Plus de 50 participants ont répondu présents pour cette première rencontre de la saison, proposée par notre association Les Arts 57 sur le thème de la découverte de l'architecte Victor BALTARD, dont l'oeuvre fera l'objet d'une grande exposition au musée d'Orsay à Paris, du 16 octobre 2012 au 13 janvier 2013.
C'est à PLESNOIS, dans la salle des fêtes, que Catherine BOURDIEU, Maître de conférences en Histoire de l'Art à l'Université de Lorraine de Metz, nous fit découvrir l'oeuvre de cet architecte visionnaire. Son programme, qui enchanta toute l'assemblée, se déclina en 3 parties :
1 - La carrière de Victor Baltard
Victor Baltard, né à Paris le 10 juin 1805 et mort à Paris le 13 janvier 1874, est un architecte français qui a exercé à Paris sous le Second Empire. Il est le fils de l'architecte Louis-Pierre Baltard.
En 1833, il remporte le grand prix de Rome préparé à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris.
De 1834 à 1838, il séjourne à Rome en tant que pensionnaire de la Villa Médicis. L'académie de France à Rome est alors sous la direction de Dominique Ingres. A partir de 1849, il devient architecte de la ville de Paris. Il y est également architecte diocésain pour le palais épiscopal et le grand séminaire, mais ce poste lui est retiré en 1854 car l'administration des cultes considère qu'il attache trop peu d'importance à ses travaux.
Après les destructions de la révolution et la naissance de la notion de patrimoine, de nombreuses restaurations seront à son actif.
- L'Eglise des Augustins à Paris :
Victor Baltard, fut l'un des architectes favoris du baron Haussmann, préfet de la Seine qui conduit les grands travaux de modernisation de Paris. Il reçoit commande, en 1860, d'une église dont la forme est dictée par un terrain triangulaire et le désir d'Hausmann de voir une coupole couronner l'aboutissement du nouveau boulevard Malesherbes.
C'est un édifice à la façade étroite, dont la nef va s'élargissant à mesure qu'elle avance vers le choeur. Toute l'enveloppe du bâtiment est en pierre, tandis que l'armature est entièrement métallique, synthèse entre le fer et la persistance de formes traditionnelles.
La façade se compose d'un portail à trois arcades dont les piliers sont surmontés des symboles des quatre évangélistes, d'une galerie sculptée des figures du Christ et des douze apôtres, d'une grande rosace encadrée par un grand fronton, et enfin d'un dôme à coupole culminant à soixante mètres de hauteur.
- L'Eglise Saint-Eugène et Sainte Cécile à Paris
L'architecte Louis-Auguste Boileau avait utilisé en 1853, pour la première fois dans une église, le fer et la fonte, usant des formes gothiques avec imagination, arrivant à donner une impression d'amplitude en multipliant les perspectives, donnant une impression d'élévation.
- Autres exemples de réalisations ou restaurations de Victor Baltard :
L'Eglise Saint-Germains-l'Auxerrois de 1838 à 1855
L'Eglise Saint-Eustache en 1844
.. et bien sur ....
2 - Les Halles Centrales de Paris
Quartier de Paris, situé dans le Ier arrondissement, les Halles accueillirent un marché à partir de 1110 environ.
Plusieurs fois transformées par la suite, elles furent profondément remaniées au XIXe s.
Les halles centrales de Paris en 1863
La construction des Halles
Baltard entreprit la construction des Halles centrales de Paris en 1851, d'après un projet qu'il avait conçu en 1846 et qui prévoyait l'édification de huit pavillons en pierre. L'achèvement du premier de ces énormes bâtiments, surnommé le « fort de la halle », révéla une conception qui ne permettait que peu d'aération et peu d'éclairage. Les travaux furent arrêtés.
Baltard proposa de nouveaux plans. Alors s'engagea une véritable bataille pour la construction. L'architecte Hector Horeau (1801-1872), qui avait réalisé plusieurs projets pour les Halles en 1853, prétendit que Baltard lui avait volé ses idées. Haussmann, de son côté, soutint que les idées de l'empereur étaient à l'origine des nouvelles Halles centrales.
Quoi qu'il en soit, en 1854, Baltard, peut-être inspiré par l'architecture des premières gares, et influencé par l'exemple donné dès 1844 par Labrouste (1801-1875), le constructeur de la bibliothèque Sainte-Geneviève, substitua le fer et la brique à la pierre. Ses nouveaux plans prévoyaient, sur une surface de près de 40 000 m2, l'édification de 14 pavillons, dont 10 furent achevés en 1870. Par la suite, ce nombre sera définitivement porté à 12.
Chaque pavillon comportait une nef centrale délimitée par des colonnes en fonte, et couverte par un double lanternon. Les fermes étaient en fer. De conception légère, spacieuse, aérée, cet ensemble architectural, dans la composition duquel entraient des matériaux nouveaux, n'en respectait pas moins les formes traditionnelles du gothique et de la Renaissance. Cette réalisation valut à Baltard l'admiration de ses contemporains.
La destruction des Halles
Cet ensemble abrita longtemps un marché où l'on finit par manipuler près de huit mille tonnes de marchandises par jour. Mais l'organisation des Halles centrales de Paris ne répondait plus à l'extension du négoce qui s'y pratiquait. La capitale qui comptait 1 200 000 habitants en 1857, pendant l'élaboration du projet, en comptait déjà plus de 2 600 000 en 1900. On décida d'interdire la vente au détail en 1896, mais ce ne fut guère suffisant, et l'inadéquation du lieu ne cessa de s'accroître au cours du XXe s.
Malgré divers projets, la décision du transfert des activités des Halles est prise. Décidé en 1962 par décret, ce transfert a été effectué en mars 1969 à Rungis. Le quartier des Halles a été au centre d'une grande polémique, notamment au sujet de la destruction des Halles de Baltard, qui eut lieu en 1971 malgré de nombreuses protestations. Seul un pavillon a échappé à la destruction, et a été démonté puis remonté en 1977 à Nogent-sur-Marne. C'est l'unique vestige de cette belle expression architecturale, à la place de laquelle se situe désormais un vaste centre commercial et culturel (Vidéothèque de Paris) souterrain, le Forum des Halles, inauguré en 1979.
3 - L'architecture métallique sous le second Empire
Le métal commence à être utilisé dans l’architecture et le génie civil dès la fin du XVIIIème siècle et son essor se produit en même temps que celui de la Révolution industrielle, qui permet la production et la commercialisation du fer et de la fonte. Les formes et la pratique de l’architecture en seront profondément transformées. (Raisons techniques évidentes car résistance au feu, ce qui bien sur a contribué à son succès.)
Cette architecture metallique doit son essor à Napoléon III, mécène éclairé, à l'affut de la création artistique.
exemples de réalisations :
- les gares ex : gare st Lazare, ci-dessous, peinte par Monet en 1877
- la bibliothèque Sainte-Geneviève, ci-dessous :
Et bien d'autres constructions : le pont des Arts, la galerie d'Orléans au Palais Royal ouvrant la porte aux passages, la serre du jardin des plantes, les Magasins Réunis, .....
Prochaine manifestation :
circuit aux cristallerie Saint-Louis et Lalique, le vendredi 12 octobre 2012,
Pour plus de détails : contacter nous par mail : lesarts57@hotmail.fr ou par tél : 03 87 32 05 03