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Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.

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« Eh quoi, tu es jalouse ? », 1892, Moscou.

 

  C’est avec grand plaisir que Les Arts 57 retrouvent,  en mai, chaque année, Mr Jean-Yves Bègue à l’espace Jules Verne pour une conférence  toujours passionnante.  Ce médecin, amateur d’art et élu de la ville a conquis un large public de  85 personnes, avec  la vie sulfureuse de Gauguin.

Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
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Aline Marie Chazal-Tristan. 1889.

 

Paul  Gauguin est né à Paris en 1848. Sa mère Alice Chazal-Tristan (fille de l’écrivain révolutionnaire  Flora Tristan, aristocrate péruvienne)  et son père Clovis, engagé politiquement, fuient la répression et s’expatrient vers l’Amérique  du sud.  Clovis décède d’une fièvre lors de la traversée. Après 6 années passées à Lima, retour  en France, la famille s’installe à Orléans, auprès du grand -père  Gauguin, Paul a 8 ans. De cette petite enfance en exil, il gardera le goût du voyage et de l’exotisme.

Paul Gauguin et Mette-Sophie Gaad.

A 17 ans, il s’engage dans la marine,  navigue pendant  6 ans : Rio, Panama, la Polynésie, les Indes…  1870, de retour à Paris, son tuteur,  Gustave  Arosa, banquier, ami de la famille et grand amateur d’art  le fait engager comme agent de change chez Bertin, et lui donne le goût de la peinture. Habile, Gauguin gagne bien sa vie, épouse, en 1873 une danoise Mette- Sophie Gaad, avec laquelle il aura  5 enfants.

Autoportrait 1875-77.

 

« Peintre du dimanche », il admire Degas et ses chevaux, Cézanne par-dessus tout, achète des toiles impressionnistes, rencontre Pissarro  qui devient  son mentor… Il n’apprécie pas le pointillisme.  D’abord impressionniste, plutôt que la lumière,  Gauguin va privilégier la matière. En 1882, il abandonne son emploi pour se consacrer entièrement à la peinture, part à Copenhague, relations houleuses,  laisse sa famille au Danemark, mais entretiendra toujours une correspondance avec Mette, «  son port d’attache».   

Les Lavandières de Pont -aven, 1886, Orsay. (Une de ses premières toiles en Bretagne.)Les Lavandières de Pont -aven, 1886, Orsay. (Une de ses premières toiles en Bretagne.)

Les Lavandières de Pont -aven, 1886, Orsay. (Une de ses premières toiles en Bretagne.)

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Danse Bretonne des filles de Pont-Aven. 1888

 

En 1886, à la recherche d’un nouveau souffle,  il part pour Pont-Aven, petit port breton, déjà prisé  par de nombreux peintres non seulement français mais aussi américains, anglais, néerlandais, plus ou moins fortunés,  qui se mêlent à la population. Endroit idéal pour trouver dépaysement culturel, croyances populaires, costumes traditionnels, ferveur catholique…, Gauguin loge à la pension Gloanec, peint et se lie d’amitié avec Emile Bernard. Tous deux réclament la paternité du symbolisme (qui  privilégie la subjectivité par opposition au naturalisme). Leurs toiles se ressemblent : pas de perspective, cloisonnement, limites noires, couleurs chatoyantes, grands aplats …

La Vision après le sermon, 1888, Edimbourg.

Des paysannes bretonnes « voient » le sujet du sermon du curé de Pont-Aven : la parabole de la lutte de Jacob et de l’ange.  Au premier plan, femmes et prêtre en prière, ils sont séparés de la scène biblique par une branche de pommier. Représentation des personnages simplifiée, visages sans expression, figures cernées, cloisonnement (à la manière d’un  vitrail ?). Mélange du profane et du sacré dans un même espace. Gauguin  avait prévu cette toile pour l’église de Pont-Aven, mais elle sera refusée par le curé. Très déçu, il pensait pourtant avoir bien rendu le contexte local en peignant les coiffes, la lutte bretonne…

Le Christ vert, calvaire breton, 1889.     Dans les vagues, ou Ondine. 1889.

Le Christ vert, calvaire breton, 1889. Dans les vagues, ou Ondine. 1889.

La Belle Angèle, 1889, Orsay.

 

 

Aubergiste de Pont-Aven, Marie-Angélique Satre est réputée être une très belle femme.

Dans sa recherche de primitivisme, il veut peindre un folklore breton encore vivace. Le portrait est placé dans un cercle qui l'isole, procédé alors courant dans l’imagerie populaire et les illustrations japonisantes,  à côté une statuette anthropomorphe péruvienne, dont la coiffe fait écho à celle de La Belle Angèle...    A la vue du tableau, elle s’écrie "Quelle horreur !"  et refuse la toile...
Degas achètera  l’œuvre en 1891.

 

Photo  1888.                                 Autoportrait à   la palette 93-94.

Ses toiles ne se vendaient pas, et malgré ses moyens modestes, Gauguin « pérorait », s’imposait par une autorité naturelle, conseillait ses jeunes amis, jouissait d’une certaine « aura» qui en fera plus tard un des chefs de file de l’école de Pont- Aven.

Cette période bretonne  (1886-91) est entrecoupée de retours fréquents  à Paris. Le marchand Théo Van Gogh lui suggère de rendre visite à son frère Vincent à Arles. Théo espérait qu’il pacifierait  son frère tandis que Gauguin comptait sur le galeriste pour vendre ses toiles. En 1888, pendant deux mois, les 2  artistes s’influencent mutuellement, partagent l’atelier, peignent ensemble, fréquentent  bistrots, prostituées, sont compères d’abus  d’absinthe, de morphine…  et la cohabitation se termine mal avec l’épisode du lobe de l’oreille coupée où Gauguin  prend peur  et quitte Arles. 

Van Gogh, Le café de nuit, place Lamartine, Arles, 1888.   Gauguin, le café de nuit, Arles, 1888. Gauguin, tournesols.  Gauguin, Van Gogh peignant les tournesols. 1888.Van Gogh, Le café de nuit, place Lamartine, Arles, 1888.   Gauguin, le café de nuit, Arles, 1888. Gauguin, tournesols.  Gauguin, Van Gogh peignant les tournesols. 1888.
Van Gogh, Le café de nuit, place Lamartine, Arles, 1888.   Gauguin, le café de nuit, Arles, 1888. Gauguin, tournesols.  Gauguin, Van Gogh peignant les tournesols. 1888.Van Gogh, Le café de nuit, place Lamartine, Arles, 1888.   Gauguin, le café de nuit, Arles, 1888. Gauguin, tournesols.  Gauguin, Van Gogh peignant les tournesols. 1888.

Van Gogh, Le café de nuit, place Lamartine, Arles, 1888. Gauguin, le café de nuit, Arles, 1888. Gauguin, tournesols. Gauguin, Van Gogh peignant les tournesols. 1888.

En 1891, ruiné, Gauguin obtient du ministère une mission officielle d'étude des coutumes et paysages, après un voyage à Copenhague pour voir ses enfants, il s’embarque pour la Polynésie et s'installe à Tahiti où il espère fuir la civilisation européenne  et découvrir  l’éden primitif, pas perverti. Il y retrouve le colonialisme, les religions protestante, catholique… Son  comportement est ambigu, il  veut défendre «  le bon sauvage » mais s’accommode  des autorités … Fasciné par le charme indolent des femmes, leur beauté sculpturale, il  rencontre Teha amana, ( ou Tehura) jeune fille de 13 ans, (lui  en a 43 !). Après « arrangement  »  avec son père, elle le suit, sera sa compagne et sa  muse.

Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
Tehura, masque en bois polychrome, 1891 et 1893.

 

Jeune femme la plus importante dans sa vie artistique. Même  habillée à l’européenne, elle est restée pure dans  ses croyances ancestrales, malgré l’influence des missions imposant le catholicisme… Dans ses toiles, masques, statuettes représentent  les dieux d’autrefois, un  monde idéalisé précédant la colonisation.

 Gauguin sculpte aussi beaucoup le bois.

 

L’esprit des morts veille, 1892.

Allongée sur un drap posé sur un paréo fleuri au premier plan, Tehura a peur.

Un deuxième plan plus flou, abstrait est sujet à plusieurs interprétations possibles :

- selon les croyances maories, l’obscurité de la nuit favorise le retour des ancêtres sous forme de revenant.

- le personnage inquiétant représente un moine et la perte de l’authenticité initiale de l’ile.

Deux mondes se côtoient habilement, le réel  au premier plan et  l’imaginaire à l’arrière.

En 1893, Gauguin est rapatrié  à Paris, grande déception, ses toiles n’ont pas le succès escompté.    Le marchand Paul  Durand-Ruel  lui offre un salaire en échange du dépôt de ses tableaux.                    Il rédige  « Noa-Noa »,  récit poétique et illustré de ses découvertes de la vie primitive à Tahiti mais se fait  escroquer par un ami qui le publie à son propre compte.

Paul Gauguin, Autoportrait au chapeau, 1893–1894.   Paysannes bretonnes, 1894, Orsay.Paul Gauguin, Autoportrait au chapeau, 1893–1894.   Paysannes bretonnes, 1894, Orsay.

Paul Gauguin, Autoportrait au chapeau, 1893–1894. Paysannes bretonnes, 1894, Orsay.

Il peint la Bretagne aux couleurs de la Polynésie, palette éclatante de jaunes, rouges, verts et bleus  pour ces bretonnes …..

 

Annah, la javanaise, 1893.

Nouveau séjour à Pont Aven, nouvelle compagne javanaise Annah,  tibia cassé après une bagarre  à Concarneau, … Il ne pense plus qu’à retourner définitivement en Polynésie. En juillet 1895, Paul Gauguin embarque  à nouveau du port de Marseille pour Papeete.

Diane de Cranach, 1537.   Olympia de Manet,  1863.   Gauguin, La Femme de du roi, 1896.  Diane de Cranach, 1537.   Olympia de Manet,  1863.   Gauguin, La Femme de du roi, 1896.  Diane de Cranach, 1537.   Olympia de Manet,  1863.   Gauguin, La Femme de du roi, 1896.

Diane de Cranach, 1537. Olympia de Manet, 1863. Gauguin, La Femme de du roi, 1896.

Il transpose les nus célèbres : Diane de Cranach,  et Olympia de Manet,  dans "La Femme du Roi ".  Le serpent autour de l’arbre évoque une Eve tahitienne, les pommes sont remplacées par des mangues.

Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.
Au lendemain de la conférence, « Gauguin ou la vie sulfureuse d’un artiste fou de liberté», le jeudi 17 mai 2018, à Moulins les Metz.

Toiles riches de symboles, des influences diverses se mélangent : tahitienne portant un enfant auréolé évoquant  la Vierge Marie et l’Enfant Jésus, vahinés assises rappelant des égyptiennes…

D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?  1897-1898,  Boston, Massachusetts, États-Unis.

D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? 1897-1898, Boston, Massachusetts, États-Unis.

Le tableau se lit de droite à gauche, les trois femmes avec un enfant représentent le début de la vie, le groupe du milieu symbolise l'existence quotidienne des jeunes adultes, à gauche, « une vieille femme approchant la mort apparaît réconciliée et résignée à cette idée » , à ses pieds, un étrange oiseau blanc, une idole bleue à l'arrière-plan. « J’ai voulu, avant de mourir, peindre une grande toile que j'avais en tête …  Les deux coins du haut, sont jaune de chrome…  telle une fresque abîmée aux coins et appliquée sur un mur or. ». Lettre à son ami Monfreid.

 Deux femmes tahitiennes 1899.    Jeune fille à l’éventail ( représentant la belle rousse Tohotaua) , 1902.                                  Contes barbares , 1902.

Deux femmes tahitiennes 1899. Jeune fille à l’éventail ( représentant la belle rousse Tohotaua) , 1902. Contes barbares , 1902.

Sa nouvelle vahiné  Pahura a un fils, Emile (1899). En  1901, il part s'installer aux Iles Marquises. Il  y construit la "Maison du Jouir", grande case sur pilotis ornée d’un ensemble de panneaux qu’il  sculpte dans du bois de séquoia. D’autres  jeunes vahinés apparaissent  dans sa vie et sur ses tableaux. Il y meurt d'une crise cardiaque en 1903. Enterré au cimetière d'Atuona,  là ou un autre talentueux artiste, Jacques Brel,  le sera aussi des années plus tard.

Par ses aplats aux couleurs éclatantes, Paul Gauguin a largement influencé les peintres du début du XXème siècle ouvrant la voie aux fauves en France, aux  expressionnistes  du «  Blaue Reiter » en Allemagne et en inspirant  beaucoup d’autres, Picasso, Matisse, Kandinsky…

 

Prochaines rencontres avec Les Arts 57, Lundi 4 juin à 20 h à SAULNY, Salle Muller (salle polyvalente, thème de "Balade dans les rues de Metz : entre histoire et anecdotes"

Conférence présentée par Monsieur Claude SPITZNAGEL,  passionné de la région, de son histoire, un des auteurs de la revue numérique  "PASSE-PRESENT".

Participation : 3 euros pour adhérents et étudiants ; 5 euros pour non-adhérents

Réservation souhaitée par mail ou par tél :

lesarts57@hotmail.fr   ou tél.   03 87 32 05 03 - 06 84 35 19 96

 

Sortie le samedi 23 juin 2018 : Excursion dans l'ancien duché de Bar et en Pays messin

7h15 : rendez-vous à SAULNY,

 VALLEROY , statues par Amilcar Zannoni,  HATRIZE , ferme fortifiée, église., JARNY, Château de Moncel, XIXe siècle, (visite extérieure) et parc à l'anglaise.

12h00 : Déjeuner Chez Delphine, lieu-dit  ferme de Moscou.

14h30 : GORZE palais abbatial, église Saint-Etienne

Toutes les visites seront accompagnées par Catherine Bourdieu.

Retour à Saulny vers 18h30.

Participation :      35 euros adhérents - 40 euros non-adhérents.

Réservation souhaitée par mail ou par tél  pour le 14 JUIN au plus tard à :

lesarts57@hotmail.fr   ou tél.   03 87 32 05 03 - 06 84 35 19 96

 

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