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Le mercredi 24 Mai à Batilly, la maison aux volets multicolores de la rue des Tilleuls nous accueille. Béatrice nous attend et nous emmène vers l’étonnante terrasse où des arbres de métal, des guirlandes de monstres, des fleurs féeriques nous font place...
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Avec simplicité, Johu (c’est plus rapide que l’officiel Jean Hubert !) Thiam nous ouvre les portes de son monde. Petit fils d’Aimé Thiam et fils d’Albert Thiam, Johu est né dans une famille d’artisans d‘art. Aimé, artisan ébéniste inventif et doué, a créé la marqueterie en relief, après avoir fourni en meubles, avant-guerre, les Galeries Lafayette. Son fils Albert travaille dans l’atelier, et en Lorraine, tout le monde connaît ces tableaux d’intérieur typique, en marqueterie d’essences de bois variées, que tout bon messin se devait d’avoir accrochés à ses murs.
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A 17 ans, Johu entre dans l’atelier familial dirigé par son père Albert, au côté de ses frères. Il commence à découper, sculpter, coller selon une technique bien codifiée, ce qui lui permet de d élaborer son savoir-faire technique.
Il suit des cours de dessin par correspondance et découvre la couleur à travers la peinture. C’est une révélation et un enchantement. L’esprit toujours en mouvement, explorant toutes sortes de techniques et de support, la main traduisant le torrent des images, Johu travaille le bois, le polystyrène, le plexiglas, le verre, le métal.
Nous suivons le maître des lieux dans ses deux ateliers aux murs couverts d’outils rigoureusement alignés, de centaines de feutres et de tubes colorés, de piles de papiers, cartons, et matériaux divers.
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A côté de panneaux de bois peints (merveilleuse expression d’une femme extatique), d’une vache rouge et d’un cheval bleu nous observant depuis leur toile, s’amoncellent des Graoully noirs ou blancs, des luminaires aux formes étranges, tout un monde inattendu et magique, comme si ce foisonnement prenait appui sur ces outils et cette matière première ordonnée avec soin pour pouvoir naître et s’épanouir.
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Créer et faire, permettre à la main d’exprimer ce qui se cache dans la matière, voilà le travail de l’artiste. C’est cette idée que Johu met en œuvre quand il accompagne des ateliers pour des enfants de maternelle avec des étudiants de ENIM. Travailler comme passeur, permettre d’aider ses élèves à mettre en œuvre leurs sensations et visions : autre domaine d’élection.
A maintenant 75 ans, Johu Thiam ne veut plus travailler que par plaisir, s’amusant à faire cracher de la fumée à un monstre de métal ou trouver un système pour en faire une sculpture animée.
Nous prenons congé de notre hôte, tout le monde a un sourire aux lèvres. En repartant, nous notons deux choses à faire : aller saluer le Graoully de l’Enim (atelier Jean Nau) et le Graoully de Woippy, route de Thionville (Atelier Hugon). A.S.