Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
13 novembre 2021 6 13 /11 /novembre /2021 22:30
Cheri Samba, Stupefaction, 2009.

Heureux de pouvoir renouer avec les sorties culturelles, Lesarts57 proposaient, ce vendredi 29 octobre, la découverte de l’exposition « Face à Arcimboldo ».  Les 34 personnes réparties en 2 groupes sont emmenées par nos charmants guides, Clémentine à 15h, et Florent à 16h.

Au lendemain des visites guidées de l’exposition « Face à Arcimboldo » au Centre Pompidou Metz, le 29 octobre 2021.

 

S’il est universellement connu pour ses portraits composites, l’artiste reste assez mystérieux, très peu de documentation sur les premières décennies de sa vie. Giuseppe Arcimboldo, né en 1526 à Milan est sans doute décédé en 1593. L’autoportrait aux papiers roulés, daté 1587 dans le col, indique son âge : 61 dans les rides verticales du front. Très doué pour le dessin, il apprend aux côtés de son père qui travaille à la cathédrale de Milan ainsi qu’à celle de Florence.

Giuseppe Arcimboldo, Autoportrait, 1587.

Ces vitraux exceptionnellement prêtés par la cathédrale de Milan lui sont attribués. Restaurées, les couleurs ont repris leur éclat d’origine. L’idée de la fragmentation, le goût pour les masques et les monstres (têtes vertes), la présence de fruits et légumes apparaissent déjà.

Il réalise de très beaux dessins préparatoires des costumes pour les parades, fêtes, mariages, et déguise même les chevaux en dragons. Peintre, costumier et grand inventeur, par exemple le clavecin oculaire produisant de la lumière lorsqu’on appuie sur les touches, Arcimboldo a beaucoup de succès en Italie du Nord.

En 1562, il est sollicité par l’empereur Ferdinand 1er de Habsbourg pour devenir portraitiste à la cour de Vienne. Puissante dynastie de l’empire austro-hongrois, les Habsbourg par des alliances bien calculées, gouvernent en Europe pendant plus de 500 ans. Leur devise est « L’Autriche règne sur l’univers ». Arcimboldo y restera sous les règnes des 3 empereurs : Ferdinand Ier, Maximilien II et Rodophe II. Lors de parades ou mariages, les souverains et membres de la cour se déguisent : pour le thème des 4 saisons : le jeune prince est vêtu en « printemps » tandis que le vieux souverain l’est en « hiver » …   Passionné par les sciences, intelligent, véritable ingénieur (à l’image de Léonard de Vinci), il alimente aussi les cabinets de curiosités, favorisés par les expéditions maritimes qui rapportent des plantes, animaux, objets exotiques.

Antonietta Gonzalez, riche jeune fille au corps presque entièrement couvert de poils, était considérée comme une monstruosité. En réalité comme ses parents, elle était atteinte d’une anomalie génétique, l’hypertrichose. Les membres de sa famille étaient admirés comme des êtres exotiques mi- êtres humains, mi animaux, curiosités qu’on s’offrait entre princes. Son père Don Pedro avait été offert au roi de France puis au duc de Parme. Ce portrait fut réalisé par Lavinia Fontana, lors d’un séjour à Bologne où la marquise de Soragna venait montrer sa merveille.

Lavinia Fontana, Antonietta Gonzalez, 1594-95, huile sur toile, musée du Château royal, Blois.

En écho, des clichés d’une tête de femme à barbe sous un globe de verre conservée dans un musée questionne beaucoup. Par ces photos, l’artiste Zoé Leonard interroge ses contemporains sur le malaise engendré par des personnes pas conformes.

 

 Zoé Leonard, Preserved Head of Bearded Woman.1991. Musée d’Orfila. Ensemble de cinq épreuves gélatino -argentiques.

De même, ce film dérangeant tourné après la catastrophe de Fukushima au Japon, où dans le restaurant vide, une femelle singe portant un masque de théâtre No, est laissée à elle-même, et exécute par moments des gestes de routine appris par les humains.          Pierre Huyghe, Masque humain, 2014. Film de 19’.

Ces monstruosités inspirent beaucoup les artistes. La distorsion des corps, fusionnant avec la nature, mélangeant les règnes animal, végétal ou minéral, sont bien dans l’esprit maniériste du XVI ème siècle alors qu’à la Renaissance, on représentait plutôt le corps parfait.

L’exposition Face à Arcimboldo, met en regard justement les œuvres d’artistes du XX ème et XXI ème siècle, inspirés par le maitre lombard et qui surprennent par leur côté « arcimboldesque » !

Dès l’entrée, des œuvres étonnantes de Mario Merz : Table de Chagny, (1984), Cono, (1986) et Hommage à Arcimboldo (1987). La grande table en forme du signe de l’infini fait référence aux 4 saisons qui s’enchainent éternellement. Les légumes et fruits évoluent selon la période et sont renouvelés tous les 3-4 jours, la fleur de lys, symbole de la royauté, l’osier brut et un immense cône (Cono) en osier manufacturé de 4m de haut.  Matériaux humbles, utilisés dans notre quotidien, ces œuvres font partie de l’Arte Povera qui remet en valeur l’artisanat et l’importance du message.

Mario Merz, Table de Chagny, Cono.

Mario Merz, Table de Chagny, Cono.

L’immense crocodile, hôte fréquent des cabinets de curiosités, est réalisé en boules de papier journal paraffiné. Il est posé sur un support en fer et verre portant des nombres en néon lumineux :  c’est la suite de Fibonacci, suite mathématique associée à la perfection (comme le nombre d’or). Elle se retrouve dans l’organisation des graines de tournesol, le développement de pétales de fleurs, la coquille de nautile … Chaque terme suivant est obtenu en faisant la somme des 2 derniers : 0, 1 ,1, 2, 3, 5, 8, 13, 21 …  Cette œuvre dédiée à Arcimboldo, fasciné par les mathématiques et les sciences, a été présenté à la première rétrospective qui lui a été consacrée, au Palazzo Grassi à Venise en 1987.

À la tête du Centre Pompidou Metz depuis décembre 2019, Chiara Parisi, intéressée depuis son enfance par Arcimboldo, a imaginé cette exposition dans la lignée de celle de Venise.  250 œuvres de 130 artistes sont installées dans ce parcours d’une grande sobriété grâce aux parois de béton cellulaire. La scénographie très agréable des architectes Berger & Berger donne l’impression de se promener entre les murs d’une citadelle, dans un labyrinthe ouvert, où l’on va de surprise en surprise.

Man Ray, Portrait imaginaire d’Arcimboldo,1953, Liechtenstein.

Man Ray, Portrait imaginaire d’Arcimboldo,1953, Liechtenstein.

Près du rideau d’entrée, bleu dehors et jaune dedans, aux innombrables petits yeux brodés, deux œuvres de Man Ray. Fasciné par Arcimboldo, il en réalise un portrait imaginaire, de profil, recomposé géométriquement.  Il avait acheté une version de l’Hiver. Pour le mariage de son ami Max Ernst avec Léonora sur la colline d’Hollywood, il peint une version de sa « fabuleuse trouvaille » (en réalité une copie) pour leur offrir en cadeau.

« La première fois que j’ai vu ses œuvres, j’ai été stupéfié et n’en croyais pas mes yeux. … pour rendre hommage à ce grand inventeur, je me suis permis de reproduire l’une de ses œuvres… le monde nous a donné des artistes formidables. » Cheri Samba. Cet artiste congolais s’est peint face à l’Hiver reproduit trait pour trait. Arcimboldo signe rarement ses œuvres, mais dans celle-ci le A est présent dans sa toge.  Les citrons en guise de broche proviennent sans doute des orangeraies installées à la cour de Vienne.  Les lèvres champignon, le lierre ultra résistant, toxique, le visage et le cou vieilli, les rides profondes, un troisième niveau de lecture est possible : le personnage est-il malade ?

 

L’Hiver laisse la place au Printemps, …. Dans Les Quatre saisons, séries de portraits pour les souverains, les visages se regardent 2 par 2 :  L’Hiver, profil droit fait face au Printemps profil gauche, de même, l’Eté, profil droit, face à l’Automne, profil gauche.

Boutons de roses pour les lèvres, brin de muguet pour les dents, clochette en guise de boucles d’oreilles, pâquerettes et petites fleurs blanches pour la fraise et posée comme une plume sur la coiffe, une fleur de lys. Arcimboldo possède une parfaite connaissance de la botanique : plus de 80 variétés de plantes sont représentées et parfaitement identifiables. Le Printemps représente la jeunesse, la fraicheur, l’Eté plus mature, lumière plus orangée, l’Automne le visage se transforme, l’Hiver est plus flegmatique. Les Habsbourg règnent sur le temps mais aussi sur les vies…

 Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, 1563, Madrid.

Au lendemain des visites guidées de l’exposition « Face à Arcimboldo » au Centre Pompidou Metz, le 29 octobre 2021.
Au lendemain des visites guidées de l’exposition « Face à Arcimboldo » au Centre Pompidou Metz, le 29 octobre 2021.
Au lendemain des visites guidées de l’exposition « Face à Arcimboldo » au Centre Pompidou Metz, le 29 octobre 2021.
Au lendemain des visites guidées de l’exposition « Face à Arcimboldo » au Centre Pompidou Metz, le 29 octobre 2021.

La série Les Quatre Eléments :  La Terre, l’Air, l’Eau et le Feu complète ces portraits à leur gloire.  Dans La Terre : un éléphant, un lion, un bélier (symbole de la toison d’or ?), antilopes, chevaux …  Maximilien II avait découvert un éléphant chez son cousin le roi d’Espagne. Envoyé à la cour de Vienne, l’animal décède rapidement, il est naturalisé et sert de modèle à Arcimboldo. Dans l’Eau, l’abondance de poissons peut évoquer l’étendue géographique de l’empire austro hongrois. Dans le Feu, la présence d’armes à feu suggère domination militaire et puissance guerrière…  D’autres séries des 4 saisons lui ont été commandées, dont une que Maximilien voulait offrir au prince électeur de Saxe, c’est celle qui est conservée au Louvre. Le Printemps et l’Automne ont été prêtés pour cette exposition. Le Printemps de Madrid appartient à la 1 ère série, 2 autres sont à Vienne et le 4ème à Stockholm. Arcimboldo n’a pas eu d’élèves mais il ne travaillait pas seul dans l’atelier.

En 1943, la revue Vogue commande à Marcel Duchamp une couverture pour un numéro consacré à l’anniversaire de l’Indépendance américaine. Une gaze imbibée de bétadine rouge, les 13 étoiles fondatrices, le profil de Georges Washington mais tournée dans l’autre sens, cette œuvre représente la carte des Etats Unis, Floride et Californie bien visibles. Evoquant un linge ensanglanté associé au drapeau, et considérée comme trop provocatrice, l’image n’est pas publiée.

Marcel Duchamp, Allégorie de genre, 1943.

Enfant terrible de l’art contemporain, Maurizio Cattelan réalise son portrait, une tête blanche de 1,50 m sur laquelle il place les œuvres qu’il a déjà réalisées : Hitler à genoux au ghetto de Varsovie, les pigeons empaillés postés sur les balcons de la Bourse de Commerce à Paris, les toilettes en or utilisables du musée Guggenheim (prêtées à Oxford, et volées !), les lettres de Hollywood, …. Lors de la biennale de Venise en 2011, il emmène ses visiteurs prendre un bus puis un avion puis de nouveau un bus jusqu’à la plus haute colline de Palerme où il a installé les lettres formant Hollywood (c’est en réalité, sur la plus haute décharge) !!!

Maurizio Cattelan, Sans titre, 2019, polystyrène, résine époxy, fibre de verre, peinture. Milan.

 

Ce portrait d’Hitler réalisé en 1934 par Victor Brauner, bien en avance sur la réalité de l’Histoire, appartenait à André Breton. Image inquiétante traduisant déjà la sauvagerie et l’absurdité d’un pouvoir totalitaire.

 Victor Brauner, Hitler, 1934, Centre Pompidou, Paris

Arcimboldo réalise les portraits pour les souverains, leur famille mais aussi les personnes emblématiques de leur entourage : le bibliothécaire, le juriste, le cuisinier…  Ce portrait du personnage qui gère non seulement la bibliothèque mais aussi le cabinet de curiosités est vraiment étonnant. Les livres empilés comme sur des rayonnages révèlent la construction fragile du savoir : si on en enlève un, l’ensemble peut s’écrouler. Livre ouvert en guise de chevelure au niveau du cerveau, profondeur du regard : les yeux sont figurés par les clés des coffres, barbe en queues de martre utilisées pour dépoussiérer les livres, doigts en marque-page. La forme triangulaire évoque celle d’un pupitre et peut être aussi, clin d’œil de l’artiste, la forme d’un A en guise de signature ?

 

Giuseppe Arcimboldo, Le Bibliothécaire, 1566, huile sur toile, Skoldoster, Suède.

 

Ce nuage bleu aux grandes touches intrigue. Œuvre de Glenn Brown, c’est une huile sur un grand panneau découpé. L’artiste a l’habitude de proposer des énigmes pour susciter l’intérêt de ceux qui les regarde. Fantôme, animal, plante ? si on le retourne, c’est Mademoiselle Gachet au piano de Van Gogh.

Glenn Brown, Song to the Siren, 2009.

Salvatore Dali.
Salvatore Dali.
Salvatore Dali.

Salvatore Dali.

Le maniérisme laissant progressivement la place au baroque et au rococco, à sa mort, et sans héritier, Arcimboldo est complètement oublié… Dans les années 1920-30, Salvatore Dali et les surréalistes le redécouvrent, s’en inspirent et le considèrent comme un « proto surréaliste ». Les images doubles, les paysages anthropomorphes, sont dans la lignée de l’esprit d’Arcimboldo, et de ses têtes réversibles.

Patrick Neu. Masque, 2010. Paris.--- Masque no. 2021.--- Francis Bacon, Head VI, 1949, Londres.--- René Magritte, Le Modèle rouge,1935, Paris.--- Iris Schieferstein, Horsesshoes, 2006. Berlin.--- Meret  Oppenheim, L’Ecureuil, 1969, Paris.
Patrick Neu. Masque, 2010. Paris.--- Masque no. 2021.--- Francis Bacon, Head VI, 1949, Londres.--- René Magritte, Le Modèle rouge,1935, Paris.--- Iris Schieferstein, Horsesshoes, 2006. Berlin.--- Meret  Oppenheim, L’Ecureuil, 1969, Paris.
Patrick Neu. Masque, 2010. Paris.--- Masque no. 2021.--- Francis Bacon, Head VI, 1949, Londres.--- René Magritte, Le Modèle rouge,1935, Paris.--- Iris Schieferstein, Horsesshoes, 2006. Berlin.--- Meret  Oppenheim, L’Ecureuil, 1969, Paris.
Patrick Neu. Masque, 2010. Paris.--- Masque no. 2021.--- Francis Bacon, Head VI, 1949, Londres.--- René Magritte, Le Modèle rouge,1935, Paris.--- Iris Schieferstein, Horsesshoes, 2006. Berlin.--- Meret  Oppenheim, L’Ecureuil, 1969, Paris.
Patrick Neu. Masque, 2010. Paris.--- Masque no. 2021.--- Francis Bacon, Head VI, 1949, Londres.--- René Magritte, Le Modèle rouge,1935, Paris.--- Iris Schieferstein, Horsesshoes, 2006. Berlin.--- Meret  Oppenheim, L’Ecureuil, 1969, Paris.
Patrick Neu. Masque, 2010. Paris.--- Masque no. 2021.--- Francis Bacon, Head VI, 1949, Londres.--- René Magritte, Le Modèle rouge,1935, Paris.--- Iris Schieferstein, Horsesshoes, 2006. Berlin.--- Meret  Oppenheim, L’Ecureuil, 1969, Paris.

Patrick Neu. Masque, 2010. Paris.--- Masque no. 2021.--- Francis Bacon, Head VI, 1949, Londres.--- René Magritte, Le Modèle rouge,1935, Paris.--- Iris Schieferstein, Horsesshoes, 2006. Berlin.--- Meret Oppenheim, L’Ecureuil, 1969, Paris.

Les masques antiques qui fascinaient Arcimboldo, inspirent aussi Patrick Neu. Fragiles, il les réalise en ailes d’abeilles récoltées chez des apiculteurs, après leur vie éphémère. Francis Bacon, passionné d’anatomie lui aussi, peint cette version du pape Innocent X d’après Velasquez. La bouche, seule au centre de la composition, impressionne et suffit à exprimer toute la violence qui se dégage de ce pape hurlant. Mélange des règnes pour ces sabots naturels transformés en chaussures à talons d’Iris Schieferstein qui questionne sur l’ambivalence de la morale dans notre société. Double lecture aussi pour Le Modèle rouge de René Magritte : processus de métamorphose d’un pied en bottine ou vice-versa. Meret Oppenheim, quant à elle, modifie des objets usuels : une simple chope à bière associée à une queue en fourrure et chacun y voit immédiatement un écureuil.

 

Animaux hybrides d’un bestiaire imaginaire aussi sur ces plafonds du XIII ème siècle redécouverts lors de la restauration d’une maison en 1896 à Metz. 

 

 

Au détour d’une allée, surprise !  Ce grand personnage altier, aux jambes en botte d’asperges accueille les visiteurs …  Unique sculpture arcimboldesque existante et contemporaine du maitre lombard, l’impressionnant Gardien du jardin intrigue. Une épigraphe en latin donne des indications. Commandée en 1664 par le comte Aliprandi pour le jardin potager de sa villa près de Milan, elle est réalisée en grès par un artiste qui demeure encore anonyme. Ce gardien imaginaire en appui sur sa jambe droite, massue et manteau en mains, évoque Hercule. L’épigraphe ajoute une allusion à Priape, puissant dieu de la nature dont le culte dans le monde antique était associé à la protection du monde agricole.

 

Custode dell’orto, (Gardien du jardin), 1664, 1,97 m, Bergame.

Giambologna, L’Apennin, vers 1580 terre cuite 33cm, Douai.

Réalisée par Giambologna cette petite terre cuite est le travail préparatoire au colosse de l’Apennin débuté en 1579. L’homme-montagne mesure environ 14 mètres de haut. Installé dans le jardin des Merveilles de la Villa di Pratolino près de Florence, Jupiter émerge de la pierre, au bord de l’étang, au cœur d’une nature qui se métamorphose au fil des saisons. Les entrailles de cette sculpture monumentale dissimulent un système hydraulique qui crée des jeux d’eau …

Hills and Clouds (2014) de Lynda BenglisHills and Clouds (2014) de Lynda Benglis

Hills and Clouds (2014) de Lynda Benglis

En écho, la monumentale fontaine de Lyndia Benglis se transforme. Le jour, c’est une colline en acier coulé coiffée d’un nuage en polyuréthane. La nuit, la peinture de la résine devient phosphorescente, l’acier n’est plus visible, et l’œuvre figure une fontaine dissimulant une grotte mystérieuse. 

« Jennifer est une sculpture confectionnée avec de la peau de porc ». L’artiste cherche « à réveiller le regardeur par un léger choc, … ce qu’il voit n’est pas tout ce qui est, … l’obligeant à faire une pause et à réfléchir…. C’est là tout le sens d’une œuvre d’art. » Heide Hatry.

Heide Hatry, Jennifer, 2009.

Pablo Picasso, La Guenon et son petit, Vallauris, 1951.

Picasso élabore la tête de l’animal en subtilisant deux petites voitures à son fils Claude, une jarre pour le corps, un amortisseur de voiture pour la longue queue. Comme dans les têtes composées d’Arcimboldo, l’artiste donne un sens nouveau aux objets usuels.

Humberto et Fernando Campana. Canapé.

 

Luxe rare, le visiteur est même autorisé à s’asseoir dans les confortables canapés en peau de yack réalisés par les frères Campana, designers brésiliens. Leur travail, basé sur le détournement de produits artisanaux ou de recyclage (bois, tissus, papier, clés, capsule...) transforme des matériaux modestes en objets opulents.  Créatifs, ils utilisent des couleurs, des mélanges inspirés des favelas et de la culture brésilienne.

Enfin dans la dernière allée, on pénètre dans étrange cabinet de curiosités, à l’image de celui de Rodolphe II, l’un des plus beaux de son temps. Il rassemble des « Artificialia », créées par l’homme et des « Naturalia », curiosités botaniques, animales ou minérales.

L’immense crocodile naturalisé rappelle qu’il représentait aussi le symbole du mal en Italie du Nord et se retrouvait souvent suspendu dans les églises.

 

Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, l’Automne, 1573, Paris, Musée du Louvre.
Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, l’Automne, 1573, Paris, Musée du Louvre.
Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, l’Automne, 1573, Paris, Musée du Louvre.
Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, l’Automne, 1573, Paris, Musée du Louvre.
Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, l’Automne, 1573, Paris, Musée du Louvre.
Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, l’Automne, 1573, Paris, Musée du Louvre.
Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, l’Automne, 1573, Paris, Musée du Louvre.
Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, l’Automne, 1573, Paris, Musée du Louvre.
Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, l’Automne, 1573, Paris, Musée du Louvre.
Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, l’Automne, 1573, Paris, Musée du Louvre.
Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, l’Automne, 1573, Paris, Musée du Louvre.

Giuseppe Arcimboldo, Les Quatre Saisons, Le Printemps, l’Automne, 1573, Paris, Musée du Louvre.

Une niche aménagée met en valeur Le Printemps et l’Automne, de la 2 ème série des Quatre Saisons. Prêtées par le Louvre, elle se distingue par une guirlande de fleurs qui entoure les têtes. Elle a été réalisée 150 ans plus tard par un peintre anonyme.

Jan Svankmajer transforme son atelier en cabinet de monstruosités où il mélange règne animal végétal et minéral.

Felix Gonzales-Torres, Portrait de mon père.

Felix Gonzales-Torres, Portrait de mon père.

80 kg de jolis bonbons au départ de l’exposition, l’œuvre de Felix Gonzales-Torres, artiste minimaliste et conceptuel représente le portrait de son père qu’il veut partager avec le visiteur. Ce bonbon transparent, blanc, doux et fort présente les caractéristiques et le poids de son père, ouvert, pur, à la fois doux et fort. Lors de notre visite, il en restait approximativement moins de 50 kg. Œuvre étonnante, destinée à créer un lien entre l’artiste et le spectateur et à disparaitre au fur et à mesure. 

 

Passionnantes et trop vite écoulées, ces visites guidées par Clémentine et Florent nous ont permis de mieux comprendre comment l’univers créatif, inventif, et foisonnant d’Arcimboldo inspire encore tant d’artistes. Florent, d’ailleurs un peu dans l’esprit arcimboldesque aussi, se déguise pour animer des balades théâtralisées de Metz dans les ECHAPPEES TEMPORELLES.

Giuseppe Arcimboldo, Autoportrait, 1593, Prague.

Prochaine rencontre avec Les Arts 57 :

 Mardi 23 novembre 2021 à 20h salle polyvalente de Saulny

La street photography.

Conférence présentée par Mr Eric Pedon,

Enseignant chercheur en information, communication, spécialiste de photographie contemporaine.

Réservation obligatoire par mail ou par tél.

lesarts57@gmail.com   ou tél.   03 87 32 05 03 - 06 84 35 19 96

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

Droit à l'image

Les photos et images présentes sur ce site sont couvertes du droit à l'image; si l'une ou l'autre d'entre elles venait à outrepasser ce droit, nous nous en excusons et la retirerons immédiatement sur demande.
Les Arts 57

Recherche

QUI SOMMES-NOUS ?

 

 L’association Les ARTS 57 poursuit un but non lucratif et a pour objet la promotion des valeurs et actions culturelles et artistiques au profit des populations des villages et villes qui souhaitent y participer.

 

Donner le goût de découvrir, de même que les clés pour comprendre, apprécier et porter un jugement critique seront les objectifs de ce cycle de  conférences dans nos villages.

 

Le but est également de réunir, dans nos villages, des personnes partageant la même passion.

 Nous programmons au moins quatre rencontres par an et organisons deux  à trois visites guidées en fonction des événements culturels  dans la Région.

 

Liste des membres du conseil d’Administration

 

Présidente :                 Martine ZIEGLER  

Vice-présidente :         Chantal RENNER   

Trésorière :                  Geneviève DIDELOT

Trésorière adjointe :     Brigitte CROUZET

Secrétaire :                  Arielle SILICE-PALUCCI 

Assesseur :                  Catherine BOURDIEU  

Assesseur :                  Chantal CLEMENT

 

 

PARTENAIRES