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12 octobre 2021 2 12 /10 /octobre /2021 10:27
Botticelli, La Vierge à la grenade, 1487.

 

Organisée par LesArts57 en partenariat avec Les Amis du Temple de Longeville-les-Metz "Point Orgue", cette soirée présentée par Catherine BOURDIEU, maîtresse de conférence en histoire de l'art à l'Université de Lorraine a rassemblé 57 personnes.

Précautions d’usage à l’entrée : pass sanitaire, masque et gel, et belle occasion de redécouvrir le temple protestant. Très impliquées dans l’association des amis du Temple, Marianne et Nicole œuvrent activement pour la restauration de l’orgue. Leurs efforts commencent à donner de beaux résultats. Le facteur d’orgue de la maison Link (Württemberg) vient régulièrement, les 500 tuyaux ont été démontés, la soufflerie restaurée, soit les 2/3 du travail effectué. Après l’exposition « L’art au temple » qui a remporté un franc succès, ce sera « La mode au temple » les 23 et 24 octobre : création de bijoux, sacs, relooking de vestes en jean, de fauteuils par de talentueuses artistes, paraît-il …

Au lendemain de la conférence « Sandro Botticelli, peintre florentin du Quattrocento », le 28 septembre 2021, à Longeville-les Metz.Au lendemain de la conférence « Sandro Botticelli, peintre florentin du Quattrocento », le 28 septembre 2021, à Longeville-les Metz.

Le sujet choisi pour cette conférence fait écho à l’exposition « Botticelli, artiste et designer » au musée Jacquemard-André à Paris (jusqu’au 24-01-2022).

Alessandro di Mariano di Vanni Filipepi, dit Sandro Botticelli, né à Florence en 1445, grandit dans l’environnement artistique de la première Renaissance italienne. Ayant peu de goût pour l’école, il est placé en apprentissage chez un orfèvre, où il acquiert précision du détail et minutie.

Intéressé par la peinture, il entre dans l’atelier de Fra Filippo Lippi en 1465, maître très réputé pour ses Vierge à l’Enfant. Marie tient l’Enfant sur ses genoux, face à elle. Jésus tente de s’approcher et d’effleurer sa joue. Elle semble songeuse, presque absente. Son visage juvénile, gracieux, mélancolique est coiffé d’un voile aérien orné d’un liseré d’or. Des perles rehaussent les enroulements du voile qui enserre les cheveux et le décolleté de la robe. L’auréole, parsemée de petits points dorés, renforce l’effet précieux du portrait. Très travaillé, le paysage de l’arrière-plan représente à gauche une rivière qui serpente entre les rochers, à droite un sentier creusé dans la montagne qui mène à deux monuments antiquisants. Ce paysage en perspective atmosphérique sera source d’inspiration pour ceux de Léonard de Vinci plus tard.

Filippo Lippi, Vierge à l'Enfant, 1469.

Filippo Lippi, Vierge à l'Enfant, 1469.

Filippo Lippi, Vierge à l'Enfant, 1469.

 

 

Premier tableau attesté de Botticelli, cette allégorie de La Force fait partie d’une commande des 7 Vertus à Pollaiuolo pour le palais de la Seigneurie par Pierre 1er Médicis. La représentation de la 7ème vertu lui fut confiée. Elle est figurée sous les traits d’une jeune femme rêveuse à la posture relâchée. Le modelé du visage et des mains, la délicatesse du diadème et de l’armure, la belle fluidité de la tunique, le manteau rouge drapé à l’antique et le trône architecturé vu en perspective renforcent la monumentalité de la figure.

 

La Force, tempera sur panneau, 1,67 x 0.87 m, Offices.

Judith revenant de Bethulie, et Les Assyriens découvrant le cadavre d’Holopherme, tempera sur panneau, 31x24 cm, 1470. Offices.

Judith revenant de Bethulie, et Les Assyriens découvrant le cadavre d’Holopherme, tempera sur panneau, 31x24 cm, 1470. Offices.

A la même époque, Botticelli réalise un petit diptyque évoquant la vengeance de Judith. Sur le 1er panneau les robes virevoltent sur les postures mouvantes des deux femmes. La jeune héroïne présente un visage mélancolique, coloris clair, délicat, procédé qui devient caractéristique du jeune peintre. Sur le second panneau le raccourci très maitrisé de l’officier qui découvre le corps et la perfection de la musculature d’Holopherne dont le corps semble endormi, révèlent le talent de l’artiste pour ce premier nu masculin ainsi que la qualité de la formation des jeunes artistes à la Renaissance.

 

Pour ce Saint Sébastien, Botticelli utilise les conventions de représentation : ligoté contre un tronc d’arbre, le corps transpercé de flèches. L’allongement du corps, le déhanchement ou contrapposto accentuent la sinuosité de la silhouette et l’élégance du personnage. Visage penché, air pensif et détaché.

 

Saint Sebastien, 1473, tempera sur bois, 1,95x1m, Berlin.

L’Adoration des Mages, 1475, tempera sur bois, 1,11m x1,34m, Offices, Florence.

L’Adoration des Mages, 1475, tempera sur bois, 1,11m x1,34m, Offices, Florence.

Sur ce panneau, Botticelli ordonne sa composition par des éléments d’architecture et crée des plans séparés par les lignes obliques. Les bâtiments en ruine illustrent la fin du monde ancien qui laisse la place aux temps nouveaux du christianisme. Le groupe de la Vierge à l’Enfant rappelle des scènes de son maître. Au premier plan, deux rangées de personnages, en leur milieu les 3 rois mages reconnaissables à leur posture agenouillée et leurs turbans ou couronnes posées sur le sol. On a pu identifier 5 hommes de la famille Médicis et 3 de leurs proches :  Cosme l’Ancien, agenouillé devant la Vierge, ses fils agenouillés Pierre Médicis en mage au manteau rouge et Jean Médicis en costume blanc. Laurent le Magnifique (fils de Pierre) en gentilhomme à l’épée à gauche, son frère Julien de Médicis en noir près de Jean, l’humaniste Politien montre la scène à Laurent, de l’autre côté Philippe Strozzi, membre d’une autre famille influente de Florence et enfin l’autoportrait présumé de Botticelli en bas à droite. Pratique courante chez les peintres, l’autoportrait sur une toile permet d’immortaliser ses traits comme une signature, d’autre part être associé à une famille puissante, et enfin être sur une image sacrée pour bénéficier de ses bienfaits.

L’Adoration des Mages, 1475, tempera sur bois, 1,11m x1,34m, Offices. Cosme l'Ancien, Pierre et Jean Médicis, Laurent le Magnifique, Julien de Médicid, Sandro Boticelli, autoportrait.
L’Adoration des Mages, 1475, tempera sur bois, 1,11m x1,34m, Offices. Cosme l'Ancien, Pierre et Jean Médicis, Laurent le Magnifique, Julien de Médicid, Sandro Boticelli, autoportrait.
L’Adoration des Mages, 1475, tempera sur bois, 1,11m x1,34m, Offices. Cosme l'Ancien, Pierre et Jean Médicis, Laurent le Magnifique, Julien de Médicid, Sandro Boticelli, autoportrait.
L’Adoration des Mages, 1475, tempera sur bois, 1,11m x1,34m, Offices. Cosme l'Ancien, Pierre et Jean Médicis, Laurent le Magnifique, Julien de Médicid, Sandro Boticelli, autoportrait.
L’Adoration des Mages, 1475, tempera sur bois, 1,11m x1,34m, Offices. Cosme l'Ancien, Pierre et Jean Médicis, Laurent le Magnifique, Julien de Médicid, Sandro Boticelli, autoportrait.

L’Adoration des Mages, 1475, tempera sur bois, 1,11m x1,34m, Offices. Cosme l'Ancien, Pierre et Jean Médicis, Laurent le Magnifique, Julien de Médicid, Sandro Boticelli, autoportrait.

Portrait d’un homme avec une médaille de Cosme l’Ancien, 1470-80, tempera sur panneau, 58 x45 cm, Offices. Hans Memling, Portrait d’un homme avec une médaille romaine, huile sur panneau, 29 x 22 cm, Anvers

Portrait d’un homme avec une médaille de Cosme l’Ancien, 1470-80, tempera sur panneau, 58 x45 cm, Offices. Hans Memling, Portrait d’un homme avec une médaille romaine, huile sur panneau, 29 x 22 cm, Anvers

Très joli portrait en buste d’un jeune homme aux cheveux longs et épais coiffé d’un bonnet rouge. Modelé du visage et contours bien marqués. Les dernières hypothèses quant à l’identité du modèle avancent le nom du frère du peintre Antonio Filipepi. Il présente une médaille frappée pour commémorer Cosme l’Ancien après sa mort en 1464. Dans les mêmes années un portrait d’allure semblable est réalisé par un peintre flamand Hans Memling. Il s’agit de l’humaniste italien Bernardo Bembo. Des échanges artistiques et commerciaux existaient entre les Flandres et l’Italie.

 

Julien Médicis, frère de Laurent Le Magnifique, est assassiné lors d’un complot visant à destituer les Médicis. Représenté de ¾, vêtu d’un manteau rouge, bordé de fourrure, ce portrait, difficile à dater a pu être réalisé à partir d’un masque mortuaire : les yeux sont baissés, presque fermés, la branche morte où est posé l’oiseau, la fenêtre à demi ouverte, référence au passage vers l’au-delà, sont autant de détails en faveur d’une réalisation posthume. 

 

 Portrait de Julien Médicis,1478-80, tempera sur bois, 53x75 cm, Washington.

Pour retrouver des alliances après la conjuration des Pazzi, soutenue par le pape Sixte IV, Laurent Médicis prête des artistes florentins à plusieurs villes. Botticelli est envoyé à Rome en 1480 pour réaliser des fresques à la chapelle Sixtine. Il doit réaliser 3 fresques (environ 34 m x 5 m !) relatant la vie de Moïse et celle du Christ pour établir des correspondances.

  • Les Epreuves de Moïse, depuis la mort de l’Egyptien qui maltraitait un Hébreu jusqu’au départ vers la terre promise. Buisson ardent.
  • La Tentation du Christ, rencontre des démons.
  • La Punition des rebelles, qui refusent l’autorité de Moïse et Aaron. Arc de Constantin, référence à la culture antique, dont l’arche centrale est plus élevée que les latérales.

Pas très à l’aise avec ces grandes dimensions, devant s’harmoniser avec les autres peintres, ses travaux pas vraiment appréciés, Botticelli est finalement peu satisfait de son séjour à Rome, et retourne à Florence.

Botticelli, Les Epreuves de Moïse, La Tentation du Christ, La Punition des rebelles. Fresques Chapelle Sixtine, Rome.
Botticelli, Les Epreuves de Moïse, La Tentation du Christ, La Punition des rebelles. Fresques Chapelle Sixtine, Rome.
Botticelli, Les Epreuves de Moïse, La Tentation du Christ, La Punition des rebelles. Fresques Chapelle Sixtine, Rome.
Botticelli, Les Epreuves de Moïse, La Tentation du Christ, La Punition des rebelles. Fresques Chapelle Sixtine, Rome.

Botticelli, Les Epreuves de Moïse, La Tentation du Christ, La Punition des rebelles. Fresques Chapelle Sixtine, Rome.

Quelques années plus tard, entre 1478 et 1482, il réalise deux de ses tableaux les plus célèbres pour Lorenzo di Pierfancesco Médicis qui les installe dans la villa de Castello en Toscane : Le Printemps et La Naissance de Vénus.

 

Le Printemps, tempera sur bois, 2,03 x 3,14 m, Offices.

L’iconographie de ce tableau prend tout son sens lorsque les différents groupes sont mis en relation les uns avec les autres. A droite, Zéphyr poursuit la nymphe Chloris qui se transforme en Flora, déesse du printemps. Costume orné de plantes, elle puise les fleurs dans les plis de sa robe et les lance devant elle. Vénus est seule au fond de la clairière bordée d’agrumes. Au-dessus d’elle, Cupidon s’apprête à envoyer une flèche, les yeux bandés car l’amour frappe au hasard ! Trois Grâces effectuent une ronde lente, charmante, d’une grande souplesse exprimée par des gestes des bras. Enfin Mercure, de son caducée, chasse les nuages qui menacent d’assombrir le jardin de Vénus.

La Naissance de Vénus, tempera sur bois, 1,72 x 2, 78 m, Offices.

Sans doute la plus célèbre, cette représentation reprend le modèle de la Venus pudique de l’antiquité. Née de l’onde, elle voile sa nudité, arrive sur la berge dans une coquille St Jacques poussée par Zéphyr. Le modèle de Vénus est Simonetta Vespucci, très belle jeune femme, épouse de Marco Vespucci, cousin du navigateur (Amerigo Vespucci). Long cou qui détache le visage légèrement penché, mélancolique, chevelure abondante, grande délicatesse des détails.

Ce tableau mythologique pourrait représenter l’allégorie de la raison symbolisée par la déesse qui gagne sur l’instinct, le centaure, créature mi-homme, mi-cheval. Cependant une autre lecture est possible dans le contexte de l’époque :  il représenterait l’action diplomatique menée par Laurent le Magnifique, engagé à négocier une paix séparée avec le royaume de Naples pour éviter l’adhésion à la ligue anti-florentine promue par Sixte IV. Le centaure représenterait Rome et la Déesse personnifierait Florence. Elle porte la hallebarde et une robe ornée de l’insigne personnel de Laurent, le Golfe de Naples en arrière-plan.

Pallas et le Centaure.1482-84.

Vénus et Mars.

Vénus et Mars allongés sur une pelouse sont entourés d’un groupe de joyeux satyres. Vénus symbole d’amour et d’harmonie triomphe de Mars, le dieu de la guerre. Les petits satyres tourmentent Mars au sommeil imperturbable et laissent Venus tranquille, elle ne dort pas. Des abeilles, présentes dans les armoiries des Vespucci, sont représentées en haut à droite. Thème philosophique sans doute inspiré  du Banquet de Platon (discours sur l’amour).

Dans ce tondo de la Madone Du Magnificat, la Vierge est très richement vêtue, la tête couverte de voiles transparents et d’étoffes précieuses, ses cheveux blonds entrelacés, une écharpe nouée sur sa poitrine. Deux anges habillés comme des pages lui présentent un livre et un encrier. L’Enfant observe sa mère qui écrit et tient une grenade, symbole de résurrection. Dans une fenêtre circulaire, le paysage en arrière-plan apporte une respiration. Les personnages suivent le mouvement circulaire comme si l’image se reflétait dans un miroir.

 

Madone Du Magnificat, 1483-85.

Dans cet autre tondo, la Vierge est représentée de face, l’Enfant sur ses genoux, au centre de la composition. Pensive, habillée d’un ample vêtement bleu foncé, elle est entourée par 6 anges disposés en demi-cercle autour et derrière elle. Les regards vont dans toutes les directions. Deux anges tiennent un livre ouvert, deux autres une fleur de lys, et sont appuyés sur une guirlande de roses, leur ailes bien visibles. La grenade ouverte est tenue par Marie et l’Enfant. Les visages inclinés, l’expression mélancolique, la transparence du voile, la disposition parfaite des plis, le grand soin apporté à tous les détails, sont caractéristiques de l’art de Botticelli.

La Vierge à la Grenade, 1487.

L’esprit philosophique que l’on peut entrevoir dans les peintures de Botticelli dans les années 1480 commence à changer montrant les premiers signes d’une crise personnelle qui s’accentue dans la dernière période de sa carrière. Après la mort de Laurent le Magnifique en 1492, apparait Savonarole, un prédicateur qui condamne la culture de la première renaissance, les thèmes mythologiques et païens, les costumes élégants, le luxe des décors…  et annonce l’imminence du jugement dernier. La campagne militaire menée par Charles VIII, le soulèvement populaire qui destitue Pierre II Médicis, génèrent un nouveau climat politique et social perturbé, auquel est sensible Botticelli et remet en question l’humanisme du XVème siècle. En 1497, Savonarole et ses disciples élèvent le bûcher des Vanités : de jeunes garçons sont envoyés pour collecter tous les objets liés à la corruption spirituelle : miroirs et cosmétiques, livres non religieux, jeux, robes splendides, nus peints, livres des poètes jugés immoraux : Boccace, Pétrarque.  Ces objets sont brûlés Piazza della Signoria. Des chefs d’œuvres disparaissent ainsi dans les flammes dont des peintures de Botticelli qu’il a lui-même apportées.

La Nativité mystique, 1500.

La Nativité mystique, 1500.

 La Nativité mystique est une adoration de l’Enfant avec Marie, Joseph, les bergers, les mages entre des chœurs d’anges. L’inscription en grec en haut du tableau peut être ainsi traduite « Moi, Sandro ai fait ce tableau à la fin de l’an 1500 durant les troubles dont est victime l’Italie… »  et indique qu’il est inspiré de l’Apocalypse selon saint Jean.

Au centre de la composition, la grotte de la Nativité, relief rocheux ouvert sur un bois. Devant, une étable au toit de paille soutenu par 2 troncs d’arbres, abrite la Sainte Famille. L’enfant Jésus au milieu, installé sur une auge couverte d’un drap blanc, Marie agenouillée, mains jointes, en adoration, Joseph assis par terre, somnolant. Derrière eux le bœuf et l’âne. A gauche, un ange vêtu de rose accompagne 3 personnages couronnés de rameaux d’oliviers portant cape, ocre, verte et rouge. A droite, un autre ange habillé de blanc montre la scène à deux hommes agenouillés, jambes nues, chaussures percées.

 

Au-dessus de la toiture, 3 anges en habits blanc, rouge et vert entonnent un chant tenant un livre de chant dans les mains. Plus haut, au-delà du bosquet, le ciel bleu azur s’ouvre en Paradis sur fond or dans lequel évolue une ronde d’anges habillés de noir, rouge et blanc. Ils tiennent des branches d’olivier auxquelles sont accrochés des phylactères célébrant Marie, et 3 couronnes suspendues au-dessus de la crèche.

En dessous, près d’un petit sentier surplombé de rochers fissurés, 3 anges portant un rameau d’olivier enlacent trois personnages couronnés d’olivier. Autour d’eux des diablotins épouvantés s’enfuient, s’insinuant dans les anfractuosités de la roche avec leurs fourches.

Botticelli,  La Nativité mystique, 1500.

Botticelli,  La Nativité mystique, 1500.

Cette œuvre étonnante combine le thème de la nativité de Jésus avec celui du retour du Christ sur terre avant le Jour du Jugement (livre de l’Apocalypse). A ce moment-là, réconciliation entre les hommes et Dieu, ce que figurent les couples enlacés d’anges et d’humains. Ils peuvent aussi indiquer le moyen de vaincre le mal par la fraternité.

Le fantastique manège du haut a été probablement inspiré par une représentation sacrée, mise en scène par Brunelleschi, dans laquelle des enfants étaient suspendus dans le vide, soutenus par une structure dorée en forme de coupole, et simulant un chœur angélique. Ce type de représentation eut un tel succès qu’il a été souvent répliqué et il est probable que Botticelli l’ait directement observé.

La ronde de ces 12 anges peut correspondre aux 12 heures du jour et aux 12 mois de l’année, suivant les prêches de Savonarole comme les couleurs des anges, aux vertus théologales : blanc pour la Foi, rouge pour le Charité et vert pour l’Espérance. A gauche de la crèche, librement interprétés, les rois mages et à droite les bergers.

La Madone Bardi, 1485, Berlin.

Ce tableau a été réalisé pour un riche banquier florentin Agnolo Bardi. La scène se situe dans un jardin luxuriant comportant niches et arcades. La composition est symétrique, la perspective géométrique donne de la profondeur. Assise sur un trône en marbre, la Vierge dévoile à peine son sein vers lequel se tend l’Enfant. A gauche, saint Jean- Baptiste, vêtu de sa peau de bête, tient son bâton de roseau en croix, à droite, saint Jean l’Evangéliste, livre ouvert et plume à la main. Ils sont debouts, un peu figés, sur un rebord de pierre. En son centre, devant un vase, un petit tableau représente une crucifixion. Tous les personnages, saints, portent une auréole. Les symboles sont très nombreux :

  • Jardin clos : virginité de Marie, lys blanc : pureté.
  • La myrte qualifie Marie de nouvelle Vénus.
  • Le « vase mystique », les fleurs blanches : absence de péché, les fleurs rouges :  sang préfigurant la passion du Christ.
  • Palmeraie : allusion au martyre.

Cette composition statique est animée par les gesticulations de l’enfant au centre et les hauts tabernacles végétaux. La figure de la Vierge, haute, longiligne lui confère un caractère ascétique.

La Lamentation sur le Christ mort.

Après la mort de Savonarole, Botticelli se réfugie dans un mysticisme désolé comme en témoigne les gestes pathétiques des personnages de La Lamentation sur le Christ mort. Au centre de la composition, le corps inerte du Christ repose en arc de cercle sur les genoux de Marie éplorée. En arrière-plan, l’ouverture dans la colline rocheuse laisse entrevoir le sarcophage de son tombeau. Marie en Pieta est soutenue par saint Jean qui l’aide à tenir le corps de Jésus par le linceul. Marie Madeleine en cape rouge soutient la tête de Jésus et embrasse son visage, représentation étonnante, tandis qu’une autre Marie en cape verte se couvre le bas du visage, la troisième tient délicatement les pieds de Jésus par le linceul diaphane. A gauche, saint Jérôme, habillé en ermite avec une pierre, son attribut, saint Paul avec l’épée et à droite, saint Pierre en habit bleu, cape ocre, avec les clés portant la tonsure. Tous les personnages sont pieds nus et portent une auréole. Dans cette représentation, Botticelli effectue une régression consciente, niant la perspective et ordonnant les figures selon la hiérarchie religieuse médiévale. Début XVIème, sa renommée est en déclin, Léonard de Vinci et Michel-Ange dominent la scène artistique. Désormais âgé et inactif, le peintre passe les dernières années de sa vie, isolé et pauvre, il meurt en 1510.

L’Adoration des Mages, 1475, détail, autoportrait de Botticelli.

Botticelli a créé un style reconnaissable de personnages à la beauté intemporelle, plus ou moins mélancoliques représentés dans des environnements particulièrement soignés. De Lippi, son premier et véritable maître, il apprend à peindre les visages élégants, avec prédominance du dessin et du contour, et couleurs délicatement assorties. De Pollaiuolo, il acquiert un dessin dynamique, la construction de formes expressives et vivantes par la force du contour et du mouvement. Verrocchio lui apprend à peindre des formes monumentales, de beaux effets de matière et de lumière. Ses œuvres sensibles, précieuses et délicates identifient pleinement la culture raffinée de la première Renaissance.

Prochaines rencontres avec Les Arts 57 :

Visites guidées : Arcimboldo

 Vendredi 29 octobre au Centre Pompidou Metz, 15h ou 16h

 

Réservation obligatoire par mail ou par tél.

lesarts57@gmail.fr   ou tél.   03 87 32 05 03 - 06 84 35 19 96

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