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Pour cette première rencontre de la saison, organisée par « Les Arts 57 », une soixantaine de personnes étaient venues écouter Mr Laurent Commaille, Maître de conférences en histoire contemporaine à L’Université de Lorraine, et découvrir agréablement cette nouvelle forme d’art urbain.

Réaliser des graffitis sur les murs est une pratique très ancienne.
Caricature bien conservée à Pompéi, protégée par les cendres du Vésuve
( 79 après J.C ).

Le Street art émerge dans les années soixante, contestataire en Europe (en 1968 : « les murs ont la parole »), et dans les grandes villes américaines en crise, aux quartiers sinistrés, abandonnés : New-York, Boston, Philadelphie, Los Angeles… Des bandes de jeunes vont marquer leur territoire par ces graffs sur les murs, le métro … Agissant dans l’illégalité, ce doit être réalisé rapidement. Organisés en équipe, dans chaque « team », le « king » élabore, dessine le projet en avance. Le « writter » applique les lignes, les « toys » remplissent les vides, le tag représente la signature du groupe.



La bombe, outil du graffeur n’a cessé de s’améliorer :
-la peinture acrylique qui sèche vite,
-les pigments de plus en plus fins projetés en aérosol,
-les embouts ou caps plus ou moins épais selon utilisation pour traits ou remplissage,
-la pression plus forte pour plus de rapidité, et puissance pour les grandes surfaces.
Peu ou pas portés au début, les masques font maintenant partie de la panoplie du graffeur, protection des poumons contre les particules fines.

Les œuvres de certains artistes, encore souvent anonymes, sont de plus en plus appréciées, reconnues et rattrapées par le marché de l’art : exposition dans une galerie à New York, arrachage de pans de murs, vente en circuits parallèle !

Jean-Michel Basquiat, (1960-1988), artiste afro-américain, exprime sa colère contre le racisme et la ségrégation par ses graffitis. Issu de l’Underground, ami d’Andy Warhol, il devient très célèbre, meurt d’une overdose à 27 ans. En 2016, un autoportrait s’est vendu à 50 millions d’euros chez Christie’s à New-York.

Les générations suivantes ont une formation artistique, certains donnent des cours : Jérôme Mesnager à Montreuil.
Différentes techniques sont utilisées :

Le « rooftop » œuvre placée en hauteur ; les pignons des toits de Paris sont très prisés, parfois à des hauteurs vertigineuses, nécessitant escalade, échelles le long des cheminées, et prises de risque … l’ange (figure du XIXème) avec les bombes de graffeur en main : clin d’œil amusant pour les intrépides.
Speaker, dessine des enceintes acoustiques en hauteur un peu partout.
Autre technique de plus en plus prisée l’anamorphose, crée une troisième dimension avec un relief extraordinaire, les formes distordues ne reprennent leur configuration qu’en étant regardées sous un certain angle.
Nouveau courant très tendance : le Street art végétal, un arbre derrière un mur peut représenter une chevelure, il ne reste qu’à dessiner une tête en dessous. Des systèmes de mousse adhérentes au mur sont mis au point pour des œuvres végétales.


« Invader », envahit la planète avec ses petites créatures composées de petits carreaux de céramique formant une mosaïque de pixels. Parti des murs de Paris, cet artiste (qui apparait masqué en interview) installe ces petits extraterrestres pixélisés dans de plus en plus de villes dans le monde. Un petit invader a même été embarqué dans l’espace à bord de l’ISS avec Thomas Pesquet ! Ils sont parfois récupérés (donc cassés) par de faux agents municipaux qui remplacent les carreaux abimés par d’autres ordinaires pour les revendre !

Pour désamorcer la spéculation contraire à l’esprit de cet art, certains proposaient des œuvres, l’acheteur donnait ce qu’il voulait.
Les graffs porteurs de messages alertent, témoignent mais peuvent être récupérés :
Le graff peut déranger, surprendre, choquer mais aussi faire sourire ou rire par ses trouvailles et clins d’œil. Il interpelle le passant, doit le convaincre immédiatement. De plus en plus des installations de rue interfèrent avec l’environnement urbain : Isaac Cordal crée des petits personnages en ciment, les met en situation étonnante tels ceux qui suivent aveuglément le leader, même voué à la noyade ou ceux qui attendent , impassibles, avec des bouées, la montée des eaux liée au changement climatique. Univers poétique, esthétique mais message percutant. Le Street art avec de nouvelles formes artistiques a encore des choses à dire et pas fini de nous étonner.
Prochaine rencontre avec Les Arts 57
Lundi 6 novembre à Saulny, 20h.
Conférence avec Christophe Rodermann
" L’Art et la médecine."
Inscription par mail lesarts57@hotmail.fr
ou par tel : 03 87 32 05 03