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31 mai 2021 1 31 /05 /mai /2021 10:27
Rodemack - La porte de Sierck.

 

Une quinzaine de personnes ont répondu à l’appel lancé par Catherine sur Skype pour LesArts57, peu avant 14h. Accueil chaleureux de Martine qui rappelle les rencontres : AG de l’association, le lundi 17 mai à 14h et prochaine conférence le 18 juin, ainsi que l’ouverture des musées le 19 mai, mais pas encore pour des groupes. Plaisir renouvelé aussi pour Catherine, qui, pour ce sujet, se limite aux ensembles fortifiés médiévaux du département.

Très convoitée au moyen âge, la Lotharingie est une terre tourmentée. Châteaux, maisons, églises, et fermes peuvent être fortifiés. Au XI et XII ème, les châteaux primitifs sont souvent construits sur une colline naturelle (parfois artificielle) : la motte castrale. Vers le milieu du XIII ème, les châteaux forts sont quadrangulaires à tours circulaires. Certains châteaux forts persistent encore après le milieu du XVI ème, contemporains des châteaux de plaisance, style renaissance. Des maisons fortes édifiées près des églises, ou dans des domaines agricoles ont un rôle défensif en cas de conflit. Les villes médiévales s’entourent d’une enceinte urbaine dont il ne reste souvent que des portes ou des tours.

Vestiges, photos anciennes et documents cartographiques renseignent plus précisément. Etablies à la demande du roi, les très jolies cartes des Naudin couvrent le nord-est de la France. De 1728 à 1739, ces ingénieurs géographes parcourent les zones frontalières pour en dresser des relevés. Très intéressantes, les cartes des Cassini, cartographes de père en fils, eux aussi, couvrent l’ensemble du territoire au milieu et fin du XVIII ème. Les châteaux, nommés castrum, chastel ou burg y sont repérables. En Moselle, 219 édifices existants ou disparus sont attestés, dont 145 sites aux vestiges importants.

Geroldseck - Appareil XIVe siècle.

1 Eléments techniques.

Ce mur du XIV ème siècle présente un appareil irrégulier constitué de moellons disposés en lits successifs. L’appareil est la manière dont les pierres sont taillées et assemblées pour constituer une paroi.

Grand-Arnsberg - Bossage.

 

Sur cette tour, le bossage donne une impression de matériaux bruts. Ce type d’appareil conçu pour donner un aspect extérieur défensif ne nécessite pas moins de travail qu’un appareil lisse : les blocs sont taillés, assemblés face extérieure d’aspect plus grossièrement taillée.

D’autres traces de systèmes défensifs médiévaux existent sur les bâtisses : canonnières, pont levis, machicoulis, crénelage. Les ponts levis évoquent la présence de fossés (secs) ou de douves (remplies d’eau). Les progrès de l’armement sont perceptibles dans l’architecture : double orifice pour les canonnières. Les aménagements postérieurs ne sont pas toujours unifiés, un bossage moyenâgeux peut voisiner avec une reprise de fenêtre style renaissance, des arcs gothiques peuvent orner des machicoulis, un crénelage peut être ajouté au sommet d’une tour. Dans un mur crénelé, les créneaux (= creux) alternent avec les merlons (parties hautes).

Einhartshausen - canonnière en lunette -- Fénétrange - vestige pont-levis --Vic-sur-Seille – mâchicoulis --  Waldeck – crénelage.

Einhartshausen - canonnière en lunette -- Fénétrange - vestige pont-levis --Vic-sur-Seille – mâchicoulis -- Waldeck – crénelage.

 

Le château d’Ottange (Chau) mentionné sur la carte des Naudin ne figure pas sur la carte de Cassini. La tour est en ruine tandis que la partie quadrangulaire a été réemployée.

 

 

Château de Frauenberg, près de Sarreguemines. XIV ème. Tour puissante de ce château à l’origine défensif. Le corps de logis est percé d’ouvertures plus tardives.

Au lendemain de la visio-conférence « Les châteaux forts en Moselle », le 14 mai 2021.

La carte des Naudin représente la ville d’Albestroff fortifiée avec murs d’enceinte et tours, à l’écart, le château des évêques. Sa construction est antérieure à 1226 (réparations attestées cette année-là). Rôle militaire important de la ville et de son château au passé tourmenté. Incendié, reconstruit, laissé à l’abandon, il reste de la forteresse la plateforme où elle a été édifiée. La vue aérienne montre son emprise un peu grignotée par une nouvelle maison. L’emplacement des arbres situe celui des anciens fossés.

Le Schlossberg (= montagne du Château) emblématique de la ville de Forbach. Le château existait sans doute dès le XII ème à cet emplacement sur la motte castrale encore bien visible. Milieu XV ème, fortifications agrandies, création d’une nouvelle porte, construction d’une tour, d’écuries … Il devient un château Renaissance au XVI ème. Dévasté en 1591, reconstruit, il est détruit pendant la guerre de Trente ans (1618-1648). En ruine au moment du repérage des Cassini, c’est l’état indiqué sur la carte.

Schlossberg – carte des Naudin --- Schlossberg – carte Cassini.

Schlossberg – carte des Naudin --- Schlossberg – carte Cassini.

Schlossberg - parties en ruines.
Tour du Schlossberg.

Le domaine est réaménagé pendant l’annexion : construction d’un parc, de bassins, d’une roseraie fameuse. En 1891, édification de la tour octogonale de 28m de haut par l’architecte Tornow sur l’emplacement d’une tour d’angle. Restaurée en 1950, elle représente le souvenir du château médiéval et le symbole de la ville.

3 Tours.

De ces châteaux anciens, il reste des tours au sommet d’une colline émergeant de la forêt, ou sur un éperon rocheux. Rôle dans la défense du territoire aux alentours, contrôle des vallées et surveillance des routes menant aux villes, elles affirment aussi l’autorité du seigneur, sa puissance.

Tour du Waldeck ---- Lutzelbourg : donjon et tour ---- Tour de Créhange.

Appareil à bossage au château de Lutzelbourg, fin XIIeme, sur le donjon pentagonal et la tour quadrangulaire. Les ouvertures de la tour de Créhange indiquent plusieurs niveaux de positionnement des armes : sur le plancher et dans les escaliers.

 

Tour de Falkenstein, près de Philippsbourg. Les archères dans la partie inférieure, les petites fenêtres partie supérieure datent de l’édification de la tour. En haut les corbeaux, vestiges d’un bel encorbellement qui supportait les mâchicoulis. Incroyable situation de ce château sur une barre rocheuse qui a obligé les bâtisseurs à s’adapter : certaines pièces sont troglodytes. 

 

La Haute Maison à Woippy.

Edifiée au XVe siècle. Maison forte défensive, 14 m de hauteur, contrefort massif, tour d’habitation au crénelage rénové.

La Tour aux puces. Thionville est un bourg fortifié dès le X ème - XI ème siècle. Régulièrement augmentées, (Charles Quint, Vauban…), les fortifications sont détruites autour de 1900. Cette jolie tour pentagonale à 14 pans serait le donjon d’un château fort du XII ème, 18m de diamètre, amputée de sa partie supérieure. Le crénelage est reconstitué au XIX ème siècle. C’est le siècle où l’historicisme s’intéresse beaucoup au moyen âge (Viollet le Duc) et où la restauration utilise le principe de restitution.

4 Villes fortifiées.

Vic-sur-Seille : carte de Cassini --- carte des Naudin

Sur la carte de Cassini, la muraille et les tours qui entourent Vic évoque un dispositif de fortifications médiévales. Celle des Naudin distingue le mur d’enceinte de la ville et le château-forteresse.

Peu de vestiges subsistent de ce château des évêques, la porte fortifiée est préservée de la ruine, grâce à son classement aux Monuments Historiques au XIX ème. Les 2 tours encadrant le pont (probable pont-levis), canonnières, machicoulis, et toiture restaurée donnent belle allure à ce châtelet d’entrée.

 

 Vic-sur-Seille - château des Evêques.

La citadelle de Bitche et sa fortification Vauban sont reconnaissables sur la carte Cassini. A Sarrebourg l’enceinte fortifiée est encore bien présente et imposante dans la ville.

Bitche : carte de Cassini --- Sarrebourg : tour d'enceinte.

 

A Fénétrange, de nombreux éléments médiévaux, traces de l’ancien bourg fortifié, subsistent encore dans la ville : château en fer à cheval, tour et pont-levis… Des murs de maisons récentes s’appuyant sur des murs médiévaux, le couvrement incongru d’une tour… témoignent de multiples réaménagements.

 Fénétrange -  vue aérienne - château - tour et pont-levis- tour réaménagée.
 Fénétrange -  vue aérienne - château - tour et pont-levis- tour réaménagée.
 Fénétrange -  vue aérienne - château - tour et pont-levis- tour réaménagée.
 Fénétrange -  vue aérienne - château - tour et pont-levis- tour réaménagée.

Fénétrange - vue aérienne - château - tour et pont-levis- tour réaménagée.

Rodemack. Autour du château XII ème, le village s’est fortifié au XIII ème. Histoire tourmentée, fortifications renforcées au XVème, l’enceinte urbaine est bien conservée. La ville est choyée par ses habitants conscients de sa valeur patrimoniale : création d’un jardin médiéval reconstitué.

 Rodemack :  enceinte - jardin médiéval. Rodemack :  enceinte - jardin médiéval.

Rodemack : enceinte - jardin médiéval.

Porte de la cité dont le châtelet d’entrée est bien préservé. Deux tours trapues, meurtrières au sommet, le couvrement est  vraisemblable, (pas d’ajout de crénelage). Les ouvertures plus grandes sont postérieures.

Rodemack -  La porte de Sierck.

Sierck-les-Bains – carte de Cassini.

 

Sur l’éperon rocheux qui domine un méandre de la Moselle et la ville de Sierck,  le château des Ducs de Lorraine est entièrement reconstruit au XVème siècle.  Pourvue de grosses tours circulaires, l’enceinte du château, est reliée aux fortifications qui protègent le village depuis le XIIIème siècle.

Sierck-les-Bains  : Château des Ducs de Lorraine : enceinte du château et enceinte urbaine -Tour de l’horloge, une des portes de la ville, vestige du XIII ème s.
Sierck-les-Bains  : Château des Ducs de Lorraine : enceinte du château et enceinte urbaine -Tour de l’horloge, une des portes de la ville, vestige du XIII ème s.
Sierck-les-Bains  : Château des Ducs de Lorraine : enceinte du château et enceinte urbaine -Tour de l’horloge, une des portes de la ville, vestige du XIII ème s.

Sierck-les-Bains : Château des Ducs de Lorraine : enceinte du château et enceinte urbaine -Tour de l’horloge, une des portes de la ville, vestige du XIII ème s.

5 Châteaux fortifiés.

Sur un éperon rocheux qui surplombe le village de Manderen, le château de Mensberg est construit par les ducs de Lorraine au XV ème siècle. En juin 1705, le duc John Churchill de Marborough, (francisé en Malbrouck) s’apprête à envahir la France à la tête d’une coalition et d’une armée de 100 000 hommes. Il y installe son quartier général. Face à lui, le  maréchal  de  Villars avec moins de 50000 soldats. Attendant des renforts germaniques qui ne viennent pas, il profite d'une nuit de brouillard et quitte la place 2 semaines plus tard sans livrer la bataille. Au petit matin, Villars a la surprise de constater la disparition des troupes ennemies. Malbrouck s'en est allé, laissant son nom au château.

Manderen : vue aérienne du château.

Plan trapézoïdal. Aux angles, 3 tours carrées aux proportions inégales reliées entre elles par des courtines et une circulaire à machicoulis. A l’entrée : pont, châtelet massif, herse. A l’intérieur, vaste cour centrale, corps de logis imposant à 3 niveaux d’élévation.

 Château de Manderen : entrée - cour intérieure. Château de Manderen : entrée - cour intérieure.

Château de Manderen : entrée - cour intérieure.

Bel exemple de restitution contemporaine. « La restauration … se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques… tout travail de complément … doit porter la marque de notre temps … ». (Charte de Venise). Pour le château, les lacunes ont été complétées par du moellonnage de petit appareil, s'opposant au gros appareil de la ruine. Cet énorme chantier de 1991 à 1998 a permis de faire travailler sur le site une dizaine de corps de métiers différents. Lieu de congrès, d’exposition, ce bel équipement culturel polyvalent constitue une restauration de prestige très réussie.

Quelques châteaux forts qui ont subsisté. A Hellering  près de Hombourg- Haut, le château est en ruines. Il reste deux tours, une grande porte, une longue façade. Alors que sa procédure de classement était en cours, celui de Distroff a été rasé en 1985.

Vestiges du château d’Hellering.  Hellering au XIXe siècle. Château de Distroff, rasé en 1985. Cour intérieure du château de Freistroff. Entrée du château de Luttange. Château de Volkrange et sa tour d’angle.
Vestiges du château d’Hellering.  Hellering au XIXe siècle. Château de Distroff, rasé en 1985. Cour intérieure du château de Freistroff. Entrée du château de Luttange. Château de Volkrange et sa tour d’angle.
Vestiges du château d’Hellering.  Hellering au XIXe siècle. Château de Distroff, rasé en 1985. Cour intérieure du château de Freistroff. Entrée du château de Luttange. Château de Volkrange et sa tour d’angle.
Vestiges du château d’Hellering.  Hellering au XIXe siècle. Château de Distroff, rasé en 1985. Cour intérieure du château de Freistroff. Entrée du château de Luttange. Château de Volkrange et sa tour d’angle.
Vestiges du château d’Hellering.  Hellering au XIXe siècle. Château de Distroff, rasé en 1985. Cour intérieure du château de Freistroff. Entrée du château de Luttange. Château de Volkrange et sa tour d’angle.
Vestiges du château d’Hellering.  Hellering au XIXe siècle. Château de Distroff, rasé en 1985. Cour intérieure du château de Freistroff. Entrée du château de Luttange. Château de Volkrange et sa tour d’angle.

Vestiges du château d’Hellering. Hellering au XIXe siècle. Château de Distroff, rasé en 1985. Cour intérieure du château de Freistroff. Entrée du château de Luttange. Château de Volkrange et sa tour d’angle.

 7 Maisons fortes.

Des mentions intéressantes de différentes natures figurent sur cette carte de Cassini du XVIII ème. Près de la maison forte d’Alteville à Tarquimpol, la Folie indique une construction originale, une Tuilerie renseigne sur une activité économique du territoire tandis que La Commanderie est un site anciennement templier.

Maison forte d’Alteville.Maison forte d’Alteville.

Maison forte d’Alteville.

Craincourt : maison-forte du XVe siècle puis un siècle plus tard modernisé, en accroissant ses moyens défensifs, elle est transformée en château par ajout de tour et colombier. Joli portail en anse de panier, encadré de pilastres ioniques, fronton daté de 1728.

Château de Craincourt – porte - tour – façade arrière.
Château de Craincourt – porte - tour – façade arrière.Château de Craincourt – porte - tour – façade arrière.
Château de Craincourt – porte - tour – façade arrière.Château de Craincourt – porte - tour – façade arrière.

Château de Craincourt – porte - tour – façade arrière.

Heckenransbach, église Notre-Dame-de-la-Visitation.

7 Eglises fortifiées.

Heckenransbach, près de Sarreguemines. Cette ancienne église fortifiée, est dotée d’une surprenante et incroyable tour-clocher défensive avec machicoulis et meurtrières. Erigée au XIII ème siècle, elle permit autrefois à la population de se réfugier lors de la venue des envahisseurs.

Hilbesheim - église Saint-Brice.

 

A Hilbesheim, le clocher circulaire était à l'origine un donjon XII ème dont le sommet a été transformé. 

Eglise Saint Gorgon à Lessy.

 

A Lessy, le clocher carré de l'église date du XIII ème siècle. Murs percés de meurtrières, il serait l’ancien donjon d’une forteresse.

 

Le clocher fortifié de l’église de Vaux est daté du XIII ème. Son décor rappelle davantage celui d’un château.

Une fois de plus, Catherine donne envie de sortir des murs et d’aller faire de belles balades en Moselle.

Prochaine visio-conférence : le vendredi 18 juin à 14 h.

Exemples de mobilier religieux, les baldaquins en Lorraine.

 

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