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8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 17:42
Laurent Charles Maréchal, Autoportrait, 1861, Metz.

Laurent Charles Maréchal, Autoportrait, 1861, Metz.

Autour de 17 h, sur l’écran, 28 fenêtres s’animent l’une après l’autre, rejoignant l’appel de Catherine Bourdieu, par Skype, pour la 2ème conférence sur l’Ecole de Metz, proposée par LesArts57. Martine Ziegler, heureuse de constater le succès de cette formule, accueille et remercie tous les adhérents pour leur soutien. Après les « Bonjour » enjoués et les petits mots individualisés traduisant le plaisir de se retrouver, nous désactivons nos micros, laissant Catherine entrer dans le vif du sujet. Séance consacrée à Laurent Charles Maréchal, chef de file de l’Ecole de Metz, peintre et maître-verrier né en 1801, 63 rue des Allemands, à Metz. Issu d’une famille fortunée, mais orphelin de père à 2 ans, Laurent-Charles Maréchal fréquente l’école municipale de dessin de Metz en 1820, puis complète sa formation à Paris au cours de Charles Lafond.

Charles Lafond, La Duchesse de Berry présentant son fils,1821.

Peintre et militaire de la Garde nationale, Charles Lafond assure à ses élèves une solide formation technique, à la fois néoclassique et académique. Le néoclassicisme est un mouvement artistique dont le style imite la Renaissance et le 17ème, tandis que l’académisme consiste à appliquer les formules apprise dans les écoles.

Sur cette toile, Louis XVIII est entouré des membres de la famille royale et des principaux personnages de l’Etat. Marie-Caroline de Bourbon porte le futur héritier, fils du duc de Berry, et petit-fils de Charles X , frère du roi.  

A Paris, le jeune peintre enrichit sa formation. Il peut suivre l’actualité artistique et a accès aux Salons. Grand admirateur de Antoine-Jean Gros et de ses peintures napoléoniennes, Laurent-Charles Maréchal découvre aussi Eugène Delacroix, peintre romantique qui va beaucoup marquer sa carrière. En 1925, il s’installe à Metz.

 

L.C. Maréchal, Autoportrait, 1825, Musée Cour d’or, Metz.

L’histoire de ce tableau est singulière : Charles Petre, l’avait acheté et emporté avec lui à Bourges après l’annexion en 1872. A la réouverture du musée de Metz en 1946, une salle est entièrement consacrée à l’Ecole de Metz. André Bellard, son conservateur, réussit à le faire revenir et intégrer la collection du musée messin.

 Cette toile est romantique par le coloris, l’effet de lumière sur le visage, le dépouillement d’objets hormis le dossier de la chaise. Forte introspection, étude minutieuse des traits du visage, la personnalité transparait : volonté, regard perçant.

 

Ayant épuisé l’héritage familial, Maréchal devient portraitiste. Ce portrait de Benoit Faivre, personnalité  messine importante et frère du peintre Emile Faivre est réaliste, néoclassique mais empreint de romantisme. Devant un fond sommaire, sur un fauteuil rouge, le modèle est placé de ¾ ,  mains croisées. Etude minutieuse de la physionomie, du tempérament, du regard de cet homme élégant.

Maréchal, Portrait de Benoit Faivre, 1934. Cour d’or.

 

Très joli portrait au pastel réalisé lors de la venue du pianiste en concert à Metz en 1945. Cheveux en arrière, allure romantique, éclairage subtil soulignant les traits du visage sans l’isoler du fond, costume austère, tons sombres, Maréchal choisit l’angle ¾ presque profil qui met le mieux en valeur les caractéristiques du visage.

Lors de son passage à Metz, Liszt séjourne chez le comte Camille Durutte, compositeur, demeurant 20 rue de Chèvremont.

 

Marechal, Portait de Franz Liszt, 1945, 55 x 46, musée de Bayreuth.

Portrait de Jozef Maria Hoëné-Wronski (musée de la Cour d’or) - Portrait d'Ernest Bradfer. Musée Bar le duc. Tête d'homme - Jeune page de face - Hélène Maréchal. portrait de Raphaël Maréchal. Musée barrois.
Portrait de Jozef Maria Hoëné-Wronski (musée de la Cour d’or) - Portrait d'Ernest Bradfer. Musée Bar le duc. Tête d'homme - Jeune page de face - Hélène Maréchal. portrait de Raphaël Maréchal. Musée barrois.
Portrait de Jozef Maria Hoëné-Wronski (musée de la Cour d’or) - Portrait d'Ernest Bradfer. Musée Bar le duc. Tête d'homme - Jeune page de face - Hélène Maréchal. portrait de Raphaël Maréchal. Musée barrois.
Portrait de Jozef Maria Hoëné-Wronski (musée de la Cour d’or) - Portrait d'Ernest Bradfer. Musée Bar le duc. Tête d'homme - Jeune page de face - Hélène Maréchal. portrait de Raphaël Maréchal. Musée barrois.
Portrait de Jozef Maria Hoëné-Wronski (musée de la Cour d’or) - Portrait d'Ernest Bradfer. Musée Bar le duc. Tête d'homme - Jeune page de face - Hélène Maréchal. portrait de Raphaël Maréchal. Musée barrois.
Portrait de Jozef Maria Hoëné-Wronski (musée de la Cour d’or) - Portrait d'Ernest Bradfer. Musée Bar le duc. Tête d'homme - Jeune page de face - Hélène Maréchal. portrait de Raphaël Maréchal. Musée barrois.

Portrait de Jozef Maria Hoëné-Wronski (musée de la Cour d’or) - Portrait d'Ernest Bradfer. Musée Bar le duc. Tête d'homme - Jeune page de face - Hélène Maréchal. portrait de Raphaël Maréchal. Musée barrois.

Les portraits au pastel de Maréchal provoquent une émotion différente de ceux à l’huile, le matériau donne plus de moelleux et révèle tout le talent de l’artiste. Il saisit les volumes, les expressions de ses modèles. Il les habille de leur costume le plus familier. Il place Ernest Bradfer, maire de Bar-le-Duc, devant une tenture verte qui le magnifie, écharpe tricolore, rouleaux de textes officiels à la main et près de lui sur la table. Personnage d’une certaine prestance, il ne regarde pas directement le peintre.

Ses portraits au fusain, travaux préparatoires, d’inspiration moyen-âge ou Renaissance, plus ou moins idéalisés, jouent sur le contraste clair - obscur.

Les voyages dans les pays nordiques mais aussi en Italie, qu’il affectionne particulièrement, vont inspirer et enrichir son travail. En 1833, il séjourne dans les pays flamands avec son élève Duvigny. En 1837, avec deux amis collectionneurs, il visite Venise, Florence, Rome, Naples, découvre les paysages italiens mais surtout les peintres qu’il admire : Raphaël et Le Titien. En 1862, c’est pour étudier Rembrandt à Anvers

Tête de Bohémienne drapée de face (musée barrois)- Bohémienne et son enfant (musée de la Cour d'or) - Tête de jeune fille légèrement penchée de face (musée barrois).

Tête de Bohémienne drapée de face (musée barrois)- Bohémienne et son enfant (musée de la Cour d'or) - Tête de jeune fille légèrement penchée de face (musée barrois).

Les bohémiens constituaient un beau sujet d' inspiration pour Maréchal. Des verriers de Bohème arrivèrent en Lorraine au XIVème siècle pour créer des verreries en exploitant la forêt de Darney ( S-O des Vosges ).

Maréchal, Sœurs de misère, pastel,118x90 cm, 1840, Cour d'or. Halte de Bohémiens, musée barrois.

Sœurs de misère : en gros plan, dans un vaste paysage, sous un ciel chargé, deux femmes, écrasées par la misère et la fatigue se reposent. La plus jeune dort, l'autre veille, un personnage passe plus loin. La gamme colorée réduite, ocre et bleue, crée un aspect romantique. 

Halte de Bohémiens : l’homme somnole, alangui sur le sol, au pied d’un arbre, tandis que la jeune femme joue du luth, le pied sur le genou de son compagnon. Ambiance calme, posée, fraicheur du coloris, le bleu du pantalon répondant à celui des collines vosgiennes. Malgré la pauvreté, la grande douceur de la robe, la fluidité des étoffes, la souplesse des drapés, les plis larges du manteau plus lourd idéalisent la scène. Les visages ne sont pas stéréotypés mais individualisés. Grand marcheur, Maréchal demandait souvent à des promeneurs de poser pour lui

Le Pâtre, 118 x 90 cm, musée de la Cour d'or.

Très rare exemple de nu de l’Ecole de Metz, ce pastel ovale est un des plus connu et réussi de Maréchal, probablement un jeune modèle bohémien auquel il aurait demandé de poser. Vie extérieure modeste, coté naturaliste de ce jeune berger qui garde son troupeau de moutons. Il joue de la flûte, assis sur un rocher en hauteur pour surveiller ses bêtes, dos au soleil.  Composition en strates successives, travaillées avec beaucoup de soin : sous un ciel bleu, nuageux très clair, le sommet des montagnes à l’arrière forme le 3ème plan. Au 2ème plan, la montagne plus proche, baignée de soleil où paissent les animaux, tandis qu’au premier plan, le rocher plus sombre crée un contraste, mettant en valeur le modelé du corps du jeune pâtre. Il est assis, mais en réalité sa posture crispée interroge. Il est surpris et effrayé par le serpent qui sort de dessous le rocher, sous le pied gauche qui se rétracte. La langue du serpent a pour effet de créer une scène d’immédiateté, d’urgence qui donne beaucoup de vie, de spontanéité au tableau. Ce tableau illustre la parfaite maitrise de Maréchal dans la représentation non seulement des paysages mais aussi dans celle du corps humain : musculature, carnation, individualisation du visage.

Jolie perspective qui témoigne de l’activité sur la Moselle. La boucle de la rivière, les bords encore sauvages, les ponts, les silhouettes de quelques monuments : la cathédrale, l’église St Simon, St Judes. Maréchal n’a pas voulu indiquer le caractère fortifié, militaire de Metz mais simplement une ville au bord de l’eau.

Vue de Metz depuis St-Julien, pastel-gouache, 39 x56 cm, musée de la Cour d'or.

Hôtel de Malte -- Atelier- 4,rue de Paris -- Palais de l'Industrie.

Initié par Louis Lapied à la peinture sur verre, Maréchal fonde avec son beau-frère l’entreprise Maréchal et Gugnon en 1838, sur la colline Sainte-Croix à l’hôtel de Malte, 11 rue des murs. En 1853, il installe ses ateliers 4, rue de Paris, dans le prolongement du pont des Morts. Il perfectionne les techniques et la fabrication industrielle des vitraux devenant l’un des plus grands peintres verriers de la 2ème moitié du XIXème. Migette relate qu’en 1851, l’atelier, très prospère, emploie 8 ouvriers. Il a produit 12 000 verrières, 4600 personnages dans 1600 monuments. Maréchal réalise les 2 grands tympans du Palais de l’Industrie pour l’expo universelle de Paris de 1855. Ils sont remarqués par les membres du jury.

Vitrail du Duc de Guise. Hôtel de ville de Metz. 1852.

Peinture sur verre, double, superposés utilisant la grisaille, et le jaune d’argent. Technique médiévale, la grisaille, opaque, mate est utilisée pour les ombres. C’est une peinture composée d'oxydes métalliques et d'un fondant qui lui permettent de s'accrocher à la surface du verre lorsqu'il est cuit. Le jaune d'argent, apparu au XIVème, permet de teinter ponctuellement le verre tout en lui laissant sa transparence à la cuisson. Utilisé sur l’étendard, les bijoux…

Le duc de Guise évoque un personnage emblématique assurant la défense de la cité pendant le siège de 1552. La bannière, le parchemin indiquent le rattachement au royaume de France. Le duc foule aux pieds l’aigle bicéphale sur le drapeau de l’empire. En armure devant un grand drapé rouge, le portrait est magnifié.

Maréchal réalise cet autoportrait inspiré par celui de Rembrandt pour l’expo universelle. Diplôme d’honneur à Paris, médaillé aussi à l’exposition de Londres, ce vitrail est acheté par la ville de Metz.

Autoportrait en vitrail : l’Artiste, 1861.

Autoportrait de Rembrandt, 1640.

 

Une nouvelle version enrichie est créée, en 1867, pour l’exposition de Paris. Médaillon encadré par 2 allégories de la Renommée qui tiennent des trompettes dans la partie supérieure. Dans la partie centrale, un encadrement sculpté de motifs médiévaux entoure le portrait. Partie inférieure, chiffre de Louis Napoléon dans un médaillon couronné, couronne de lauriers, et cornes d’abondance opulentes traitées en grisaille. Le vitrail est acheté par Napoléon III, et installé au château de Fontainebleau.

 

L’entreprise Maréchal acquiert une grande notoriété, elle produit des vitraux laïcs mais aussi des vitraux religieux. Pour l’église Notre Dame, rue de la chèvre, 21 vitraux sont réalisés entre 1841 et 1862. Encadrements décoratifs architecturés, végétation, richesse des motifs, palette colorée réduite mais lumineuse, contraste des couleurs complémentaires : jaune-violet, vert-rouge, visages individualisés, modelés obtenus par des rehauts de grisaille, … le peintre Maréchal connait les codes de représentation : le Christ homme jeune : barbe et cheveux bruns, saint Pierre âgé, ridé, plus chauve.

Eglise Notre Dame.  Le Christ et saint Pierre - Visitation : La Vierge et Elisabeth - La Nativité - La Cène -  Couronnement de la Vierge.
Eglise Notre Dame.  Le Christ et saint Pierre - Visitation : La Vierge et Elisabeth - La Nativité - La Cène -  Couronnement de la Vierge.
Eglise Notre Dame.  Le Christ et saint Pierre - Visitation : La Vierge et Elisabeth - La Nativité - La Cène -  Couronnement de la Vierge.
Eglise Notre Dame.  Le Christ et saint Pierre - Visitation : La Vierge et Elisabeth - La Nativité - La Cène -  Couronnement de la Vierge.
Eglise Notre Dame.  Le Christ et saint Pierre - Visitation : La Vierge et Elisabeth - La Nativité - La Cène -  Couronnement de la Vierge.
Eglise Notre Dame.  Le Christ et saint Pierre - Visitation : La Vierge et Elisabeth - La Nativité - La Cène -  Couronnement de la Vierge.

Eglise Notre Dame. Le Christ et saint Pierre - Visitation : La Vierge et Elisabeth - La Nativité - La Cène - Couronnement de la Vierge.

Travail magnifique par la composition, les attitudes des personnages, le choix des couleurs, la richesse des motifs décoratifs, … et surtout leur luminosité.

 

Prochaine rencontre : vendredi 22 janvier à 14 h.

pour la 3ème partie de  L'Ecole de Metz .

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