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Quelques temps apres la conférence : "Danser nu à la fin du XX° siècle. Les enjeux de l’intime", le 9 Avril à Saulny.

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Roland Huesca.

 

Avec ce sujet, Monsieur Huesca, Professeur des universités en esthétique à l’Université de Lorraine, nous a menés  vers des découvertes étonnantes,  illustrant son propos  avec  des vidéos sollicitant beaucoup notre « empathie kinesthésique » comme il l’a nommée ! Nous étions une quarantaine de personnes, et de fait, notre sensibilité a été effectivement très sollicitée, mais  n’est-ce pas ce pourquoi nous sommes attirés par l’Art.

Il a étudié 46 pièces et mené des entretiens avec de nombreux danseurs et chorégraphes, essayant avec patience et tact d’aborder des questions qui ne vont pas de soi, puisqu’en abordant la «nudité », on questionne   l’intime  et la pudeur. 

Comment parler de ce sujet ?  Être juste n'est pas facile. Quand on parle de nudité, ce que l'on croit le plus évident, nous échappe.

Partir d'un a priori : la nudité prend un sens dans une société à un moment donné. Quel sens prend ce mot entre 1995 et 2005 ?

Première remarque : la nudité (ce qui est mouvant, la chair), n'est pas le nu (statique et lisse, référence au Beau). 

Deuxième remarque : à partir de  la pièce Good Boy, chorégraphie de Jérôme Bel, ancien assistant de Philippe Découfflé, jusqu’aux années 1980, années naïves, jubilatoires où, le rire, l’insouciance et la fête de génération spontanée et pas formatée, s’épanouissaient. (cf. le défilé du 14 Juillet1989)

 

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Diffusion du 1er extrait : Jérôme Bel de Jérôme Bel,  chorégraphe et danseur.

C’est une danse très conceptuelle, une Non -Danse diront certains critiques. Pour ces chorégraphes, c’est retrouver le degré zéro de la danse, de la musique, lumière, costume. Résolument nihiliste,  le chorégraphe est sans cesse à la recherche de nouvelles vérités du corps » (R. Huesca), à la recherche aussi du sens qui va arriver sur  la scène. On quitte la nudité parfaite et lisse, marmoréenne,   entité statique représentant le « Beau » (en référence à Hegel) pour aborder un domaine beaucoup plus perturbant,  la nudité vivante, (en référence à Nietzsche).

 

Explication de cette œuvre :

1 - Emergence du SIDA ; insouciance jusqu'aux années 1980 ; dès 1987-1988, l'atmosphère est plombée ; les corps vigoureux passent d'Eros à Thanatos ; confrontés au  traumatisme du corps pris  en défaut, quelques-uns adoptèrent une la démarche très personnelle pour découvrir que le  corps, dans lequel  le danseur puise sa confiance,  se dérobe : outil de plaisir, il devient à la fois outil de souffrance et même de  mort. … apparaissent alors beaucoup de questionnements sur le corps.

2 - En France, il n'existe pas de culture théorique de la danse, pas de cours d'esthétique de la danse ni d'histoire de la danse ; alors les danseurs et les chorégraphes commencent à lire des philosophes, Michel Foucaud, Gilles Deleuze, Roland Barthes.

Jérôme Bel se prend en main, se territorialise et attire le regard vers des zones spécifiques. Il cache des signes sexuels pour créer une connivence entre les corps. Il fait des pelotes de ses poils et montre des grains de beauté. Les danseurs nus se tirent la peau, les spectateurs le ressentent, ce qui crée une empathie. Ils utilisent leur peau comme un écran  et une mise en question de leur limite corporelle.  J. Bel affirme que pour voir ses pièces, il faut traverser l'ennui.

Diffusion du 2e extrait : chorégraphie de Xavier Leroy.

Danse conceptuelle aussi. La posture du danseur est si complexe qu'on a du mal à reconnaître les parties du corps. Naturellement, un personnage est vu et imaginé debout ; si on ne voit ni son visage, ni son sexe, ni son environnement, on est perdu. Qu'est-ce que voir ? Comment voit-on ? Pourquoi voit-on ainsi ?

Réflexion sur les images pré-établies, le tissu imaginaire du réel selon Merleau-Ponti.

Xavier Le Roy, Alain Buffard questionnent la perception même du corps par le regard de l’ autre, donnant à voir un corps que l’ on ne reconnait pas, il est inconnu alors qu'on croit le connaître…Tout repère spatial permettant le  déchiffrage de la Figure du corps semble impossible dès lors que l’environnement manque. Et notre besoin permanent de produire du sens  à partir de nos sensations est pris en défaut, et nous laisse désarçonnés.

 

 

Chorégraphie de Maria Donata d'Urso.

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Diffusion du 3e extrait : chorégraphie de Boris Charmax.

Deux couples, l'un effectue une danse-contact, l'autre une danse à distance.

Qu'est-ce que le passé du corps dénudé ? Déconstruction du corps nu, du couple.

Dans un cas, les corps évoluent toujours l'un sur l'autre ; dans le 2e cas, les corps communiquent à distance, en référence à la philosophie de la chair de Merleau-Ponti  :  l'espace qui nous unit.

 

 

 

Diffusion du 4e extrait :  «  Les flux », de Jan Fabre.

Il travaille sur les pratiques du studio et de l'entraînement, fait  évoluer ses danseurs dans l'huile d'olive, référence à Deleuze ; on part de sports à points d'appui à des sports de flux (parapente, roller) …Dans des bains d’huile, le mouvement ne se maîtrise plus totalement, on glisse du conceptuel à l’érotique .

On peut aussi  relier cela à un autre rapport aux flux : le sang, les larmes, l'urine.

Diffusion du 5e extrait : Gaëlle Bourges dans « La Belle Indifférence » rapport avec le thème de la femme, faire de son sexe une œuvre d'art.

Quelques temps apres la conférence : "Danser nu à la fin du XX° siècle. Les enjeux de l’intime", le 9 Avril à Saulny.

Une bande son diffuse la voix de Daniel Arasse évoquant les  tableaux de nus féminins, ce qui renvoie à l'histoire de l'art.

Première étape : trois danseuses miment des compositions ; la lumière est blanche en référence au marbre, ce qui désérotise le corps ; la nudité disparaît derrière la parole.

Deuxième étape : la lumière change et devient plus ocre ; la bande son est une voix de femme qui décrit un homme client de prostituées ; les danseuses représentent alors les prostituées. Ce qu'on voit est compris différemment !

Que dire de la nudité des femmes, comment prendre conscience du discours implicite qui dirige nos perceptions du corps féminin, corps de déesses, de prostitués ou de statues, exposés au regard intrusif ou contemplateur. De nombreuses pièces de Gaëlle Bourges, chorégraphe féministe, portent sur la fabrique du regard ; qu'est-ce que voir ?

Diffusion du 6e extrait : Les Gens d Uterpan dans "Parterre". (2009).

 Réflexion sur les enjeux de l'intime. Ils interviennent de manière inopinée avant un spectacle de danse contemporaine. Performance qui n'apparaît jamais dans les programmes officiellement.

Quelques temps apres la conférence : "Danser nu à la fin du XX° siècle. Les enjeux de l’intime", le 9 Avril à Saulny.

Première étape : depuis le haut de la salle, des danseurs habillés descendent en passant sur les spectateurs. Deuxième étape : les danseurs se déshabillent et roulent une deuxième fois, dans « un rapport direct avec le public, le corps et la pratique du danseur ». Les danseurs se sentent très solitaires ; ils sont nus et en contact avec les spectateurs. Rapport entre vulnérabilité et puissance. Peu de monde quitte la salle et malgré l’extraordinaire mise en scène, elle ne provoque aucun rejet ni violence, comme si la nudité nous faisait immédiatement comprendre et ressentir la fragilité de l’humain et notre devoir de responsabilité envers l’autre. (évocation de Levinas et de son « Visage de l’Autre »). Les danseurs ont révélé à Roland Huesca n'avoir jamais subi de gestes déplacés, les spectateurs se sentent responsables, réagissent avec délicatesse.

 

 

Diffusion du 7e extrait : "Tragédie" de Olivier Dubois.

Retour d'Eros avec la génération post-SIDA.

Danses dionysiaques et érotiques.

 

Voilà donc une soirée un peu inhabituelle pour notre association, à la découverte  d’une facette assez ardue  et  posant certainement beaucoup de questions intéressantes auxquelles il y aura de multiples réponses.

 

 

 

Prochaines rencontres avec Les Arts 57:

 

Lundi 4 juin à 20 h à SAULNY, Salle Muller (salle polyvalente,

thème de "Balade dans les rues de Metz : entre histoire et anecdotes"

Conférence présentée par Monsieur Claude SPITZNAGEL,  passionné de la région, de son histoire, un des auteurs de la revue numérique  "PASSE-PRESENT".

Participation : 3 euros pour adhérents et étudiants ; 5 euros pour non-adhérents

Réservation souhaitée par mail ou par tél :

lesarts57@hotmail.fr   ou tél.   03 87 32 05 03 - 06 84 35 19 96

 

Sortie le samedi 23 juin 2018 :

Excursion dans l'ancien duché de Bar et en Pays messin

7h15 : rendez-vous à SAULNY,

8h00 : VALLEROY , statues d' Amilcar Zannoni.

9h15 : HATRIZE , ferme fortifiée, église.

10h30 : JARNY, Château de Moncel, XIXe siècle, (visite extérieure) et parc à l'anglaise.

12h00 : Déjeuner Chez Delphine, lieu-dit  ferme de Moscou.

14h30 : GORZE palais abbatial, église Saint-Etienne

Toutes les visites seront accompagnées par Catherine Bourdieu.

Retour à Saulny vers 18h30.

Participation :     35 euros adhérents - 40 euros non-adhérents.

L'inscription sera validée après réception de votre chèque de réservation.

                                   Réservation souhaitée par mail ou par tél :

lesarts57@hotmail.fr   ou tél.   03 87 32 05 03 - 06 84 35 19 96

                             

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