Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Quelques temps après les visites guidées au Centre Pompidou-Metz : Fernand Léger : « Le Beau est partout ».

.

Publicité
Quelques temps après les visites guidées au Centre Pompidou-Metz : Fernand Léger : «  Le Beau est partout ».

Deux visites guidées organisées par « Les Arts 57 » les 20 juillet et 11 août 2017 ont rassemblé 34 et 30 personnes.

Remarquable exposition conçue pour les 40 ans du Centre Pompidou, elle présente une centaine d’œuvres majeures. « Le Beau est partout, dans l’ordre de vos casseroles, sur le mur blanc de votre cuisine, … », Fernand Léger explore, cherche constamment des sujets esthétiques  partout...

Quelques photos, sa voix, nous familiarisent avec cet artiste aux allures de «  paysan un peu bourru», extrêmement curieux, ouvert. Né en 1881, à Argentan (Normandie), il perd son père à 3 ans, devient dès  16 ans apprenti  dans un cabinet d’architecte à Caen. La technique du dessin préparatoire et de l’aquarelle  lui seront  très utiles. 

1934. Fernand Léger avec son portrait sculpté par Alexander Calder.

Publicité

En 1900, il part à Paris étudier l’art.Un séjour en Corse, les falaises d’Ajaccio, lui donnent  le goût des contrastes de couleurs. D’abord de sensibilité impressionniste, la plupart des œuvres de cette période sont détruites. Il s’installe à la Ruche dans le quartier Montparnasse. Au Salon D’Automne en 1907, il découvre Cézanne, qui décompose les formes en volumes géométriques  simples.

 

   La Noce. 1912.

Toile qui fait sensation au Salon des Indépendants de 1912.

Format exceptionnel pour l’époque.

Les mariés au centre, la procession,  personnages nombreux,  les arbres, le village…

Fragmentation des formes, multiplication des points de vue, profondeur, dynamisme, couleurs vives.

Mélange de cubisme et de futurisme italien. Le galeriste Kahnweiler lui signe un contrat d’exclusivité de 3 ans.

Mobilisé en août 1914, brancardier, blessé, hospitalisé… « Il n’y a pas plus cubiste qu’une guerre  comme celle –là qui te divise  plus ou moins proprement un bonhomme en plusieurs  morceaux et qui l’envoie aux quatre points cardinaux.» écrit-il à Jeanne, son épouse, 1915.

 

La partie de cartes. 1917.

Dans les tranchées, 3 soldats jouent , fument la pipe. Au fond : explosions, tirs de barrage…

 éclat du métal,  éléments mécaniques, robotisation des hommes…

Hommage à Paul Cézanne par son thème et son traitement.

Publicité
Les Hélices, 1918.   Le mécanicien. 1918.   Le Typographe, 1919.Les Hélices, 1918.   Le mécanicien. 1918.   Le Typographe, 1919.Les Hélices, 1918.   Le mécanicien. 1918.   Le Typographe, 1919.

Les Hélices, 1918. Le mécanicien. 1918. Le Typographe, 1919.

Les Hélices, 1918. :  Petite toile éclatante de couleurs. Le motif de l’hélice, présent dans certains dessins de guerre, rappelle la fascination des artistes pour cette forme mécanique parfaite. Lors d’une visite au Salon de l’Aviation accompagné de Constantin Brancusi et Marcel Duchamp, ce dernier  s’exclame « … Qui fera mieux que cette hélice ! ».

Le mécanicien. 1918.  :  Retour à la figure humaine : figure –objet sans sentiment, seul importe l’aspect esthétique. Couleur métallique, traits purs, abstraction dans le décor  parfaitement géométrique (qui rappelle Mondrian). Le peintre comme l’ouvrier qui réalise sa pièce doit rendre son objet dans un état de perfection le plus fini et soigné possible.

Le Typographe, 1919.  : Dans l’atelier d’imprimerie, l’artisan est assis devant sa table avec  des caractères rouges et blancs.

Les disques dans la ville. 1920.

Cette toile rassemble deux thèmes chers à Léger : la machine et le paysage urbain. La reconstruction de la ville, la profusion de peintures murales et de panneaux publicitaires l’inspirent. Les formes circulaires (rouages mécaniques ou  pellicules de cinéma) associées à des éléments d’architecture ou de signalétique urbaine, poutrelles métalliques, lettres isolées, créent un instantané varié, coloré, riche et dynamique.  Proximité de style et amitié avec Robert Delaunay.

C’est « la  bataille de la couleur » : rivalité  entre les artistes de la Ruche de Montparnasse et les peintres cubistes de Montmartre  (Picasso, Braque)  plus monochromes à cette période…

Quelques temps après les visites guidées au Centre Pompidou-Metz : Fernand Léger : «  Le Beau est partout ».

 

Nature morte, A.B.C. , 1927.

 

Les trois premières lettres de l’alphabet deviennent le sujet du tableau. Référence au nom d’un music-hall parisien fréquenté par les artistes mais aussi dédicace à son ami poète  « À  Blaise Cendrars » et son recueil l’ABC du cinéma.

Charlot cubiste, 1924. Eléments bois peint.  Projet d’affiche pour le film «  la roue » d’Abel Gance.  Création du monde, 1923, Théâtre des  Champs Elysées..Charlot cubiste, 1924. Eléments bois peint.  Projet d’affiche pour le film «  la roue » d’Abel Gance.  Création du monde, 1923, Théâtre des  Champs Elysées..Charlot cubiste, 1924. Eléments bois peint.  Projet d’affiche pour le film «  la roue » d’Abel Gance.  Création du monde, 1923, Théâtre des  Champs Elysées..
Charlot cubiste, 1924. Eléments bois peint.  Projet d’affiche pour le film «  la roue » d’Abel Gance.  Création du monde, 1923, Théâtre des  Champs Elysées..Charlot cubiste, 1924. Eléments bois peint.  Projet d’affiche pour le film «  la roue » d’Abel Gance.  Création du monde, 1923, Théâtre des  Champs Elysées..

Charlot cubiste, 1924. Eléments bois peint. Projet d’affiche pour le film « la roue » d’Abel Gance. Création du monde, 1923, Théâtre des Champs Elysées..

Lors d’une permission en 1916, il va au cinéma avec son ami Guillaume Apollinaire, ce fut une véritable révélation. Fasciné par le personnage de Charlie Chaplin, aux gestes maladroits et mécaniques, les effets de cadrage, le rythme de montage, il crée une marionnette  « Charlot cubiste », support d’un futur dessin animé,  un scénario : l’amour impossible entre Charlot cubiste et la Joconde, le projet n’aboutit pas.

Il collabore avec des réalisateurs de cinéma, pour la réalisation d’affiches. Il s’intéresse aussi à la danse, avec les Ballets suédois,  crée  des  costumes-sculptures, conçoit  les décors pour la «  Création du monde » en 1923. Il dessine rideau de scène pour un autre ballet  Skating Rink, occasion de mettre en mouvement sa peinture. Il réalise même un film, succession d’images dynamiques sans scénario, ne s' intéressant qu'à  leur valeur esthétique.

 Le cirque Medrano, 1918. Le cirque Medrano, 1918. Le cirque Medrano, 1918.

Le cirque Medrano, 1918.

Passionné de spectacles, spectateur assidu du cirque, il y puise une idée plastique du corps humain souple, coloré, affranchi de la gravité.

 

La danse, 1929.

 

Le thème de la danse devient récurrent, la représentation des corps acquiert de la souplesse, adoucissement des formes qui s'éloigne de la géométrisation industrielle, modelé lisse. Léger joue sur la répétition et les contraires : l'une vêtue , l’autre dénudée , cheveux longs pour l'une, courts pour l'autre...

 

 

A l’aube de la 2ème guerre, il s’exile aux Etats –Unis. Les panneaux lumineux qui font changer les couleurs des passants  à la manière des projecteurs scéniques le fascinent.  

 

La danse, 1942.

Les personnages sont épurés, la couleur s’autonomise en aplats libres, inspirés par le clignotement des enseignes lumineuses sur les passants à New –York.

Les Acrobates en gris,  1942-44.   Les grands plongeurs noirs, 1944.
Les Acrobates en gris,  1942-44.   Les grands plongeurs noirs, 1944.
Les Acrobates en gris,  1942-44.   Les grands plongeurs noirs, 1944.

Les Acrobates en gris, 1942-44. Les grands plongeurs noirs, 1944.

Le souvenir des plongeurs dans le port de Marseille, et ceux d’une piscine à New York inspirent à Léger ces représentations dynamiques. Assemblage de silhouettes planes aux tons purs qui rappellent les acrobates du cirque.

Apprenti- architecte avant de devenir peintre, il collabore volontiers avec des architectes : Le Corbusier, Mallet-Stevens … pour faire entrer la couleur dans l’espace domestique et urbain. Il explore l’art mural collectif et populaire

Le Transport des forces, 1937.
Le Transport des forces, 1937.Le Transport des forces, 1937.

Le Transport des forces, 1937.

Commande de l’ Etat pour l’Exposition internationale des Arts et Techniques dans la vie moderne en 1937. Cette célébration du progrès technique orne le hall du palais de la Découverte. Grande toile de  8mx 6m,  fragile (elle a déjà perdu 40 cm du côté droit) est très peu déplacée. Au centre le cycle de l’eau : cascade  -> lac  -> nuage, l’arc en ciel  (clin d’œil à Delaunay),  au fond les mines de charbon, à gauche l’industrie… Créée dans un atelier avec 3 élèves dont la signature apparaît discrètement dans une partie grise à proximité de celle de F.Léger visible en bas à droite.

L’Art doit amener l’évolution sociale, sa peinture fait de plus en plus référence à la nature, arbres, fleurs, elle devient moins urbaine. Son engagement politique (communiste en 1945) est plutôt humaniste : il veut  faciliter l’accès à l’art pour tous.

 

Les Loisirs, Hommage à Louis David, 1948-49.

Hommage à  l’occasion du bicentenaire de la naissance de David (1748), similitude de la position du bras dans le tableau de « Marat assassiné ». 

Traité en aplats vifs et contrastés, Léger mêle le souvenir de jeunes américaines aux maillots colorés, certaines métissées, de cyclistes, et d’acrobates, à  la manière d’une photo de famille, image idéale du peuple pour le peuple.

 

Les Constructeurs, 1950.

En hommage au monde ouvrier, bâtisseur, elle rappelle encore New-York et les photos célèbres sur les poutres métalliques des buildings en construction. Impatient de connaître le sentiment des travailleurs vis-à-vis de son œuvre,  il accroche ses Constructeurs dans la cantine de l’usine Renault à Billancourt, il va même y déjeuner pour écouter les commentaires mais n’obtient pas le succès escompté, les ouvriers ne s’identifiaient pas à ceux représentés.  

Il explore aussi le champ de la peinture dans l'espace avec la céramique, le béton et le plâtre, ( fleur polychrome, 1950 , dans un jardin d'enfants), de la mosaïque (Hôpital de St Lo ) ou encore du vitrail ( église d'Audincourt, 1946).

 Liberté,  1953, Hommage à Paul Eluard, son ami, quelques mois après sa mort.  Liberté,  1953, Hommage à Paul Eluard, son ami, quelques mois après sa mort.

Liberté, 1953, Hommage à Paul Eluard, son ami, quelques mois après sa mort.

Sans jamais cesser d’être peintre, Fernand léger a  exploré tous les champs de la création à travers de multiples amitiés et collaborations avec des poètes, cinéastes, architectes… il a enseigné la peinture dès 1924 et créé sa propre  école en 1934, assisté par Nadia qui deviendra sa seconde épouse, il aura quelques élèves prestigieux : Nicolas de Staël, Louise Bourgeois, Serge Gainsbourg… Témoin de la vitalité de son époque, il voulait créer un art moderne, coloré, populaire, accessible à tous .

 

Prochaine rencontre avec Les Arts 57 

Lundi 2 octobre à Saulny, 20h

Conférence avec Laurent Commaille :

« Street Art », l’Art urbain

Inscription par mail ou tel : 03 87 32 05 03

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article