Salle polyvalente de Saulny, 7 h du matin, dans une fraîcheur toute relative, le bus attend les 57 participants à la journée organisée par Les Arts 57. C’est Catherine Bourdieu, Maître de Conférences en histoire de l’art à l’Université de Lorraine, qui a construit le programme et nous accompagne toujours aussi agréablement.

8h30, arrivée à Euville, à 3 Km de Commercy. Deux groupes vont alternativement visiter la mairie, petit bijou d’Art Nouveau et l’église, elle aussi, remarquable sous la conduite d’Alain Ferioli, maire et d’un historien, membre de l’office de tourisme de Commercy.
Fin du XIXème s. , la commune d'Euville décide de construire une nouvelle mairie, et obtient finalement le permis en 1900. Commune très riche grâce à ses carrières de pierre réputée, elle confie le projet à J. Hornecker et H. Gutton, architectes de l’École de Nancy aidés plus tard par l’architecte et ébéniste Eugène Vallin.

Très belle bâtisse. Au rez de chaussée : les services de la mairie et des logements, à l’étage : la salle des fêtes au centre, et les appartements des instituteurs, indépendants sur les côtés. Budget illimité, et pour objectif « que ce soit beau » mais aussi pour promouvoir la pierre d’Euville, les artistes des différents corps de métier de l’Ecole de Nancy interviennent.
Vallin remodèle la façade : balcons, fronton sculpté, encadrements des baies nervurés style Art Nouveau et, à la devise « Liberté, Egalité, Fraternité» gravée au centre, les termes : ordre, travail, devoir et justice ont été ajoutés de part et d’autre dans les cartouches. Ils témoignent du contexte mouvementé en ce début de siècle : grèves, tensions entre les communautés, intervention de l’armée… 1500 personnes travaillaient dans les carrières : non seulement les familles locales mais aussi une main d’œuvre étrangère, carriers italiens essentiellement.
La Pierre d'Euville qui a fait la richesse de cette commune au XIXème s. est une belle roche blanche granuleuse scintillante. C’est un calcaire à entroques formé par l'accumulation des débris de crinoïdes, (lys de mer, animaux proches des oursins qui peuplaient ces fonds marins récifaux au Jurassique). D'une qualité exceptionnelle pour le bâtiment : non gélive et très résistante, elle bénéficie de la faveur des architectes non seulement dans la région : place Stanislas à Nancy, château de Commercy,… mais aussi à Paris pour les grands travaux haussmanniens et monuments édifiés sous Napoléon III : Petit et Grand Palais, Louvre, Opéra Garnier, Gare de l'Est, pont Alexandre III … Elle est exportée en Belgique, Espagne et dans toute l’Europe. Aujourd'hui, la carrière d'Euville demeure la seule du pays de Commercy à maintenir son activité pour la production de pierres de taille utilisées dans la restauration de monuments historiques.
Pour les aménagements intérieurs (1906-1907), l’École d’architecture de Nancy innove encore, utilisation des premières poutrelles métalliques dans la dalle, gaines de ventilation de la cave au grenier, sanitaires dans les appartements, plafonds tendus (toile de jute enduite de plâtre, et poussière de pierre sculptée puis installée), 80 lampes d’art floral, portes épaisses de chêne et acajou qui cent ans après « n’ont pas bougé », 12 cheminées de marbre aux sculptures différentes et plinthes assorties en bois repeintes, imitant le marbre mais dont le procédé est resté secret ! En haut de l’escalier, une dalle de 4m x 2,30m pesant environ 3 tonnes, et dont on n’a pas encore résolu le mystère de sa pose !
Louis Majorelle pour les luminaires, Jacques Gruber pour le vitrail de l’escalier, Emmanuel Champigneulles pour ceux du salon d’honneur, Edgar Brandt pour la rampe d’escalier, Eugène Vallin pour le mobilier, fleuron de l’Art Nouveau, c’est vraiment l'unique bâtiment public complètement édifié par les artistes de l’Ecole de Nancy. (Classé Monuments Historiques).
Un incendie ravage la toiture en 1994. Le bâtiment est restauré dans l’esprit de l’époque. L’architecte fait refabriquer des papiers peints en Alsace.
La construction de la nouvelle église débute en 1890, à l’emplacement de l’ancienne petite église au clocher «fatigué» devenu dangereux. L’archiprêtre de l’époque s’invite au conseil municipal : «… pour un prêtre pas comme les autres, il faut une église pas comme les autres …», 2 clochers (48m de haut) sont érigés. Une voie ferrée amène directement les pierres, taillées sur place.
L’église st Pierre et st Paul est bâtie en 2 ans et donne l’impression d’une petite cathédrale lorsqu’on y entre, chaire à prêcher en pierre d’Euville, rosaces exceptionnelles à dominante bleue ou rouge et vitraux d’E. Champigneulle. L’intégralité du mobilier est l’œuvre de Vallin : confessionnaux, bancs, sièges et buffet de l’orgue.
Sous le signe de la bonne humeur, témoin cette chanson irlandaise qui met en valeur l’excellente acoustique de l’église, nous quittons M. Ferioli, maire depuis 1995, passionnant, très impliqué et gardien de ce beau patrimoine.
Peu après 10h, le bus reprend sa route, longe sur qq km le canal de la Marne au Rhin, passe près de Bure, arrive à Joinville, (Joinville en Vallage ou en Champagne), jolie «petite cité de caractère » dans la vallée de la Marne. Du pont, les murailles de l'ancien « Château d'En Haut », détruit à la Révolution, sont encore visibles à flanc de colline.
Au Château du Grand Jardin, la chaleur commence à se faire sentir. Lise Peeter prend soin de nous présenter le domaine à l’ombre.
Joinville passe à la Maison de Lorraine au xive s. (1386) lorsque la dernière descendante de la famille de Vaux épouse Ferry, fils de Jean Ier, duc de Lorraine.

Joinville est le berceau des ducs de Guise : Claude de Lorraine (1496-1550), fils de René II, devient le premier duc de Guise. Ami et compagnon d’armes de François 1er , il fut récompensé après la bataille de Marignan ( près de Milan). Avec son épouse Antoinette de Bourbon, ils s’installent au château « d’Enhaut » en 1520. De 1533 à 1546, il fait construire en contrebas, le « château d’En-Bas » maintenant appelé « Château du Grand Jardin ».
Lors de ses campagnes en Italie, il fut impressionné par les chefs-d'œuvre des architectes de la Renaissance italienne. Simplicité du plan rectangulaire et décor raffiné, c’est un pavillon de plaisance, dédié aux réceptions, plaisirs et loisirs à la mode au XVIe siècle. Façades richement ornées de sculptures, il est entouré de canaux qui traversent un jardin magnifique conçu en même temps, l’ensemble est harmonieux. Depuis les jardins, le château surgit au milieu de la végétation et depuis le château, les jardins présentent des perspectives, des volumes et des couleurs variés. Chacun des deux éléments met l'autre en valeur. De la même manière qu'un château, un jardin illustre le goût et la fortune de son propriétaire, et par conséquent sa culture et sa puissance.
Le site est connu par un tableau de 1639 représentant Joinville. Le domaine était entouré de murs et de tourelles aux angles, des douves et un canal vers le fond du jardin.
Un groupe part à la découverte du jardin avec Catherine tandis que l’autre visite le pavillon avec Mme Peteer.
A la Renaissance, la réflexion intellectuelle est au cœur du renouveau qui se répand en Europe. En marchant, en déambulant, les philosophes de l'antiquité enseignaient à leurs élèves et développaient leurs idées. Les allées rectilignes évoquent ce cheminement dans une nature idéalisée. Un jardin agrémente la vue, sollicite les sens : la vue, l'odorat, le toucher, le goût, et l'ouïe, avec le son des jets d'eau, les chants des oiseaux.
Le jardin de Joinville, tel qu'il se présente aujourd'hui, relève d'une restauration entreprise dans les années 1990 ; les 3 parterres devant la façade côté route reprennent des tracés du XVIe et les différentes partitions autour du pavillon s'inspirent précisément des dispositifs visibles sur le tableau de 1639.
On retrouve ici les éléments essentiels à un jardin Renaissance : 1) l'eau, avec les douves, le canal, peuplé de poissons, fontaines. 2) les parterres aux motifs dessinés par de petits arbustes, souvent du thym à la Renaissance, plus tard du buis, plus résistant, plus dense. 3) les plantes et arbustes en pots de terre vernissée, à l'exemple des jardins toscans. 4) le labyrinthe, référence à la demeure du Minotaure, et à cette épreuve qui consiste à trouver son chemin vers le salut ou la vérité. Au centre de celui-ci, un arbre nommé l'arbre de Paradis, pommier greffé sur lesquels poussent 4 variétés de pommes, jolie allusion contemporaine au paradis terrestre évoqué dans ces jardins de la Renaissance.
5) les tonnelles, tunnels voûtés en matériaux naturels comme le bois, piliers en pierre ou briques permettent la promenade en été, à l'ombre, grâce aux plantes grimpantes. On en trouve des descriptions dans certains écrits, comme Le Songe de Poliphile (1467/1499) par Francesco Colonna.
6) les vergers. Dans le prolongement des compartiments d'arbres fruitiers, 2 parterres ont été imaginés : 1. le carré des simples, plantes médicinales et aromatiques, connues au Moyen Age pour leurs vertus curatives ou culinaires. 2. le carré bouquetier, plantes à fleurs pour confectionner des bouquets.
7) la terrasse. Vue sur les ruines du rempart du château "d'en haut".
De 2002 à 2007, restauration du parc à l'anglaise. Inventés au XVIIIe siècle, les parcs à l'anglaise créent des espaces plantés d'arbres et de fleurs devant imiter des endroits où tout pousse de manière naturelle, sans intervention humaine. En réalité, c'est tout le contraire ; ils sont plantés en tenant compte très précisément de la croissance des végétaux et de l'effet qu'ils vont produire les uns par rapport aux autres.

Une remarquable collection de buis complète l'ensemble végétal : 15 espèces, 153 variétés de buis, visiblement bien surveillés et protégés des ravageurs qui ont laissé quelques traces.
Prévoyante, Mme Peeter avait caché, à l'extrémité de la terrasse sous le grand ginkgo , l’arbre aux 40 écus, un petit pulvérisateur rose bien apprécié en cette journée de canicule !
Aux 2 extrémités du bâtiment à 7 travées furent aménagées 2 tours carrées en 1546, une chapelle au sud et une pièce garde-robe ( ?) au nord. Façade ornée d’un décor à l’antique. Des scènes de combat, une couronne de laurier rappelant la bravoure et les succès militaires de Claude de Lorraine figurent sur les entablements et surmontent la porte d’entrée. Lieu dédié par Claude à son épouse en gage d’amour et de fidélité.
Enigmatique devise « Toutes pour une… et là non plus », peut être signifie-t-elle « là et non plus ailleurs ». Ayant guerroyé dans de nombreuses contrées, il souhaitait peut être faire de Joinville son havre de paix. Elle pourrait aussi faire référence à celle inversée de René II, son père, « Une pour toutes », arboré sur sa bannière lors de ses combats. Claude de Lorraine meurt à 53 ans, il est inhumé dans la chapelle des princes du château d’en haut. Son tombeau, dessiné par Primatice est éparpillé à la Révolution. Deux des 4 cariatides sont retrouvées, sculptures finement réalisées.
Grande salle de réception, photo J.L. Ligiardi. Mme Peteer montre le tombeau de Claude de Lorraine. Cariatides.
Le domaine passe ensuite à la famille d’Orléans jusqu’à la Révolution. Racheté en 1856 par Pierre Salin-Capitain, maître de forge qui le transforme en maison d’habitation, il remplace les 7 lucarnes du toit par 3 plus grandes. En 1978, rachetée par le conseil général, cette belle bâtisse devient un centre culturel.
En route pour le restaurant, nous passons devant la statue de Jean de Joinville (1224-1317), chroniqueur et biographe de Saint Louis.
Apres cette pause méridienne bienvenue, reprenons la route vers Grand, situé dans le département des Vosges. 40 mn plus tard, notre chauffeur très serviable pose un groupe à l’amphithéâtre et emmène l’autre sur le site de la mosaïque.
Déjà occupé au Néolithique (-6000-2000. av J.C.), ce site prend de l’importance après la conquête des Gaules par Jules César (58-51 av J.C ). Le site archéologique de Grand correspond probablement à la ville gallo-romaine d'Andesina dans le territoire des Leuques. Importante cité thermale, implantée en bordure du grand axe routier de Lyon à Reims au ier siècle, elle aurait été dédiée au dieu guérisseur Apollon-Grannus et devait compter près de 20 000 habitants ! (actuellement c’est un village de 300 hab.). Thermes, amphithéâtre, remparts, … témoignent de la prospérité de la ville et de ses patriciens « financeurs ».
Connu dès le XVIIIème, c'est en 1820 seulement que Jean-Baptiste Jollois entreprend les premières fouilles de l'amphithéâtre. Cependant pas entretenu, il sert de carrière de pierres pour la construction des maisons du village. Couvert de terre, seules 2 arches sont visibles. Des enfants du village découvrent un morceau de mur dans les années 50. L’armée est appelée en renfort pour dégager l’amphithéâtre. Entre 1963 et 1976, Édouard Salin et Roger Billoret mettent aussi à jour le mur d’enceinte (1,7 km), des quartiers d’habitation ainsi qu’un important réseau de galeries souterraines appartenant à un réseau karstique naturel aménagé à l’époque romaine afin d’en améliorer le débit hydraulique. Laissé à l’air libre, l’amphithéâtre se dégrade. En 1990, une couverture de gradins en iroko est mise en place pour le protéger, restituer son volume et permettre 5000 places.
Cet amphithéâtre de 148 m d’axe, le 8ème plus grand de l’empire romain, offrait 17 000 places. Les jours fériés étant très nombreux à l’époque romaine, c’était le lieu de divertissement. La journée démarrait par des scènes de chasse, un véritable décor d’arbres et de rochers était installé dans l'arène, cerfs, sangliers… Ensuite tout était nettoyé pour laisser la place aux combats d’animaux, ours, loups… affamés. Dans certains amphithéâtre plus vastes se produisaient des même des courses de chars ou bataille navale (en remplissant d’eau jusqu’au 1er rang). Puis des pièces de théâtre essentiellement du mime, compréhensible quelle que soit la langue. Vers midi, nourriture et boissons étaient distribuées, des bâches tendues au-dessus du public. L’après-midi, exécutions de prisonniers, condamnés à mort, puis combats de gladiateurs.

Toute une hiérarchie existait chez ces esclaves sportifs bien entrainés, répartis en catégories bien structurées. Les combats étaient rapides (10mn), casque lourd, pas d’orifice pour respirer…

Certains gladiateurs étaient légèrement armés mais très mobiles (rétiaire avec filet et trident, scissor), tandis que d’autres, moins véloces portaient une lourd armement, cuirasse et bouclier… , (mirmillon, secutor). Les techniques de combat sont codifiées. Le combat peut se terminer lorsque l’adversaire est blessé, ou au sol lorsqu’il ne peut se relever. Un gladiateur professionnel est un « investissement ». La mort à la fin du combat n’est pas la règle et a un coût élevé. Le salaire pour un combat correspond à celui d’un légionnaire pendant 1 an mais peut tripler avec l’expérience. Certains peuvent devenir riches, racheter leur liberté.
On accède à l’arène (34m x 50m) par le couloir central par lequel entrent les gladiateurs, les animaux et les patriciens pour atteindre aux premiers gradins et tribunes. Les spectateurs, eux, font le tour pour atteindre les niveaux supérieurs. Des salles d’attente pour les animaux affamés d’un côté, de l’autre celles des gladiateurs où des dés en os, certains même truqués furent retrouvés. La maçonnerie est constituée de gros blocs calcaires d’une part et d’autre part de petites pierres très régulières cimentées par des joints roses.
De nombreuses représentations de gladiateurs sur les décors de vases, de céramiques témoignent de l’engouement pour ces jeux en gaule romaine. Ils commencent à disparaître au cours du III ème s. en raison de la désapprobation populaire, de l’évolution religieuse, des crises économiques.
La mosaïque de Grand, pavait la partie centrale d’une basilique antique, édifice qui pouvait servir de d’école, tribunal, lieu de commerce ou place de marché… Entourée de « très beaux murs romains », c’est un impressionnant décor de sol complet de 232m² sur son emplacement d'origine. Découverte vers 1880 dans le jardin de l’école, la pièce rectangulaire de 14mx13m et son abside profonde de 5 m 2 furent rapidement dégagées des 2 m de terre grâce à Félix Voulot. Le hangar de protection est remplacé dans les années 1950 par le bâtiment actuel pourvu d'une balustrade qui permet de ne pas piétiner les tesselles. En 1959, la mosaïque a été déposée, nettoyée puis reposée sur un support moderne constitué de ciment par panneaux de 1m x 1m. Elle est composée de petites tesselles, environ 2 millions, toutes taillées à la main par un tranchet (petite pioche affutée). De couleur essentiellement blanche, noire, jaune, et rouge, elles sont en calcaire local, sauf les rouges originaires des Ardennes. On distingue 3 grandes parties : à l’extérieur, motifs géométriques simples sans doute réalisés par des nouveaux apprentis et de la main d’œuvre locale. 2ème partie, apprentis plus expérimentés : tresses, fleurs, diamants, animaux : panthère, sanglier, ours et tigre.
La partie centrale incomplète est réalisée par un véritable maître. Deux personnages : celui de gauche, âgé, debout sous un auvent, porte un masque sur le visage ; drapé d'étoffe jaune, il s'avance, un bâton recourbé à la main gauche vers un autre personnage revêtu d'un justaucorps jaune. Debout sous une arcade, il tend la main droite. L’hypothèse d’une scène de théâtre semble la plus plausible, peut-être une comédie grecque « le Fantôme de Ménandre ».
Le petit musée attenant livre des découvertes intéressantes : objets de la vie quotidienne : vaisselle, bijoux, épingles … À l’occasion de la construction d’un lotissement, en 2011, une équipe de l’Inrap a mis au jour une vaste maison romaine située au pied de l’enceinte de la ville antique : la domus de la Fontainotte.
Le domaine est organisé et 3 parties : Le bâtiment résidentiel de 45 m de long sur 17 m de large avec entrée directe à partir de la rue qui longe le rempart. Une cour avec un puit, cellier, écurie, glacière, et des latrines. Un jardin d’agrément et une colonne, probablement un Jupiter cavalier.
L’exceptionnelle conservation permet d’en reconstituer l’architecture, le décor, la vie quotidienne, les habitudes alimentaires. Les murs et une partie des plafonds étaient recouverts d’enduits peints imitant le marbre et de stucs moulurés. La cuisine avec âtre, plaque- foyer, four, plan de travail, un chauffage par le sol (une pièce à hypocauste).
maquette restituant l'organisation de la maison.
Cette domus (= maison familiale) abritait plusieurs générations côté paternel, et pouvait accueillir jusque 30 personnes. Sa période d’occupation s’étend de la fin du 1er au 3ème siècle. Pour la préserver, il a été décidé de la laisser enfouie. La dégager, l’entretenir, la restaurer entraînerait des coûts trop élevés.
Sur le chemin du retour, dernière pépite dénichée par Catherine : la « Fontaine du Déo » : c’est une fontaine-lavoir située à Mauvages, au bord de la route.

Au cours du xixe siècle, une grande vague d’hygiénisation touche les campagnes et nombre de villages rivalisent d'ambition et d'originalité dans la construction de fontaines et de lavoirs. De plan demi-circulaire, c'est une réalisation de l'architecte barisien Théodore Oudet, en 1831. En parallèle, la vague de l'égyptomanie, stimulée à la fois par la campagne de Bonaparte en Égypte et les travaux de Champollion, inspire les architectes. Pour créer la fontaine du Déo, style néoclassique, Oudet se serait inspiré de deux édifices parisiens, le péristyle de l'hôtel Beauharnais, rue de Lille, et la fontaine égyptienne de Bralle, rue de Sèvres dont la statue centrale dite du Déo, serait une copie d’Antinoüs, le jeune favori de l’empereur Hadrien représenté dans un grand nombre d'œuvres d'art, par exemple au Capitole de Rome.
Au-dessus de la corniche frappée d'un aigle royal, emblème napoléonien, l'attique de la fontaine porte une inscription en latin. Des coquilles marines surmontent les chapiteaux papyriformes. Sur l’entablement, sont gravées trois autres inscriptions en français et en vers.
A l’intérieur, une voûte en cul-de-four vient s’adosser à la façade. La fontaine du Déo est classée monuments historiques depuis 1988.
De retour vers 20h à Saulny, après cette belle grande journée chaleureuse à tous points de vue, les uns et les autres se souhaitent un bel été.
Prochaine rencontre avec Les Arts 57 :
Visite guidée de la villa Bergeret à Nancy.
Le 22 août 2109
lesarts57@hotmail.fr ou tél. 03 87 32 05 03 - 06 84 35 19 96