, un bas-relief sculpté représente Marie sur un globe et un croissant de lune, tenant un sceptre et écrasant un serpent, symbole du mal. A droite, l’autel est consacré à Saint Maurice. Dans la partie basse, le bas-relief représente le baptême de Jésus par st Jean-Baptiste. 

Le chœur à fond plat est couvert par une voûte à arêtes plus ancienne que la nef, datant sans doute de la fin du Moyen-Age. Le Maître-Autel est surmonté d’un spectaculaire retable dédié à la Sainte Famille.

 

En haut de la travée centrale, un Christ au sacré-cœur règne sur le monde, en-dessous abritant la croix, une niche bordée de colonnettes hybrides : papyriformes dans la partie inférieure, puis cannelées, enfin surmontées de feuilles d’acanthe. En dessous, sur la porte du tabernacle un Christ berger, bon pasteur. De part et d’autre, dans deux travées moins hautes : la Vierge et St Joseph. De chaque côté, dans des travées encore moins hautes et moins larges : Ste Thérèse de Lisieux à gauche et Ste Barbe à droite. Imaginés par le concepteur, des vases d’où sortent des flammes, des guirlandes sculptées et un fond ajouré forment un ensemble original et inédit. Sous l’autel, un Christ au tombeau est accompagné par deux anges.

 

Les bancs sont numérotés, les fidèles payaient une location en fonction du rang. Un imposant chemin de croix en bois, 8 vitraux historiés dédiés à différents saints, ainsi que l’orgue datent du XIXe. La chaire à prêcher, elle aussi hybride et improbable, témoigne de la fantaisie de son créateur.

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Sortie en Pays-Haut : 2ème partie, l’église de Kanfen et le château de Manom, le 14 juin 2025.
Sortie en Pays-Haut : 2ème partie, l’église de Kanfen et le château de Manom, le 14 juin 2025.
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Sortie en Pays-Haut : 2ème partie, l’église de Kanfen et le château de Manom, le 14 juin 2025.

Quatrième étape, le château de La Grange à Manom.

 Il est 16h, le bus s’engage dans une belle allée de tilleuls pour accéder au parking du château.

Nous nous passons sous une porte charretière, puis traversons la cour du colombier, longeons des dépendances, une cour pavée, des étables. Florence Moritz, notre guide, nous attend sur l’un des ponts franchissant les douves et nous mène dans la cour d’honneur.

 

Ce château est habité par la famille de Selancy. Il était fermé au public depuis un long moment pour travaux. Toiture, façades et fenêtres viennent d’être restaurées. Sous le soleil, la bâtisse en pierre de Jaumont est magnifique. Le château appartient à la famille depuis plus de 250 ans (sauf un intermède pendant l’annexion, où le Comte de Bertier, officier français, doit le revendre à une entreprise allemande en 1912, mais le rachète dès 1919.)

 

Il est construit sur les fondations d’un château fort, mentionné en 1106, appartenant à Guillaume de La Grange. Par le jeu de mariages et d’héritages, il est passé dans différentes familles. Les douves datent du XVIIe. Le château actuel est reconstruit à partir de 1731 sur les plans de l’architecte Robert de Cotte. Il est acquis par le comte de Fouquet, lointain parent de Nicolas Fouquet, en 1752.

 

 

Sa petite fille Marie-Renée Louise de Fouquet (surnommée Reinette) épouse Pierre de Bertier, seigneur de Sauvigny en 1803. Au XIXe, ils ajoutent au château des dépendances, une maison pour les domestiques, une maison du gardien… Occupé et saccagé pendant les guerres, il est restauré depuis 1950. La comtesse Sylvie de Bertier de Selancy, élue maire de Manom en 1945 (à 25 ans), a fait revivre la demeure.

Portrait de Marie-Renée Louise de Fouquet, vicomtesse de Bertier de Sauvigny. (1778-1845) par Elisabeth Vigée Le Brun.

 

D’une élégance classique, le château se compose d’un corps central entouré de deux ailes saillantes. Au-dessus du portail d’entrée, dans le fronton, les armoiries de la famille surmontées de la couronne comtale.

 

Florence nous emmène directement à l’entresol, dans la cuisine. Au fond, une énorme cheminée, sans doute médiévale, permettait de cuire des animaux entiers, sur le côté, le four à pain. Auprès d’une fenêtre, un fauteuil de malade, original avec son système à crémaillère, il date du 17e s. Les fenêtres ont été agrandies, cependant la cuisine reste fraîche.

Après un long couloir, nous accédons à une chambre. Le lit à la polonaise, avec son ciel de lit étonnant, style Louis XV, des tables de toilette dites poudreuses contenant des accessoires de toilette, un bonheur-du-jour (petit bureau-secrétaire) sur lequel sont placés objets et photos de famille …

Florence attire notre attention sur un objet en faïence joliment décoré, c’est un bourdalou. Il permettait aux dames de la cour de Louis XIV de se soulager discrètement lors des interminables prêches de l’abbé auquel elles auraient ironiquement dédié le récipient en lui donnant son nom. En usage surtout au 17e et 18e s.

 

Des petits écureuils sont présents sur la jolie frise en haut des murs. On les retrouvera aussi sur la vaisselle, Fouquet signifie écureuil en vieux français, le petit animal est devenu l’emblème de la famille. 

Sur le palier de l’escalier principal, une cheminée d’origine messine intégrée harmonieusement, un très joli et rare scriban chinois du 17e s. servant à la fois de pupitre pour écrire et de rangement de documents dans de multiples tiroirs.

 

L’escalier d’honneur est magnifique (classé M.H.). Garde-corps et appui-fenêtre appartenaient à un hôtel particulier parisien, rachetés et réinstallés, ils contribuent au prestige de l’ensemble.

Certaines toiles sont de belle facture, E. Vigée Lebrun, Hyacinthe Rigaud.

Sur le palier intermédiaire, des objets d’origine plus militaire ayant appartenu au Vicomte Bertier, maréchal d’empire, un nécessaire de voyage pour officier, cadeau de l’empereur, un portefeuille, un fusil  arabe…

 

 

 

Au milieu du hall d’entrée, une table précieuse d’origine orientale, marqueterie fine et incrustations d’ivoire.  Intégrés dans les murs des bas-reliefs de Jean Goujon. Un impressionnant poêle en faïence, glaçure au manganèse, porte des scènes bibliques, il provient sans doute d’un couvent.

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Nous pénétrons dans la salle à manger, et ne pouvons pas manquer un autre poêle en faïence au décor particulièrement riche. Fabriqué en 1780, il a été restauré fin 19e.. Nous admirons avec précaution les représentations du petit écureuil sur des assiettes du service de porcelaine. Fabriqué spécialement par la compagnie des Indes, elles sont différentes d’une pièce à l’autre. Pour compléter le tout, des plats à servir raffinés et astucieux en argent, vermeil, véritables objets d’orfèvrerie. Raffinement jusque dans le choix des étoffes reprenant les motifs de singeries déjà en vogue au 18e  s.

Sortie en Pays-Haut : 2ème partie, l’église de Kanfen et le château de Manom, le 14 juin 2025.
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Dans le salon rouge, un magnifique lit vénitien, style rocaille, ce lit d’apparat est doré à la feuille d’or. A côté, une marquise, joli siège Louis XV, pour dames aux larges robes. Devant les baies vitrées, une table à gibier portant un brûle parfum en porcelaine de Dresde.

 

Nous terminons la visite intérieure par le grand salon bleu. Des statuettes, vases, toiles d’inspiration orientale voisinent avec des œuvres modernes. Des colonnes doriques, en faux marbre, et encore du mobilier exceptionnel tel cette duchesse brisée (composée de 3 parties : une bergère et un ou deux repose-pieds), un billet-doux, (petit meuble escamotable pour correspondances occasionnelles) …

 

Malgré la qualité exceptionnelle de cet espace, il nous est permis de nous asseoir ajoutant beaucoup de convivialité à cette visite très vite passée. Ce château est habité, vivant.

Il est aussi possible de visiter le superbe « Jardin remarquable » contemporain crée par un paysagiste. Connu pour ses fleurs de tous pays, il se nomme "Jardin des Prairiales", il se prolonge par un sous-bois.

Un grand merci à Catherine de nous avoir organisé cette journée de découvertes si intéressantes dans une ambiance si agréablement conviviale.

 

Prochaine rencontre avec Lesarts57 :

le jeudi 25 septembre au Temple de Longeville-les-Metz.

"William Turner, lumière et paysage " présentée par Catherine Bourdieu.

 

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